Adult acquired hypothyroidism

A. BENZIAN (1), N. BENABADJI (2), Service d’endocrinologie et de diabétologie, CHU Benaouda Benzerdjeb, Oran Service d’endocrinologie, EHU du 1er Novembre 1954, Oran.

Abstract :  Hypothyroidism is a common condition of thyroid hormone deficiency. Prevalence increases with age, and is higher in females than in males. It is often related to a primary thyroid disorder, whereas dysregulation of the hypothalamic-pituitary control is rare. Clinical diagnosis is not always easy because of the ubiquitous action of thyroid hormones giving rise to various and nonspecific symptoms. Routine screening is not recommended, but must target individuals with hypothyroidism risk factors. Once suspected, diagnosis becomes very easy by TSH assay. Chronic autoimmune thyroiditis is the most common cause of hypothyroidism. The standard treatment is thyroid hormone replacement therapy with levothyroxine. It must be initiated and adjusted with caution in the elderly and the coronary insufficiency. This treatment remains essential to allow the return to euthyroidism and the improvement of the quality of life of the patients.

Key-words : hypothyroidism, autoimmune thyroiditis, levothyroxine.

Résumé : l’hypothyroïdie est le déficit endocrinien pathologique le plus fréquent. La prévalence augmente avec l’âge et, est plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Elle est liée le plus souvent à une atteinte primitivement thyroïdienne, alors qu’une atteinte de la commande hypothalamo-hypophysaire reste rare. Le diagnostic clinique n’est pas toujours aisé en raison du caractère ubiquitaire de l’action des hormones thyroïdiennes donnant lieu à des symptômes variés et peu spécifiques. Son dépistage systématique n’est pas recommandé, mais doit cibler les individus à risque d’hypothyroïdie. Une fois soupçonné, le diagnostic devient très facile grâce au dosage de la TSHus. La cause la plus fréquente de l’hypothyroïdie primaire de l’adulte est dominée par les thyroïdites auto-immunes chroniques. Le traitement standard de l’hypothyroïdie est une hormonothérapie substitutive basée sur la prescription de lévothyroxine, celle-ci doit être initiée et ajustée avec précaution chez les sujets âgés et les insuffisants coronariens. Ce traitement reste indispensable pour permettre le retour à l’euthyroïdie et l’amélioration de la qualité de vie des patients.

Mots-clés : Hypothyroïdie, thyroïdite auto-immune, lévothyroxine.

Introduction :

L’hypothyroïdie est définie comme une défaillance de la glande thyroïde à produire suffisamment d’hormones thyroïdiennes pour répondre aux besoins métaboliques de l’organisme. L’hypothyroïdie non traitée peut contribuer à l’hypertension, à la dyslipidémie, à l’infertilité, à la déficience cognitive et à la dysfonction neuromusculaire [1].L’hypothyroïdie peut être primaire par atteinte de la glande elle-même ou secondaire à un déficit en TSH (hypothyroïdie centrale ou insuffisance thyréotrope).

Historique :

C’est en 1874 que Gull décrit un « état crétinoïde » acquis à l’âge adulte. Quatre ans plus tard, Ord a donné le nom de myxœdème pour décrire l’état de 5 femmes avec un syndrome qui associait une apathie, une peau sèche, un œdème et hypothermie. En 1882, deux chirurgiens suisses, Kocher et Reverdin, rapportent un désordre ressemblant à un état de crétinisme survenant après thyroïdectomie et qu’ils ont nommé « cachexiastrumipriva ». En 1888, le comité désigné, par la Clinical Society of London, établit un rapport mettant le lien entre ces trois conditions (myxœdème, crétinisme et cachexiastrumipriva). [2,4]

Épidémiologie :

L’hypothyroïdie est la pathologie hormonale la plus fréquente [2]. Sa prévalence, dans la population générale, serait de 2,8 % chez les hommes et de 7,5 % chez les femmes. Dans l’enquête NHANES III menée aux USA entre 1988-1994, l’hypothyroïdie, définie par une TSHus supérieure à 4,5 mUI/l, était retrouvée dans 4,6 % des cas (0,3 % avec une hypothyroïdie patente, et 4,3 % avec une hypothyroïdie infraclinique) [3].

Sa prédominance féminine est constante avec un sex-ratio proche de 1/10 et son incidence augmente avec l’âge, tout particulièrement au-delà de la ménopause.

Présentation clinique :

Les récepteurs des hormones thyroïdiennes régulent de nombreux processus physiologiques clés. Par conséquent, l’hypothyroïdie peut entraîner une myriade de signes cliniques et de symptômes. Les symptômes fréquemment associés sont souvent non spécifiques et varient en fonction du degré de l’hypothyroïdie. (tableau 1)

  • Syndrome cutanéomuqueux est caractéristique de l’hypothyroïdie primaire, dominé par la présence d’un myxoedème, il s’agit d’un faux oedème qui ne prend pas le godet. Il intéresse l’ensemble des téguments mais prédomine au visage qui est arrondi « en pleine lune » avec des paupières gonflées et des lèvres épaissis. Aux extrémités les mains et les pieds sont épaissis avec des doigts boudinés, le tronc est également infiltré, avec comblement des creux sus-claviculaires et axillaires. La peau est froide, sèche et squameuse, d’une pâleur contrastant avec une érythrocyanose des lèvres et des
    pommettes.
    L’infiltration des muqueuses touche la langue (macroglossie), le larynx (voix rauque avec ronflement nocturne), et trompe d’Eustache (hypoacousie).
    Les phanères sont également touchés avec des ongles striés et cassants, diminution de la pilosité axillaire, pubienne et de la queue des sourcils.
  • le syndrome d’hypométabolisme comporte :
  • Une asthénie avec prise de poids,
  • Des difficultés de concentration, dépression,
  • Des douleurs musculaires diffuses avec une faiblesse
    musculaire proximale, syndrome du canal carpien.
  • Il s’y associe une constipation, avec intolérance au froid.
  • L’examen clinique peut mettre en évidence une bradycardie avec assourdissement des bruits du cœur, un ralentissement des réflexes ostéo-tendineux.
  • les symptômes de l’hypothyroïdie peuvent varier en fonction de l’âge et du sexe, ainsi les femmes qui ont une hypothyroïdie peuvent présenter des irrégularités menstruelles et une infertilité. chez les sujet âgés, le déclin cognitif peut être la seule manifestation [1].
  • Des anomalies biologiques liées à la carence hormonale peuvent être rencontrées, telles qu’une hyperlipidémie avec augmentation du LDL cholestérol, voire des triglycérides, une augmentation des CPK et des transaminases, une anémie macrocytaire, une hyponatrémie et enfin une hyperprolactinémie.
  • L’hypothyroïdie secondaire (centrale) se distingue de l’hypothyroïdie primaire sur le plan clinique par l’absence de l’infiltration myxœdémateuse. Le syndrome d’hypométabolisme est présent et il s’y associe en général des signes d’insuffisance antéhypophysaire.
Tableau 1 : Symptômes commun de l’hypothyroïdie (1).

Dépistage et diagnostic :

Il existe des divergences quand à l’utilité d’un dépistage systématique de l’hypothyroïdie chez les sujets asymptomatiques [6] (tableau 2). Toutefois ce dépistage demeure non recommandé dans une population en bonne santé [6,7], il doit être réservé aux sujets symptomatiques et aux sujets à haut risque de développer une hypothyroïdie[1,2] (tableau 3).

La mesure de la TSH est l’examen de première intention pour le dépistage et le diagnostic d’une hypothyroïdie. Elle est un indicateur extrêmement sensible des petites dysfonctions thyroïdiennes.

Si la TSH est élevée le test doit être répété avec une mesure de la T4 libre (FT4) afin d’évaluer le degré de la carence hormonale. Le dosage de la T4 libre, en première intention, n’est utile qu’en cas de suspicion d’une hypothyroïdie centrale.

Mais celle-ci reste rare, moins fréquente que l’hypothyroïdie périphérique, souvent associée à d’autres signes d’insuffisance antéhypophysaire et un contexte évocateur est souvent retrouvé : pathologie de la région hypothalamo-hypophysaire.

A l’issue de cette première évaluation, 3 situations peuvent se présenter :

  1. TSH élevée avec FT4 basse : il s’agit d’une hypothyroïdie patente
  2. TSH élevée avec FT4 dans l’intervalle de normalité : c’est une hypothyroïdie infraclinique
  3. FT4 basse avec TSH normal, basse, voire discrètement élevée : c’est une hypothyroïdie centrale
Tableau 2 : Recommandations de 6 organisations concernant le dépistage de l’hypothyroïdie chez les adultes asymptomatiques (6)
Tableau 3 : Sujets à haut risque d’hypothyroïdie (d’après la réf 2)

Étiologies :

L’enquête étiologique repose sur l’interrogatoire qui recherchera des causes évidentes en particulier iatrogènes. La palpation du cou recherchera un goitre, une thyroïde atrophique, ou une loge thyroïdienne vide.

La recherche des anticorps anti-thyropéroxydase (anti-TPO) et, en cas de négativité, celle des anticorps anti-thyroglobuline (Anti-Tg) est très utiles au diagnostic des thyroïdites auto-immunes.

L’échographie thyroïdienne oriente le diagnostic étiologique. Elle permet de préciser le volume du goitre et ses caractéristiques. Une échostructure hétérogène hypoéchogène et discrètement hypervasculaire est en faveur d’une thyroïdite.

  1. Thyroïdites auto-immunes :

a.Thyroïdite lymphocytaire chronique : c’est la principale cause d’hypothyroïdie dans les zones suffisamment pourvues en iode [8]. Elle plus fréquente chez les femmesque chez les hommes et elle se caractérise par une infiltration lymphocytaire de la thyroïde. Elle s’associe parfois à d’autres maladies auto-immunes chez un même patient ou dans la famille.

La thyroïdite lymphocytaire chronique atrophiante. Elle touche essentiellement la femme après la ménopause. On ne retrouve pas de goitre, la thyroïde est hypo-échogène, hétérogène et hypovascularisée à l’échographie. Les anticorps anti-TPO sont positifs, mais leur titre diminue au fil du temps parallèlement à l’involution thyroïdienne.

  • La thyroïdite de Hashimoto : même si cette appellation est devenue un terme générique désignant l’ensemble des formes de thyroïdites auto-immunes, avec ou sans goitre, reposant sur la seul mise en évidence des auto-anticorps thyroïdiens – la thyroïdite d’Hashimoto, depuis sa première description par Hakaru Hashimoto en 1912, où le nom de «Struma Lymphomatosa» lui a été attribué [9] ;
  • Correspond en réalité à la forme hypertrophique des thyroïdites lymphocytaires chroniques. Le goitre est constant, diffus, très ferme et indolore. Les anti-TPO sont positifs avec des taux très élevés. L’aspect échographique est globalement hypo-échogène et hétérogène. L’évolution vers l’hypothyroïdie est constante, mais cette progression n’est pas nécessairement irréversible, un retour à l’euthyroïdie a été rapporté dans environ 28 % des cas [10].
  • Par ailleurs, il existe des formes de thyroïdites auto-immunes asymptomatiques, sans hypothyroïdie, marquées par la présence d’un taux élevé d’anticorps antithyroïdiens et un aspect hypo-échogène et hétérogène du parenchyme thyroïdien. Un contrôle annuel de la TSHus dans ces situations est recommandé afin de dépister l’apparition d’une hypothyroïdie.
  • Thyroïdite du postpartum : Elle touche 3 à 10 % des jeunes mères, elle est plus fréquente chez les femmes présentant un titre élevé d’Ac anti-TPO et chez celles ayant des antécédents de maladie auto-immunes. Elle évolue habituellement en 3 phases : une phase de thyrotoxicose peu symptomatique, une phase d’hypothyroïdie de 4 à 6 mois suivie d’un retour à l’euthyroïdie, dans 80% des cas, après une année. Une hypothyroïdie définitive est possible.

1. Thyroïdite de De Quervain,

déclenchée par une infection virale ou un processus inflammatoire postviral, se manifeste par un goitre douloureux, des symptômes pseudo-grippaux et des signes de thyrotoxicose. Après cette phase se met en place une phase d’hypothyroïdie généralement transitoire.

2. Thyroïdites médicamenteuses :

Certains médicaments favorisent l’émergence d’une hypothyroïdie, soit par exacerbation d’une thyroïdite auto-immune chronique ou par induction d’une thyroïdite auto-immune. On peut citer le cas de l’amiodarone, le lithium et l’interféron α.

3. L’hypothyroïdie iatrogène

Induite par un traitement par l’iode 131 ou radiothérapie externe ou survenant à la suite d’une chirurgie thyroïdienne.

  • Rarement, l’hypothyroïdie peut se voir dans le cadre d’une hémochromatose, amylose, sarcoïdose.

Traitement :

L’objectif du traitement est la normalisation des concentrations de TSH et la résolution des symptômes physiques et psychiques tout en évitant le sous-dosage et le surdosage.

Le médicament de choix pour le traitement de l’hypothyroïdie est la lévothyroxine (L-T4) : Lévothyrox®, comprimés sécables dosés à 25, 50, 75, 100 µg. Cette multiplicité des dosages permet une adaptation optimale de la posologie.

Du fait de l’interférence avec l’alimentation, la L-T4 doit être prise une fois par jour, de préférence à jeun une demi-heure avant le petit déjeuner et à distance de la prise d’autres médicaments susceptibles de modifier l’absorption de la L-T4, tels que les sels de fer, le calcium, et les inhibiteurs de la pompe à proton, etc. La posologie quotidienne optimale dans l’hypothyroïdie patente et de 1,5 à 1,8 µg/kg de poids [11].

Chez les personnes atteints de coronaropathie et les sujet âgés avec de nombreuses comorbidités, la dose initiale est généralement de 12,5 à 25 µg et devrait être progressivement ajustée sur la base des symptômes et des niveaux de TSHus. Par ailleurs, après une thyroïdectomie totale, le L-T4 est prescrit d’emblée à la posologie cible 1,5 à 1,8 µg/kg/j afin d’éviter tout risque de passage transitoire en hypothyroïdie. Pendant la grossesse, les besoins en hormones thyroïdiennes augmentent, dans ce cas, la posologie de L-T4 doit être systématiquement majorée d’environ 30 % dès la confirmation du diagnostic de la grossesse.

La surveillance du traitement de l’hypothyroïdie primaire se fera par le dosage de la TSHus. Elle sera contrôlée 6 à 8 semaines après toute modification de posologie. Une fois l’état d’euthyroïdie atteint, la TSHus sera contrôlée tous les 6 mois, puis annuellement.

Lorsque l’hypothyroïdie est d’origine centrale, la surveillance de l’équilibre thérapeutique se fera au moyen d’un dosage de la thyroxine Libre (FT4).

Cas particulier de l’hypothyroïdie infraclinique

Elle est définie par un niveau de TSHus élevé, avec une FT4 normale, les patients peuvent présenter ou non des symptômes attribuables à l’hypothyroïdie. Pour de nombreux patients, la normalisation spontanée de la TSHus est possible. Cependant, un taux initial de TSHus compris entre 10 à 15 mUI/l et un titre élevé d’anticorps anti-TPO même si la TSHus est en dessous de 10 mUI/l augmentent le risque de progression vers l’hypothyroïdie patente.

Le traitement par L-T4 doit être envisagé chez les patients avec un taux de TSHus supérieur à 10 mUI/l, ceux ayant un titre élevé d’anti-TPO, les patients présentant des symptômes évocateurs d’hypothyroïdie avec un niveau de TSHus compris entre 5 à 10 mUI/l et chez les femmes enceintes ou celles qui envisagent une grossesse.

Références :

  1. Gai tonde DY, Rowley KD, and Sweeper LB. Hypothyroidism: An Update. Am Fam Physician. 2012 Aug 1;86(3):244-251.
  2. Roberts CGP, Ladenson PW. Hypothyroidism. Lancet 2004; 363: 793-80
  3. Hollowell, JG, Staehling NW, Flanders WD, Hannon WH, Gunter EW, Spencer CA, et al. Serum TSH, T4, and thyroid antibodies in the United States Population (1988–1994): National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES III). J ClinEndocrinolMetab2002;87: 489–99.
  4. Wiersinga WM. Thyroid disease manager. Adult hypothyroidism. http: / /www.thyroidmanager.org /chapter/adult-hypothyroidism. Ac- cessed January 12, 2012.
  5. Laboureau S, Barbosa S, Rohmer V. Hypothyroïdie de l’adulte. In: Traité d’endocrinologie. Paris: Flammarion Médecine Sciences; 2007. p 221-29.
  6. Garber ER, Cobin RH, Gharib H, Hennessey JV, Klein I, Mechanick JI, et al. ATA/AACE guidelines for hypothyroidism in adults, Endocr Pract. 2012;18 (N° 6) 988-1028.
  7. Vanderpump MP, Ahlquist JA, Franklyn JA, Clayton RN. Consensus statement for good practice and audit measures in the management of hypothyroidism and hyperthyroidism. The Research Unit of the Royal College of Physicians of London, the Endocrinology and Diabetes Com¬mittee of the Royal College of Physicians of London, and the Society for Endocrinology. BMJ. 1996;313(7056):539-544.
  8. Laurberg P, Bulow Pedersen I, Knudsen N, Ovesen L, Andersen S. Environmental iodine intake affects the type of nonmalignant thyroid disease. Thyroid. 2001;11(5):457-69.
  9. Amino N, Tada H, Hidaka Y, Hashimoto K. Hashimoto’s disease and Dr. Hakaru Hashimoto. Endocrine journal. 2002; 49 (4):393-97
  10. Takasu N, Yamada T, Takasu M, Komiya I, Nagasawa Y, Asawa T, et al. Disappearance of thyrotropin-blocking antibodies and sponta- neous recovery from hypothyroidism in autoimmune thyroiditis. N Engl J Med. 1992;326(8):513-8.
  11. Minder AE, Zulewski H. Thyroïdites. Forum Médical Suisse 2016;16(6):130–136.
  12. Chaker L, Bianco AC, Jonklaas J, Peeters RP. Hypothyroidism. the lancet 2017; 391: 1-13

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Hypothyroidism in infants and children

N. BENABADJI (1), Z. BENZIAN (2), Service d’Endocrinologie et de Diabétologie, EHU 1er Novembre, Oran. Service d’Endocrinologie et de Diabétologie, CHU Benaouda, Oran.

Abstract :  Thyroid hormones have an important role in physiological functioning of many organs and especially in growth and neurologic development. Congenital hypothyroidism is one of the most frequent endocrinopathies in childhood. It has devastating neurologic consequences but evitable by the screening programs, early diagnosis and treatment. Diagnosis and treatment of acquired hypothyroidism is also important and have benefits essentially on growth. This article summarizes the clinical manifestations, causes, screening, diagnosis and treatment of pediatric hypothyroidism.  

Key-words : Congenital hypothyroidism, pediatric, screening, thyroid ectopy.

Résumé : Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle important dans le fonctionnement physiologique de plusieurs organes, essentiellement des effets sur la croissance et le développement neurologique. L’hypothyroïdie congénitale est l’une des endocrinopathies les plus fréquentes chez l’enfant. Elle a des conséquences neurologiques néfastes mais évitables grâce aux programmes de dépistage, qui revêtent une très grande importance, mais aussi à la prise en charge thérapeutique précoce et adéquate. Le diagnostic et le traitement de l’hypothyroïdie acquise est également important et a des bénéfices en particulier sur la croissance. Cet article va aborder les manifestations cliniques, les étiologies, les modalités de dépistage et de diagnostic et la prise en charge thérapeutique de l’hypothyroïdie infantile.

Mots-clés : Hypothyroïdie congénitale, pédiatrique, dépistage, thyroïde ectopique.

Introduction :

La thyroïde est une glande produisant et secrétant les hormones thyroïdiennes. Ces hormones ont un rôle important dans le fonctionnement physiologique de plusieurs organes. De ce fait, toute hypothyroïdie induit des effets cardiovasculaires, neurologiques, gastro-intestinaux et métaboliques.

Chez l’enfant, l’hormone thyroïdienne joue, en plus, un rôle crucial dans la croissance et le développement neurologique (1). L’association entre l’altération de la fonction thyroïdienne, après la naissance, et développement neurologique et mentale est connue depuis plus d’un siècle (2).

Cet article va résumer les connaissances actuelles sur les manifestations cliniques, le diagnostic, les étiologies et le traitement de l’hypothyroïdie néonatale et de l’enfant (1).

Manifestations cliniques :

1. Hypothyroïdie néonatale :

Les symptômes et les signes d’alerte qui peuvent orienter chez le nouveau-né sont (3) :

  • L’hypothermie néonatale
  • La prise des biberons est longue et difficile
  • La constipation
  • Cet enfant dort beaucoup et est considéré comme « trop sage »
  • L’ictère néonatal est prolongé (plus de 8 jours)
  • La respiration est brève et bruyante
  • Le nouveau-né est très chevelu
  • Le visage est infiltré avec ensellure nasale et macroglossie
  • La peau est froide, marbrée et sèche
  • La hernie ombilicale existe dans presque tout les cas, l’abdomen est distendu
  • L’enfant est hypotonique
  • La fontanelle antérieure est large et la postérieure anormalement perméable
  • La croissance staturale est diminuée et le périmètre crânien se développe lentement

2. Hypothyroïdie du nourrisson :

Le tableau clinique va se compléter si le diagnostic ne s’est pas fait durant le premier mois :

  • Le visage infiltré devient caractéristique
  • Avec un retard psychomoteur
  • Des signes osseux radiologiques (sutures larges, manque des points d’ossification au niveau du genou et du pied) (3)

3. La forme de l’enfant :

  • Le retard statural est majeur avec une croissance pondérale conservé
  • Le nanisme est dysharmonieux
  • Le visage est grossier
  • Les cheveux sont secs et cassants
  • Le teint est jaune
  • L’âge osseux est très en retard par rapport à l’âge chronologique

Quelles sont les étiologies de l’hypothyroïdie de l’enfant ?

1. Les hypothyroïdies primaires :

Par une atteinte de la glande thyroïde elle-même (Tableau 1).

A.  L’hypothyroïdie congénitale :

Elle touche environ 1 sur 2.000 naissances et peut engendrer des effets néfastes sur le développement neuro-cognitif (4). Elle est une cause commune du retard mental qu’on peut prévenir (5). L’hypothyroïdie peut être permanente ou transitoire.

  1. Les formes permanentes :
  2. Troubles de la morphogenèse (dysgénésies thyroïdiennes) : La thyroïde fœtale se constitue à la 7ème/9ème semaine de gestation, elle complète sa migration et atteint sa position définitive à la 10ème semaine de gestation. Ces dysgénésies représentent 85 % des cas (1).

Il peut s’agir d’une agénésie, d’une hypoplasie ou d’une ectopie thyroïdienne. La plupart des cas sont sporadiques, seuls 2 à 5 % des cas sont dus à des mutations génétiques (TSHR, facteurs de transcription (PAX8, FOXE1)) (6).

Il s’agit d’une ectopie thyroïdienne dans 70 % des cas (figure 1). Elle est due à un trouble de la migration embryonnaire de la glande thyroïdienne (7). La situation à la base de la langue étant la plus fréquente (3). L’athyréose (25 %), qui est la forme la plus sévère, est l’absence totale du tissu thyroïdien.

Dans 5 % des cas il s’agit d’une hypoplasie-hemiagénésie (8).

Figure 1 : Aspect scannographique d’une ectopie thyroïdienne en avant du cartilage thyroïdien chez une enfant de 6 ans.
  • Troubles de l’hormonogenèse :

Il s’agit d’une anomalie de synthèse des hormones thyroïdiennes par une glande thyroïdienne eutopique (6). Elles sont le plus souvent dûes à une anomalie génétique de la synthèse des hormones thyroïdiennes. Il peut s’agir de mutations génétiques de la thyroglobuline (TG), de la thyroperoxydase (TPO), du Na+ /I- symporteur (SLC5A5), de la pendrine (SLC26A4) et bien d’autres (6).

  1. Les formes transitoires :

Elles sont secondaires à un déficit sévère en iode, à l’utilisation de désinfectants iodés en salle d’accouchement. Il peut s’agir aussi du passage transplacentaire d’auto- anticorps anti-thyroïdiens (ACAT) ou d’un traitement par antithyroïdiens de synthèse utilisé pour une hyperthyroïdie chez la mère (7).

B. L’hypothyroïdie acquise :

La cause la plus commune de l’hypothyroïdie acquise de l’enfant est la thyroïdite auto-immune, le plus souvent avec goitre (thyroïdite d’Hashimoto) (figure 2), ou sans goitre (atrophique). Ces thyroïdites se voient surtout à l’âge scolaire et à l’adolescence, rarement avant un an (8). Plus fréquente dans le sexe féminin et chez ceux qui ont une trisomie 21 ou un syndrome de Turner. Elle est due à une inflammation, une fibrose et une altération de la fonction thyroïdienne secondaire à un désordre immunitaire (1).

Les autres causes de thyroïdite (virales, de Riedel) se voient surtout chez l’adulte (3).

Figure 2 : Thyroïdite d’Hashimoto (hypothyroïdie avec goitre) chez une fille de 9 ans.

2.  L’hypothyroïdie secondaire (centrale) :

Est une cause rare d’hypothyroïdie de l’enfant (tableau 1). Elle peut être :

  • Congénitale par altération du développement de l’hypothalamus ou de l’hypophyse, ou par mutation génétique des facteurs de transcription (SOX3, PROP1, Pit-1) (7).
  • Ou acquise par un processus infiltrant (craniopha- ryngiome), un traumatisme ou une irradiation pour tumeur locorégionale (3).
Tableau 1 : Les étiologies de l’hypothyroïdie du nourrisson et de l’enfant.

Diagnostic de l’hypothyroïdie de l’enfant :

1. Dépistage néonatal de l’hypothyroïdie congénitale :

Sa réalisation, dans beaucoup de pays, a commencé dés la fin des années 70.

Le prélèvement se fait entre 48-72 h de vie par micro-ponction au talon du nouveau-né, le prélèvement de sang est recueilli sur du papier buvard qui est envoyé par la suite à un laboratoire central pour analyse. La majorité des programmes de dépistage évalue la TSH. Dans quelques programmes, la FT4 est aussi dosée (4).

Selon le consensus de l’ESPE (European Society for Pediatric Endocrinology) de 2014 (4,9) :

  • Si la TSH est supérieure à 40 Mui/l, le traitement doit être commencé dès que le prélèvement veineux est fait et sans attendre le résultat du dosage sérique.
  • Si la TSH est supérieure à 20 Mui/L, ou si la FT4 est basse, sur les mesures de confirmation sur sérum, le traitement doit être instauré.
  • Si la TSH sérique est entre 6-20 Mui/L avec FT4 normale, contrôler la fonction thyroïdienne toutes les 1 à 2 semaines, et commencer le traitement si TSH augmente ou FT4 diminue au dessous de la normale selon l’âge. Lorsque cette anomalie persiste plus de 3 à 4 semaines, la plupart des auteurs préconisent le traitement.

Pour déterminer l’étiologie de cette hypothyroïdie congénitale, la présence ou non du tissu thyroïdien sera précisée par l’échographie et la scintigraphie thyroïdienne (1). Cette dernière a une grande valeur diagnostique surtout dans les thyroïdes ectopiques (figure 3).

Figure 3 : Aspect scintigraphique d’une ectopie thyroïdienne en avant du cartilage thyroïdien chez une enfant de 6 ans.

2. Diagnostic de l’hypothyroïdie acquise :

Sa cause principale est la thyroïdite auto-immune. Les anticorps antiTPO et/ou antiTG sont présents dans 95 % des cas. Leur positivité suffit au diagnostic de la thyroïdite auto-immune.

L’échographie thyroïdienne peut contribuer au diagnostic (échostructure hétérogène) des thyroïdites à ACAT négatifs (1).

Quelles sont les modalités thérapeutiques ?

Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle crucial dans le développement neurologique, surtout au cours des 3 premières années de vie. De manière optimale, le traitement doit être initié précocement sans dépasser les 2 semaines de vie.

La dose de levothyroxine diffère selon l’âge et le poids du patient (tableau 2) (1).

Au cours de l’hypothyroïdie congénitale, l’objectif thérapeutique est de maintenir la TSH dans l’intervalle normal selon l’âge, et la FT4 à la moitié supérieure de l’intervalle de normalité selon l’âge. Après le début du traitement, contrôle de la fonction thyroïdienne 1 à 2 semaines après, puis toutes les 2 à 4 semaines avec ajustement thérapeutique. Tous les 1 à 2 mois durant les 6 premiers mois de vie, puis tous les 1 à 3 mois au cours des 6 mois ultérieures, puis chaque 2 à 4 mois au cours des 3 premières années de vie (1).

Chez les enfants plus âgés et les adolescents, une fois l’euthyroïdie obtenue la TSH peut être dosée tous les 6 mois jusqu’à la fin de la puberté et de la croissance, puis annuellement, avec un contrôle 4 à 8 semaines après tout changement de dose de levothyroxine (1).

Tableau 2 : Les doses de levothyroxine (LT4) dans l’hypothyroïdie de l’enfant .(1)

Conclusion :

L’hypothyroïdie du nourrisson et de l’enfant peut avoir des conséquences sur le développement neurologique et sur la croissance. Son diagnostic et son traitement doivent être effectués précocement et rapidement. Les conséquences neurocognitives néfastes de l’hypothyroïdie congénitale peuvent êtres évitées grâce à des moyens simples de dépistage de cette endocrinopathie. Diagnostiquée et traitée précocement, cette pathologie a un pronostic excellent. Pour cela, la mise en route d’un programme de dépistage efficace et compatible avec notre programme de santé est nécessaire chez tous les nouveau-nés pour une prise en charge précoce et adéquate. Remerciements : Notre remerciement pour le professeur Mourad Semrouni pour sa lecture critique de cet article.

Abréviations :

TSH : Thyroid-stimulating hormone FT4 : Free thyroxine

TSHR : Thyroid-stimulating hormone receptor PAX8 : Paired box gene 8

FOXE1 : Forkhead box protein E1

Pit-1 :  Pituitary specific transcription factor 1 PROP1 : Prophète de Pit-1

SOX3 : SRY-related HMG-box

Remerciements :

Notre remerciement pour le professeur Mourad Semrouni pour sa lecture critique de cet article.

Références :

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Simple goiter

L. BRAKNI, Service d’Endocrinologie, HCA Mohamed Seghir Nekache, Aïn Naâdja, Alger

Abstract : Goiter is an extremely common condition. It represents the most widespread endocrine system pathology in the world. According to the World Health Organization, the global prevalence of goiter was estimated 15.8% in 2003. This pathology might concern several hundreds of millions of individuals in the world, with nevertheless great disparities from one region of the globe to another, mainly according to the iodized contributions. Simple goiter is any thyroid hypertrophy in euthyroidism, not related to cancer or an inflammatory process (thyroiditis). It is very common, especially in women. Two types: sporadic isolated goiter and very high-grade goiter, known as endemic goiter.

Key-words : Simple goiter, sporadic, endemic.

Résumé : Le goitre est une affection extrêmement fréquente. Elle représente la pathologie endocrinienne la plus répandue dans le monde. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la prévalence mondiale du goitre était estimée en 2003 à 15,8%. Cette pathologie concernerait donc plusieurs centaines de millions d’individus dans le monde, avec néanmoins de grandes disparités d’une région à l’autre du globe, principalement en fonction des apports iodés. Le goitre simple est toute hypertrophie thyroïdienne en euthyroïdie ne relevant ni d’un cancer, ni d’un processus inflammatoire (thyroïdite). Il est très fréquent, notamment chez la femme. Deux types : le goitre isolé dit sporadique et le goitre à incidence très élevée dit goitre endémique.

Mots-clés : Goitre simple, sporadique, endémique.

Introduction

Le goitre simple est une augmentation diffuse du volume thyroïdien (femme >18 ml, homme > 20 ml adolescent > 16 ml), non liée à une pathologie inflammatoire ou néoplasique et sans dysfonctionnement de la glande.

C’est une pathologie extrêmement fréquente, endémique dans les régions carencées en iode, dans lesquelles sa prévalence dépasse 5 % chez les enfants de 6 à 12 ans, ou sporadique.

Le goitre simple est un diagnostic différentiel. Le caractère « simple » d’un goitre n’est pas évident d’emblée : ce diagnostic ne sera porté qu’après élimination des autres causes de goitre.

Épidémiologie

Le goitre « simple » est la pathologie endocrinienne la plus répandue dans le monde. Les goitres constituent la plus fréquente des maladies thyroïdiennes. Leur prévalence est estimée à 12,6% dans la population mondiale

Selon la prévalence du goitre dans la population on parle de :

  • Goitre endémique, lorsque plus de 10% de la population âgée de 6 à 12 ans est atteinte
  • Goitre sporadique : par définition, moins de 10% de la population considérée est atteinte,

Le terrain

La distribution de la prévalence du goitre est fortement influencée par l’âge et le sexe.

La population vulnérable est représentée par les enfants en période de croissance, les filles (puberté) et les femmes jeunes (maternités). Le sex-ratio est de 4 filles/1 garçon avec une fréquence 4 à 5 fois plus importante chez les femmes. Cela est expliqué par l’inhibition de la pénétration de l’iode dans la thyroïde par les œstrogènes.

Le contexte sociogéographique :

L’endémie goitreuse correspond à de larges zones géo- graphiques où les besoins en iode ne sont pas couverts par l’alimentation. La carence en iode résulte de la pauvreté des sols en iode, entraînant une faible concentration de l’iode dans les produits alimentaires et donc des apports insuffisants.

Il s’agit de zones montagneuses, zones pauvres en iode alimentaire, la fonte des glaciers ayant entraîné l’iode du sol sous jacent, mais aussi des fonds des vallées montagneuses, tenant à la pauvreté des sols et à l’absence d’échanges alimentaires ; et de zones non montagneuses, où il y a peu ou pas d’échanges alimentaires.

L’état est aggravé par la consommation d’aliments goitrigènes (choux, navet, millet, manioc).

C’est la ceinture de pauvreté du globe : près de 2 milliards de personnes atteintes dans le monde.

  • En Amérique latine : chaîne de montagnes des Andes, Équateur, Pérou, Bolivie,
  • En Asie du sud-est : Népal, Himalaya indienne, sud de la Chine, Thaïlande, Laos, Vietnam, Philippines, Indonésie,
  • En Afrique : Atlas en Afrique du nord, Mali, Cameroun, République Démocratique du Congo, Zambie,
  • Tanzanie, Soudan, Madagascar,
  • en Europe : Alpes en France, Allemagne, Belgique et Italie, mais le goitre endémique a considérablement régressé dans les pays à haut niveau socioéconomique.

En Algérie

Durant de longues années, l’Algérie était considérée comme un pays d’endémie goitreuse. Le facteur le plus important dans l’apparition du goitre était la carence en iode.

Dans les zones où plus de 5 % de la population est goitreuse, (comme c’est le cas à Tlemcen, Tipasa, Cherchell, Gouraya, Médéa, Sétif, Jijel et El Kala), le quotient intellectuel des enfants était inférieur à celui des enfants qui vivaient dans des zones où il n’y avait pas de carence en iode.

Les travaux menés par les équipes formées par le père de l’Endocrinologie en Algérie le Pr Moulay Ben Miloud durant les années soixante-dix, notamment à Gouraya (Tipasa) et Michelet (Tizi-Ouzou), ont permis de relever que 70 % des enfants âgés entre 6 et 14 ans étaient goitreux et 60 % d’entre eux avaient des goitres nodulaires.

Les mécanismes impliqués dans la goitrigenèse par carence iodée

Ce sont essentiellement la stimulation directe de la

croissance cellulaire thyroïdienne par la TSH hypophysaire à laquelle s’ajoute une augmentation de la captation d’iode par la thyroïde et donc de la concentration intra-thyroïdienne en iode.

D’autres facteurs de croissance EGF et IGF1, sont également impliqués.

Le développement du goitre répond à un mécanisme adaptatif thyroïdien, à type d’hyperplasie, assurant la persistance d’une synthèse hormonale normale de T4 et T3 sans élévation du taux circulant de TSH, par une augmentation de la sensibilité des cellules thyroïdiennes à l’hormone, souvent induite par le déficit en iode lui-même.

La biosynthèse des hormones thyroïdiennes requiert un apport en iode adéquat de 150 µg/j.

  • endémie mineure : iodurie : 50-100µg/jr
  • endémie modérée : iodurie : 25-49µg/j
  • endémie sévère : iodurie : < 25µg/j

Facteurs goitrigènes

1. Facteurs familiaux génétiques

Cette pathologie se concentre souvent dans quelques familles, d’où l’importance des antécédents familiaux à préciser dans les observations. L’étude d’une famille présentant une incidence particulièrement élevée de goitre avait conduit à l’hypothèse d’une transmission selon le mode autosomique dominant.

La concordance du goitre chez les jumeaux homozygotes est de plus de 40 %, supérieure à celle chez les jumeaux hétérozygotes. Une étude sur plus de 5.000 jumeaux monozygotes et dizygotes dans une zone non endémique de goitre suggère que le développement d’un goitre chez les femmes est expliqué à 82 % par la génétique.

2. Facteurs nutritionnels

  • La carence iodée

L’iode, un oligoélément apporté par l’alimentation, est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. L’iode entre dans la composition des hormones thyroïdiennes indispensables à la croissance de tous les tissus, en particulier du cerveau.

Pendant la grossesse, la mère procure au fœtus les hormones thyroïdiennes dont il a besoin pour assurer le développement de son cerveau. Le fœtus est totalement dépendant de l’iode de sa mère, les besoins en iode sont évalués à 150 µg/j ; ils sont plus importants chez la femme enceinte.

La carence en iode constitue un problème majeur de santé publique dans le monde puisqu’elle atteint 130 pays et que 38 % de la population mondiale est concernée (plus de 2 milliards de personnes).

Les conséquences de la carence en iode sont le goitre, manifestation la plus classique des troubles dus à la carence iodée (TDCI), les anomalies de développement : crétinisme, faible poids à la naissance, déficience mentale endémique, taux de mortalité périnatale élevée et l’hypofertilité.

Les classes les plus critiques sont les femmes enceintes et les jeunes enfants.

  • Substances goitrogènes alimentaires

Certaines substances s’avèrent goitrigènes. Ce sont surtout les thiocyanates que l’on peut trouver dans des préparations chimiques ou médicamenteuses mais aussi dans des produits naturels comme, par exemple, le manioc, le chou, le soja, millet et d’une manière générale, les végétaux de la famille des crucifères, les aliments à base de disulfure comme l’ail et l’oignon. Plus-rarement l’excès d’iode peut être responsable de l’apparition d’un goitre.

Les eaux de boisson, pouvant contenir des substances polluantes antithyroïdiennes : résorcinol, phtalates, désulfites organiques (tableau 1).

Tableau 1 : Contenu en iode de différents aliments et boissons (Source : Institute of Medicine. Dietary Reference Intakes. The National Academies Press; 2006).

1. Facteurs hormonaux

Les femmes sont les plus concernées, du fait :

  • Des estrogènes, favorisant l’hyperplasie épithéliale et réduisant l’entrée de l’iode dans la thyroïde
  • Des grossesses surtout : il existe une augmentation de volume de la thyroïde de 10 à 20% durant toute grossesse, augmentation plus importante en cas de carence iodée. Ainsi, beaucoup de goitres ne régressent pas après l’accouchement.

2.  Le tabac

Le tabac est un facteur favorisant : présence de thiocyanate qui est un compétiteur de l’iode.

comment faire le diagnostic d’un goitre simple ?

Le diagnostic est avant tout clinique et repose sur une bonne technique d’examen.

La palpation du goitre apprécie le caractère homogène, la consistance, l’indolence, la glande mobile avec la déglutition, le caractère plongeant ou non, selon la topographie :

  • Goitre plongeant : pôle inférieur rétro-sternale, souvent compressif,
  • Goitre endothoracique : partie supéro-interne du médiastin
  • Pas de signes de dysthyroïdie pas d’ADP1
  • Le goitre peut être compressif (dyspnée, dysphagie, dysphonie, souffle à l’auscultation), et être classé:
  • Type Ia : glande palpable non visible en hyper extension du cou
  • Type Ib : glande palpable, visible en hyper extension du cou
  • Type II : glande palpable et visible
  • Type III : glande très augmentée de volume.

Qu’appelle-t-on goitre compliqué ?

Lorsqu’il y a des symptômes : dysfonction ou des signes de compression :

  • Dyspnée inspiratoire par compression trachéale ;
  • Dysphonie par compression du nerf récurrent ;
  • Dysphagie par compression œsophagienne ;
  • Syndrome cave supérieur par compression veineuse profonde.
  • Gêne au retour veineux démasquée par la manœuvre de Pemberton

Quelle est la place des dosages hormonaux dans le bilan du goitre ?

Ils sont nécessaires pour affirmer le caractère euthyroïdien du goitre. Les examens à pratiquer sont les dosages de la TSHus et éventuellement de la T4 libre.

Quel est l’examen morphologique de première intention ?

L’échographie thyroïdienne constitue l’examen morphologique complémentaire de première intention face à un goitre. Elle apprécie le volume de la glande, ses rapports avec les organes de voisinage, son échogénicité, de même que sa structure homogène.

Le traitement d’un goitre simple

1. Traitement préventif : prévention de la carence iodée

  • Utilisation du sel iodé (recommandations OMS – UNICEF ) : Pour être iodé :
  • Le sel doit avoir une teneur en chlorure de sodium au minimum de 97 % de l’extrait sec.
  • Le sel iodé doit contenir entre 15 et 20 mg d’iode par kg de sel.
  • Les besoins quotidiens en iode (voir tableau 2).
*Apport nutritionnel recommandé
**AMT : apport maximal tolérable
Tableau 2 : Besoin quotidien en Iode Source : Institute of Medicine. Dietary Reference Intakes. Washington : The National Academies Press ; 2006.

2.  Abstention du traitement

  • Si goitre petit ou modéré
  • Personne âgée Surveillance seule :
  • Clinique (volume du goitre, recherche de signes de dysfonction thyroïdienne)
  • Biologique (TSH)
  • Échographique

3.  Inhibition de la croissance thyroïdienne

Traitement freinateur de la TSH

  • Selon le volume du goitre, l’âge du malade (adolescent , sujet âgé),
  • La dose de levothyrox, et la durée du traitement ne sont pas codifiées.

Éviter l’hyperthyroïdie et la tachycardie , surtout chez les personnes âgées.

L’objectif est de réduire les taux de TSH, pour ralentir l’hyperplasie thyroïdienne et la prolifération des thyréocytes. En revanche, l’hormonothérapie diminue le symporteur de l’iode, et donc l’entrée d’iode dans la thyroïde, ce qui accentue encore la carence iodée.

On l’utilise surtout dans les cas d’hypertrophie homogène chez le sujet jeune, en surveillant les effets cardiaques et osseux. On limite son utilisation chez le sujet de plus de 50 ans ou le risque d’hyperthyroïdie est trop important, permet éventuellement de limiter le volume.

  1. Traitement radical
    Si goitre volumineux, plongeant et compressif
    Cas particulier :
  • Chez la femme enceinte
  • Attendre l’accouchement si goitre petit et peu symptomatique.
  • Si goitre symptomatique ou augmente de volume : administration de petites doses d’hormones thyroïdienne jusqu’à l’accouchement.
  • Si complications importantes : intervention chirurgicale
    au 2ème trimestre.

5. Traitement radio-isotopique ou irathérapie.

Il s’agit d’un traitement à base d’iode radioactif (iode 131), particulièrement indiqué chez les personnes âgées, avec problèmes cardiaques. L’effet thérapeutique est obtenu rapidement, avec une diminution des symptômes compressifs.

Surveillance.

On surveille un goitre simple par la palpation de la loge thyroïdienne et la mesure du périmètre cervical, voire par échographie.

Évolution

  1. Régression spontanée en quelques mois
  2. Le goitre peut rester stable durant des années( la non évolutivité).
  3. L’évolution naturelle du goitre dit « simple » est d’augmenter de taille et de devenir multinodulaire, il peut se compliquer à long terme de compression (surtout trachéale).

Conclusion.

La découverte d’un goitre est un motif de consultation très fréquent. La diversité de leur prise en charge est très manifeste, tant à la phase diagnostique qu’à la phase thérapeutique.

Un goitre n’est pas anodin, même si une simple surveillance peut parfois suffire après avoir exclu d’autres pathologies telles que la maladie de Basedow par exemple.

Références

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Explorations of an infertile couple: are we doing too much or not enough?

A. HAZOUT (1), C. NEDIR (2), M. DERGUINI (3)La Verrière, France Clinique Feriel, Bab Ezzouar, Alger Service de Gynécologie, CHU Bachir Mentouri, Kouba, Alger

Historique

Depuis l’avènement des inducteurs de l’ovulation, et, en particulier des Ménotropines (HMG) (Oelsner et Lunenfeld B.1978) les cliniciens chérissent l’idée de marqueurs infaillibles non seulement de ce qu’il est convenu d’appeler la « réserve folliculaire » ovarienne » (RO) mais aussi de la qualité des ovocytes et des spermatozoïdes.

Depuis des décennies, les endocrinologues, convertis à la médecine de la reproduction, ont progressivement attribué à la FSH (hormone folliculo-stimulante) et à la LH (hormone lutéinisante) des vertus multiples et variées dont certaines sont confirmées à travers une théorie bicellulaire communément admise.

Schématiquement, la FSH, stimule les cellules de la granulosa des follicules antraux, et la LH les cellules de la thèque qui, par le biais des androgènes secrétés et aromatisés en œstrogènes, nous fournissent un des marqueurs indirects : l’œstradiol. Ce marqueur, fort utile est FSH dépendant et, selon la longueur du cycle, peut varier au point de troubler l’interprétation du clinicien, en particulier chez les femmes âgées de plus de 35 ans, et/ou les jeunes dont la RO est altérée et chez lesquelles les cycles se raccourcissent.

Le cas particulier des ovaires plurifolliculaires avec LH basale plasmatique élevée, androgènes parfois élevés, œstrogènes élevés, FSH souvent normale, prolactine parfois élevée et une résistance à l’insuline élevée à 70% chez les femmes obèses ou non, sera traité distinctement.

Une élévation de la FSH basale au delà de 10 UI (Scott et al 1989) apparaissait comme rédhibitoire et de très mauvais pronostic. Cependant la FSH seule n’est pas interprétable compte tenu de son interdépendance avec l’œstradiol. Puis, des études plus précises tenant compte des différents paramètres ont fixé un cut-off de 9,43 pour la FSH (Creus et al. 2000).

Ce cut-off ne permet néanmoins pas d’écarter une chance de grossesse ou une possibilité de stimulation quand les valeurs de la FSH sont supérieures. La FSH augmente aussi régulièrement avec l’âge.

Puis un grand espoir est né de l’Inhibine B ; un taux inférieur à 45 g/ml était lié à une mauvaise réponse, à une augmentation des annulations de cycles de stimulations, à une diminution des ovocytes et des taux de grossesses mais il existait un taux de faux positif élevé qui ne permet pas d’en faire un bon marqueur.

En effet cette protéine de la famille du TGF béta est FSH et E2 dépendante et rend son interprétation encore plus délicate. L’élévation de l’œstradiol (E2) provoque parallèlement une chute de la FSH, par rétrocontrôle négatif, comme le fait d’ailleurs l’INHB dont la production est également sous l’influence de la FSH. De plus le dosage de l’Inhibine B est délicat.

Plus récemment l’Hormone Anti Müllérienne (AMH) ou (MIS : Mullerian inhibitor substance) est apparue comme le meilleur marqueur de la RO, avec l’avantage de ne quasiment pas varier au cours du cycle dans la mesure ou elle n’est ni FSH, ni œstradiol ni Inhibine B dépendante. Le dosage de l’AMH quel que soit le moment du cycle, s’est donc installé depuis le début des années 2000 comme le meilleur reflet de la RO (Seifer D. et al 2002 ; Hazout A. et al. 2004).

L’hormone anti-müllerienne ou AMH a été découverte dans les années 1950 par le chercheur Alfred Jost. Présente dès les toutes premières semaines de la gestation, elle joue un rôle clé dans la formation des organes sexuels de l’enfant à naître. En effet, entre la 8ème et la 10ème semaine de grossesse, la Müllerian Inhibiting Substance (MIS), est secrétée par les cellules de Sertoli dans les gonades (futurs testicules) des embryons masculins. L’objectif : inhiber le développement des canaux de

Müller qui constituent l’ébauche de l’utérus, des trompes et d’une partie du vagin. En parallèle, les gonades sécrètent de la testostérone qui favorise la différenciation vers un appareil génital masculin (développement des canaux de Wolff).

A contrario, chez les embryons femelles, les canaux de Müller se développent en voies génitales féminines, en l’absence d’AMH.

Chez la femme, le taux d’AMH dans le sang tend à décroître avec l’âge en parallèle du nombre de follicules, contrairement aux autres hormones hypophysaires (FSH et Inhibine B). A ce titre, l’hormone anti-müllerienne est considérée comme le meilleur reflet de la réserve ovarienne (Yao et al. 2015).

De plus, l’AMH est un bon indicateur du taux de succès de certains protocoles d’assistance médicale à la procréation (AMP) et d’éventuels risques d’hyperstimulation ovarienne. En effet, il existe une corrélation entre le taux d’AMH > 2,5 ng et le nombre d’ovocytes ponctionnés après une stimulation ovarienne. Enfin, même si son évaluation n’est pas recommandée à des fins diagnostiques (pas de valeur seuil établie), le taux d’hormone anti-müllerienne peut être, quand il est élevé, un indicateur d’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Cette élévation s’explique notamment par le nombre augmenté de petits follicules en croissance chez les patientes atteintes de ce syndrome.

Chez la femme, il doit être observé au regard de l’âge de la patiente et du compte des follicules antraux (AFC) par voie échographique (comptage de follicules entre 4 et 9mm en début de cycle).

Ainsi, si certains travaux ont montré qu’il y avait une valeur d’AMH seuil en-dessous de laquelle les grossesses deviennent rares (< 0,5 ng/ml) pour certaines femmes (âgées de 35/ 42 ans) (LI Y et al 2018) ; d’autres ont mis en avant qu’un taux bas d’AMH n’est pas un facteur excluant les couples jeunes (moins de 35 ans), candidats à la FIV (Gomes et al. 2016 ; Cateau Jonard S. et al. 2011). Autre particularité à noter : le taux d’AMH n’est pas un indicateur de la qualité de l’ovocyte.

Chez l’homme, le taux d’AMH est un bon indicateur de la spermatogénèse. Selon certains travaux de recherche, le taux d’AMH dans le liquide séminal est considérablement moins élevé chez les hommes présentant une azoospermie que chez les patients ne rencontrant pas de problème de fertilité.

Par ailleurs, ce même taux est en corrélation avec le nombre de spermatozoïdes et le volume des testicules.

L’évaluation du taux d’AMH est donc non seulement importante dans le cadre d’un bilan de fertilité, mais aussi extrêmement utile pour préciser un protocole de soin chez les patients azoospermiques, dès lors que l’azoospermie est non obstructive (Fenichel et al. 1999).

Un travail récent de Alfano et al. (Nature : Scientific Reports 2018) démontre que l’AMH plasmatique < 4,62 ng/ml et le ratio AMH/total Testostérone (tT) plasmatique < 1,02 ng/ml seraient prédictifs d’un recueil positif (23 vs 24) de spermatozoïdes chez les hommes souffrant d’une azoospermie non obstructive idiopathique avec une précision de 93 et 95 % en spécificité et sensibilité (p=0.008).

C’est un travail sur une série courte (47 patients), à confirmer sur de grandes séries, mais hautement significatif.

Enfin, le taux d’AMH est utile dans la recherche de certaines pathologies pédiatriques masculines (testicules ectopiques, puberté précoce, etc.).

Introduction :

Force est de constater que quand un gynécologue reçoit un couple infertile, il s’attarde d’emblée sur les causes féminines éventuelles alors que l’homme est impliqué dans 59 % des cas.

C’est dire l’importance, y compris d’un point de vue de santé publique, de l’interrogatoire et de l’examen de l’homme avant tout.

Cependant beaucoup de nos confrères et consœurs rechignent à examiner un homme, par pudeur ou par manque de pratique. Ils s’en remettent au spermogramme habituel sans s’attarder, en particulier sur les facteurs environnementaux ou vasculaires qui pourraient altérer la spermatogénèse même secondairement à une paternité plus ou moins récente.

Ils préfèrent aussi confier leurs patients à un urologue ou à un andrologue qui a l’avantage de bien connaître l’anatomie des organes génitaux externes mais qui est moins rompu aux problèmes de reproduction.

L’examen de la femme est rendu plus aisé depuis l’avènement de l’échographie pelvienne qui ne remplace pas l’examen clinique mais qui le complète avec une bonne précision quant à l’état de l’utérus et des annexes.

Le but de cet article est de passer en revue, de façon très pratique, les fondamentaux d’un examen du couple infertile aujourd’hui.

Nous commencerons fort logiquement par l’homme avant d’aborder l’exploration de la femme en ne perdant jamais de vue que, dans la grande majorité des cas les deux membres du couple sont impliqués.

Un préalable important : si la majorité des complications périnatales est d’origine infectieuse, la majorité des complications en périconceptologie est le plus souvent d’origine infectieuse ! (La Vignera et al. 2014)

L’exploration de l’homme :

L’interrogatoire est essentiel :

Durée de l’infertilité, traitements déjà effectués pour le couple, avortements spontanés et nombre et résultats d’éventuelles AMP, consommation de tabac ou de stupéfiants.

Analyser les antécédents infectieux (maladies infantiles, vaccinations, rapports douteux, maladies virales ou de système, qualité des rapports sexuels, douleurs à l’éjaculation, dysurie ou pollakiurie)

L’examen clinique :

Palpation des testicules : un testicule mesure environ 4 à 5 cm longueur et 2 à 3 centimètres d’épaisseur. Son poids se situe aux alentours de 20 grammes (variable suivant les individus). Son volume excède 10 ml.

Sa consistance est ferme ; des varices scrotales se situent le plus souvent à gauche (90 %) puisque la veine spematique débouche à angle droit dans la veine rénale gauche alors que le reflux est moins fréquent à droite puisque la veine spermatique droite débouche à angle aigu sur la veine cave inférieure) ; la palpation des épididymes doit être attentive : (plats ou tendus) et des déférents (présents ou absents). S’il existe des antécédents infectieux connus, faire un toucher rectal pour examen de la prostate.

Au terme de cet examen vous devez avoir la clef du problème masculin, complété au moindre doute par une échographie testiculaire avec doppler veineux spermatique voire une échographie prostatique à la recherche de microcalcifications témoins de prostatite chronique. Vous aurez hélas ainsi à découvrir parfois des cancers du testicule infra cliniques.

Les examens complémentaires :

  • le spermocytogramme + spermoculture avec recherche de chlamydiae, mycoplasme et waddlia chondrophila (Baud D et al 2018)
  • Un « swelling test » (test hypo-osmotique : HOST) peut être utile dans les cas d’asthéno-tératospermie plus ou moins sévère : en effet seule la la morphologie serait corrélée à la fragmentation de l’ADN nucléaire (DF) et surtout, le HOST est corrélé aux paramètres du sperme (concentration, mobilité, morphologie). La morphologie du sperme est prédictive du taux de DF et du HOST
  • Selon la morphologie du sperme (taux d’anomalies < 4 % (normes OMS de 2010) les résultats du HOST et les antécédents du couple, une analyse de la fragmentation et/ou de la décondensation de l’ADN spermatique peuvent ne pas s’imposer ou apporter des arguments pronostiques et thérapeutiques supplémentaires.

En fonction de l’examen clinique :

  • L’échographie testiculaire avec une étude doppler veineuse spermatique et manœuvre de Valsalva à la recherche d’un reflux notable, témoin d’une varicocèle,
  • L’échographie prostatique si forte suspicion de prostatite chronique,
  • En dehors des azoospermies sécrétoires avec hypogonadisme les dosages hormonaux et le caryotype systématique ne se justifient pas mais si le caryotype doit être pratiqué il devra s’accompagner d’une étude des microdélétions de la zone AZF de l’Y.
  • L’évaluation du stress oxydatif demeure un challenge. Il est quantifiable dans le plasma séminal mais aussi dans le sérum sanguin à travers l’évaluation de l’ADN libre (cfDNA : cell free DNA) (Hazout A. Brevet Européen 2012).
  • Le statut de méthylation du sperme :

La méthylation de l’ADN (DNAm) est une modification chimique post réplicative, réversible et transmissible; elle intervient en position C5 de la Cytosine Pyrimidine dans un contexte CpG. C’est un mécanisme épigénétique impliqué dans une large variété de processus biologiques incluant l’empreinte génomique parentale, l’expression de gènes spécifiques à certains tissus et la stabilité du génome.

Durant la vie d’un homme, il y a trois principales périodes de reprogrammation épigénomique. Chacune de ces périodes connaît des phases de DNA déméthylation et méthylation.

  1. en phase préimplantatoire
  2. dans les cellules germinales primordiales
  3. elle commence au début de la spermatogénèse Acquise par les spermatogonies de type A, des changements surviennent au delà puis restent stables (Trasler 2009).

La DNAm est influencée par les facteurs environnementaux mais la plupart des études ont été faites sur des cellules somatiques. ALU et Line 1 ont été proposés comme marqueurs indirects du % de méthylation globale (DGML).

La DGML est fortement indépendante du taux de DF et de l’abondance relative des protamines.

On ne connaît pas encore les déterminants de la méthylation du sperme normal ; seule l’abstinence est corrélée avec la méthylation (- 43,1). Le tabac est corrélé au LINE1 méthylation.

Ce qui nous intéresse est que concentration, morphologie et mobilité sont négativement corrélés au statut de méthylation du sperme, positivement corrélé à la DF (débattu mais en cours de validation). La méthylation du sperme est stable dans le temps et peut donc représenter un bon marqueur de l’influence environnementale +++.

À la croisée des générations, ovocytes et spermatozoïdes assurent donc la continuité de l’espèce en livrant à la génération suivante un capital génétique gravé dans le marbre de la molécule d’ADN et un patrimoine épigénétique réversible, sous forme de modifications biochimiques. La méthylation de l’ADN en particulier a des propriétés intrinsèques de stabilité et d’héritabilité permettant sa transmission des gamètes parentaux à l’embryon, voire de persistance tout au long de la vie de l’individu, comme une mémoire parentale non génétique.

D’après Cheeseman K et al. CNRS 2014

Au total, nous voyons que dans certaines situations d’échecs à répétition, il faut s’interroger au delà d’un spermogramme même apparemment normal. Dans la vraie vie, point n’est besoin de demander systématiquement tout l’arsenal diagnostique sus décrit ; ceci nous ramène à l’importance d’un bon examen clinique, seul capable d’orienter vers telle ou telle exploration complémentaire. Exceptionnellement des mutations du MTHFR (Méthylène Tétra Hydro Folate Reductase) expose à des hypométhylation de l’ADN du sperme et à des échecs d’implantation surtout s’il y a homozygotie (Aarabi M et al 2018).

L’exploration de la femme

En préambule, nous avons mis l’accent sur le souci des cliniciens de mieux appréhender la physiologie de l’ovulation, et en AMP, la stimulation de l’ovulation. Cependant, pour des raisons essentiellement éthiques, il est difficile de nos jours de déterminer l’essentiel : la compétence ovocytaire.

Le seul critère objectif de la compétence d’un ovocyte mature est la capacité à être fécondé et à assurer, après fécondation tous les processus du développement embryonnaire.

Autant dire que nos connaissances à ce jour sont limitées même si nous avons appris beaucoup de la recherche chez les espèces animales mono-ovulantes.

Pour être didactique nous devons rappeler que la croissance et la maturation d’un ovocyte humain dure environ 80 jours à partir du follicule primordial, qu’elle évolue par vagues successives et qu’une dominance des premiers assure un cycle ovulatoire menstruel.

Nous connaissons les mécanismes de stimulation simultanée de la FSH et, dans une moindre mesure de la LH ; mais nous ignorons encore les mécanismes intimes de l’organisation de la dominance d’un ovocyte.

Nous savons qu’il y a des récepteurs de la FSH sur les cellules de la granulosa murale et de la corona radiata mais qu’il n’y a pas de récepteurs au niveau de l’ovocyte. Nous savons qu’il y a des récepteurs de la LH au niveau de la thèque du follicule qui entraîne la sécrétion des androgènes convertis en œstrogènes, par aromatisation, au niveau des cellules de la granulosa. Ainsi, l’œstradiol est indirectement le reflet de la croissance folliculaire.

Nous savons aussi qu’il y a des échanges nutritionnels entre les cellules de la granulosa et l’ovocyte ; les unes assurant la croissance de l’autre qui secrète également des facteurs de croissance (GDF9, BMP15 et autres Connexines..), qui assurent la survie des cellules de la corona radiata.

Au passage vous constaterez que c’est un exemple rare de dialogue entre une cellule somatique (diploïde) et une cellule germinale. (Chez l’homme la cellule germinale est l’émanation d’une cellule somatique : la cellule de Sertoli)

Compte tenu de toutes ces données vous êtes conscients que, quand vous stimulez des ovaires au début d’un cycle vous n’intervenez que pour parfaire la croissance

du follicule prédestiné dominant, et hâter la maturation de quelques retardataires.

Mais il ne s’agit que d’une stimulation folliculaire (appréciée sur des critères hormonaux et échographiques), qui ne préjuge en rien de la qualité ovocytaire (aneuploïdie, maturation, compétence). Par exemple chez les femmes âgées de 40 ans, et parfois moins, l’ADN mitochondrial perd un quart de son génome soit, environ, 7.900 paires de bases (Bentov et al. 2011). Par ailleurs il y a beaucoup plus d’ovocytes aneuploïdes. Ceci explique en partie des échecs plus nombreux.

De nos jours, héritant des critères classiques, il est d’usage de demander en début de cycle les dosages hormonaux plasmatiques suivants : FSH, E2, LH, Progestérone (pour éliminer un corps jaune pseudo gestatif) l’Inhibine B pour certains et l’AMH pour la majorité. Ces dosages suivent une échographie pelvienne pour AFC.

En réalité, on peut se contenter de l’AFC et du taux plasmatique d’AMH, avec ces deux critères vous aurez un reflet fidèle du nombre de follicules ovariens recrutables et de leur qualité fonctionnelle. De plus, l’un et l’autre critère peuvent vous orienter vers un diagnostic de syndrome d’ovaires polyfolliculaires et vous permettre d’adapter votre thérapeutique inductrice de l’ovulation.

Le problème des PCOS :

Depuis la conférence parrainée par le NIH en 1990 sur le PCOS, le syndrome englobe un spectre plus large de signes et de symptômes de dysfonction ovarienne que ceux décrits par les critères de diagnostic originaux par Stein-Leventhal en 1935.

A Rotterdam en 2003, le PCOS est défini comme un syndrome de dysfonction ovarienne avec hyperandrogénie et une morphologie « polykystique » des ovaires (> 12 follicules de 2 à 9 mm dans chaque ovaire et ou un volume ovarien > 10 ml. Mais le PCOS reste un syndrome et, deux critères, hyperandrogénie et morphologie PCO (PCOM), ne sont pas suffisants pour un diagnostic clinique.

Autres manifestations cliniques : irrégularités menstruelles, oligo-anovulation, signes d’excès d’androgènes et l’obésité. La résistance à l’insuline et les taux sériques élevés de LH sont également des caractéristiques communes au PCOS, avec un risque accru de diabète de type 2 et d’accidents cardiovasculaires.

En 2010, dernière conférence de consensus, deux critères sur trois sont requis mais chacun des trois items OA (oligo anovulation), HA (hyperandrogénie), et PCOM (morphologie ovarienne de type PCOS) doit être mis à jour.

Le désarroi des cliniciens vient de notre méconnaissance de l’étiopathogénie des PCOS. Tout a été avancé ou presque. Stein Leventhal soulignait un ratio FSH/LH inversé. Puis ce fut la dérégulation des pulses de GnRH, l’hypersécrétion de LH, la dérégulation des cellules thécales, les androgènes, puis la dysfonction pancréatique et l’obésité !!!!

Il faut savoir que la résistance à l’insuline, variable, n’affecte que 50 à 70 % des femmes obèses ou non !! Les cas familiaux : 35 % des mères et 40 % des sœurs ; un trait héréditaire dominant de faible pénétrance et d’expression variable. Des études d’association du génome large (GWAS) ont révélé 11 locis à risque, indépendants, pour le PCOS

Chez les non obèses deux gènes de la région LHCGR (hypo-méthylés), STON1-GTF2A1L et LHCGR, sont surexprimés. Les non obèses possèdent des altérations significatives dans l’expression du récepteur de la LH, ce qui entraîne la sécrétion excessive d’androgènes par l’ovaire.

Chez les obèses, l’INSR (Récepteur à l’insuline : hyper-méthylé) est sous-exprimé. Les femmes obèses, ont une sous-expression du récepteur à l’insuline dans les tissus métaboliques et une surexpression dans l’ovaire. Ce qui entraîne une résistance à l’insuline périphérique et une production excessive d’androgènes ovariens.

Toutes les études auxquelles nous faisons référence fournissent une base génétique et moléculaire de l’hétérogénéité clinique signalée dans les PCOS. (Jones M.R.et al. Plos One 2015).

Le PCOM (PCOS like) est également rencontré chez les femmes normo-ovulatoires !

Des études récentes ont montré des anomalies endocriniennes subtiles chez les femmes avec PCOM isolé qui ressemblent à ceux trouvés chez les femmes atteintes de PCOS. En raison de la forte corrélation entre l’AMH et nombre de follicules, un niveau élevé d’AMH sérique a été proposé comme un marqueur de substitution du PCOM.

L’AMH devrait donc être intégré dans les classifications diagnostiques du PCOS. (Dewailly at al.2017) Le cut-off des PCOS est plus élevé chez les femmes jeunes que chez les plus âgées. Dans la population âgée, la performance diagnostique de l’AMH est supérieure à celle du FNPO (AUC = 0,948 (0,927-0,970) vs 0,874 (0,836-0,912), respectivement, p = 0,00035) (Lie Fong et al. 2017) Le cut-off de l’AMH et le nombre de follicules antraux distinguant les femmes réglées non PCOM des PCOS,

étaient plus élevés chez les femmes jeunes que chez les femmes plus âgées. Le PCOM à un âge avancé peut être associé à une forme sub-clinique de PCOS, (qui peut également être présent chez les jeunes femmes régulièrement réglées).

Au total :

  • La définition de l’HA biologique n’est toujours pas résolue.
  • Les critères utilisés pour définir l’OA sont insuffisants.
  • La définition de PCOM proposée en 2003 est désormais obsolète avec l’utilisation de la dernière génération de machines à ultrasons.
  • Le test de sérum anti-Müllerian hormone (AMH) semble de plus en plus être un excellent substitut de la numération folliculaire et est susceptible d’apparaître comme le marqueur PCOM officiel (Dewailly D 2017).
VariableAUC (CI)Cut-off valueSensitivity (%)Specificity (%)
Yong women
FNPO0.903 (0.891-0.940)11.2587.685.0
  11.7585.292.9
  12.2584.295.6
  12.7583.098.2
Serum AMH (ug/l)0.903 (0.876-0.930)4.588.676.1
  5.085.479.4
  5.58284.1
  6.079.387.6
Old women
FNPO0.874 (0,863-0.912)9.7580.084.9
  10.7579.593.5
  11.7574.196.8
  12,7071.797.8
Serum AMH (ug/l)0.948(0.927-0.970)4.084.987.1
  4.583.991.1
  5.082.493.5
  5.576.695.7
AUC, area under the curve.
Tableau : Niveaux du Cut-off du nombre de follicules et de l’HAM sérique permettant de distinguer, de façon performante, entre les femmes atteintes du PCOS et l’ensemble des «jeunes femmes témoins normales» (groupe I, panneau supérieur) ; et des «femmes âgées témoins normales» identifiées par analyse par grappes, (groupe 3, panneau inférieur) – d’après Dewailly et al. HR 2018;

En résumé, retenons que AMH plasmatique et AFC suffisent à appréhender correctement une réserve folliculaire ovarienne.

De plus l’échographie peut éliminer un hydrosalpynx et des anomalies endocavitaires utérines : polypes, hyperplasie de l’endomètre à plus de 14 mm, un myome sous muqueux (les myomes interstitiels ou sous séreux ne gênent en rien l’obtention d’une grossesse). L’âge reste le seul facteur limitant tant pour la femme que pour l’homme.

En conclusion :

Nous avons choisi, riche de notre expérience et nos acquisitions nouvelles dans un débat quotidien, de vous présenter, simplement, une problématique encore peu dépouillée, hélas, de nombreuses idées reçues. C’est comme pour nos problèmes sociétaux : difficile de se débarrasser des préjugés et des avantages acquis de longue date !!! Nous faisons trop d’examens complémentaires inutiles plutôt que pas assez. Chaque examen doit avoir une justification émanant d’un examen clinique rigoureux. Par exemple quand il y a des spermatozoïdes dans un éjaculat le caryotype et divers dosages hormonaux ou biochimiques ne se justifient pas. En revanche, avant d’entreprendre une ICSI, notre responsabilité étant engagée, il faut s’attarder sur les anomalies de l’ADN du noyau et sur le statut de méthylation du spermatozoïde injecté. Pourquoi ? … : parce que le risque de transmission de cancers et de maladies épigénétiques est plus élevé et que notre rôle d’informer est important au plan médico légal.

Hypométhylation de l’ADNConséquences
  Hypométhylation globaleRéactivation de séquences génomiques endoparasitaires et des séquences répétés, Instabilité génomique et chromosomique
Hypométhylation du corps du gèneActivation de sites incorrects d’initiation de la transcription
Perte de mé thylation de promoteursActivation de gènes oncogènes et pro-métastatiques
Hyperméthylation de l’ADNConséquences
  Méthylation des promoteurs (ilôts CpG)Répression des gènes suppresseurs de tumeurs Répression des régulateurs de gènes suppresseurs de tumeurs Inactivation des gènes suppresseurs de métastases
perte de l’empeinte parentaleDérégulation des gènes soumis à empreinte
d’après Cheeseman et al CNRS 2014

Un jour, les jeunes générations de gynécologues devront justifier leurs indications et les moyens mis en œuvre. Reste un gros travail à faire pour en savoir plus sur

l’ovocyte dont les mécanismes de transcriptions sont plus complexes et les facultés de réparations des altérations de l’ADN d’autant plus grandes que les femmes sont jeunes. Cette aptitude de l’ovocyte à réparer est une chance quand un homme âgé est le conjoint d’une femme jeune mais hélas les projets parentaux impliquent en général des couples à peu près du même âge ; les décennies à venir offriront des opportunités nouvelles aux patients, il reste beaucoup à apprendre sur la contribution précise des mécanismes épigénétiques. Quant à la transition entre recherche fondamentale et clinique, elle demeure un défi formidable. In fine c’est ce qui nourrit notre passion.

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Benign prostatic hyperplasia

M. J. YOUSFI, M. HAFFAF, S.M.A. CHELEF, S. KERROUMI, S. TALEB, A. BAZZI, C. OUANEZAR, A. D. LANSARI, S. HOUACHE, A. MERROUCHE ; Service d’Urologie, Etablissement Hospitalier et Universitaire 1er Novembre 1954, Oran.

Abstract : Benign prostatic hypertrophy is a very common pathology, which affects 2 in 3 men after the age of 50, urinary disorders called symptoms (dysfunctions) of the lower urinary tract are due to several pathologies, the primary objective is to attach these signs to BPH. An initial assessment is always necessary in order to be able to evaluate the degrees of repercussion on the bladder and on the high device, makes it possible to differentiate the BPHs which require a follow-up with a medical treatment and those which require a surgical intervention. We will present 4 clinical cases reflecting the reality of the current practice, which will allow us to make an approach in the understanding of the mechanisms of this BPH and the management of the different situations that we face.

Key-words : BPH, initial assessment, medical treatment, endoscopic resection, surgical adenomectomy.

Résumé : L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une pathologie très courante, elle atteint 2 hommes sur 3 après l’âge de 50 ans, les troubles urinaires appelés symptômes (dysfonctions) du bas appareil urinaire sont dus à plusieurs pathologies ; l’objectif premier est de rattacher ces signes à l’HBP. Un bilan initial est toujours nécessaire afin de pouvoir évaluer les degrés de retentissement sur la vessie et sur le haut appareil, il permet de différencier les HBP qui relèvent d’un suivi avec un traitement médical de celles qui nécessitent une intervention chirurgicale. Nous allons présenter 4 cas cliniques reflétant la réalité de la pratique courante, qui vont nous permettre de faire une approche dans la compréhension des mécanismes de cette HBP et la gestion des différentes situations auxquelles on s’affronte.

Mots-clés : HBP, évaluation initiale, traitement médical, Résection endoscopique, adénomectomie chirurgicale.

Introduction

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) – aussi appelée hyperplasie bénigne de la prostate ou hyperplasie adéno-myomateuse de la prostate est une tumeur bénigne qui se développe au dépend de la partie crâniale de la prostate. Elle touche les sujets âgés de plus de 50 ans. L’hypertrophie bénigne de la prostate exerce plus de pression sur l’urètre et la vessie, interférant ainsi avec l’écoulement normal de l’urine. L’HBP est une des maladies les plus communes chez les hommes du fait des modifications physiologiques liées au vieillissement [1,2,3]. Son incidence augmente avec l’âge. Sa prévalence est de 2,7% à (45-49 ans) et augmente à 24% à 80 ans [4].

En 2009, dans le monde, deux hommes sur trois souffraient de troubles urinaires liés à l’HBP à partir de la cinquantaine [5]. L’HBP microscopique est la plus fréquente et atteint 23% des hommes entre 41-49 ans, 82% entre 71 et 80 ans. Enfin, la fréquence de l’HBP clinique est difficile à quantifier car, les troubles mictionnels ne sont pas spécifiques de l’HBP et l’évolution très lente de l’affection permet aux patients de « s’adapter » à ces troubles, dont une partie accepte de le vivre comme une fatalité.

L’HBP n’augmente pas le risque de cancer de prostate [7], elle affecte la zone transitionnelle de la prostate entrainant une obstruction de l’urètre qui va freiner l’évacuation de l’urine. Cette hypertrophie concerne aussi bien les cellules musculaires lisses et le tissu conjonctif glandulaire. Les symptômes sont dus, d’une part à la contraction du muscle lisse dans la glande (mécanisme dynamique) [8] ; et d’autre part à l’augmentation du volume de la glande (mécanisme statique) [9].

Nous vous proposons, à travers quelques cas cliniques interactifs (voir réponses en bas de chaque cas) les aspects cliniques et thérapeutiques de l’hypertrophie bénigne de la prostate.

Cas clinique N°1 :

M. Amine âgé de 72 ans se présente à votre consultation pour une rétention aigüe d’urine. Il n’a jamais consulté avant, il n’a aucun antécédent particulier.

Ses symptômes habituels sont une nycturie de 2 à 3 fois, pas de besoin impérieux, il urine avec un jet faible qui nécessite souvent une poussée abdominale. Votre examen clinique retrouve une température normale, une prostate souple au toucher rectal, ainsi qu’une matité sus-pubienne douloureuse.

1.  Quel geste faites-vous devant ce tableau en urgence ?

  1. Mise en place d’une SAD.
  2. Si impossibilité, avis de l’urologue pour sondage au mandrin (guide sonde) ou cystostomie.
  3. Demander une échographie et une débimétrie.
  4. Prescription d’un traitement antalgique.

2.  La sonde vésicale que vous avez placée ramène 850cc d’urine claire, quels examens

demandez-vous chez ce patient ?

  1. Une étude cytobactériologique des urines
  2. Un dosage du taux de PSA totale
  3. Une évaluation de la fonction rénale.Une échographie vésicale et prostatique.
  4. Une cystoscopie.

3.  Combien de temps allez-vous laisser ce patient sous sonde ?

  1. 1 semaine
  2. 2 semaines
  3. 3 semaines

4.   L’échographie que vous avez demandée révèle une prostate de volume estimé à 65cc,

quel traitement prescrivez-vous ?

  1. Un inhibiteur de la 5 alpha réductase
  2. Des extraits de plantes
  3. Un alpha bloquant
  4. Une association d’alpha bloquant et de 5 ARI

5.  Pour quelles raisons avez-vous opté pour un alpha-bloquant ?

  1. Inhibe les récepteurs alpha 1 situés sur les cellules musculaires lisses prostatiques et le col vésical.
    • Diminue l’obstruction prostatique.
  2. Ouvre le col vésical.
    • Diminue de l’IPSS de 35 à 40%.
    • Augmente le débit urinaire de 20 à 25%.

6.   Trois semaines après l’ablation de la sonde, le patient reprend ses mictions, que décidez-vous ?

  1. Une évaluation initiale complète.
    1. Continuer le traitement.
    1. Associer un 5 ARI après résultat du PSAT.
    1. Une résection endoscopique de la prostate.
    1. Une adénomectomie par voie haute.

7.  Quels éléments sont recommandés dans le bilan initial que vous demandez ?

  1. Un toucher rectal.Une analyse d’urine.
  2. Un score symptomatique (IPSS).
  3. Un catalogue mictionnel
  4. Une évaluation sexuelle.
  5. Une débimétrie.
  6. Une mesure du résidu post-mictionnel par échographie.
  7. Une échographie transrectale.Une cystoscopie.
  8. Un bilan urodynamique.

8.  Dans quel cas auriez-vous demandé un calendrier mictionnel ?

  1. SBAU de la phase de remplissage.
  2. SBAU de la phase mictionnelle.
  3. SBAU de la phase post-mictionnelle.
  4. Nycturie isolée.

9.  Après 6 mois, votre patient décrit une améliora- tion des symptômes, par contre il se plaint d’une dysfonction érectile, que pouvez-vous lui proposer ?

  1. Le retrait du 5ARI
  2. Le retrait de l’alpha bloquant
  3. Adjoindre le sildénafil à l’alpha bloquant
  4. Un inhibiteur de la phosphodiestérase 5

Réponses :

1 : a, b | 2 : a, b, c, d | 3 : c

4 : c | 5 : a, b, c, d, e | 6 : a, b, c

7 : a, b, c, e, f, g | 8 : a, d | 9 : a, c.

Cas clinique N°2 :

M. Abdallah, âgé de 73 ans se présente à votre consultation pour une pollakiurie avec nycturie (6x/nuit), avec une urgenturie évoluant depuis 6 mois. Il se traite par ailleurs pour une pathologie cardiaque. Il a un score d’IPSS à 20, l’examen clinique que vous réalisez retrouve une température normale, et une prostate souple, augmentée de taille au toucher rectal.

1.  Quels examens demandez-vous devant ce tableau ?

  1. Un dosage de PSA totale
  2. Une analyse d’urine
  3. Une échographie sus-pubienne avec mesure du résidu post-mictionnelUne débimétrie
  4. Une évaluation sexuelleUne cystoscopie
  5. Un bilan urodynamique.

2.  L’échographie montre une capacité vésicale de 150cc, une prostate de 45cc, sans résidu

post-mictionnel, quel traitement proposez-vous ?

  1. Un inhibiteur des 5 alphas réductases
  2. Des extraits de plantes
  3. Un alpha bloquant
  4. Associations alpha bloquants + 5ARIAssociations
  5. alpha bloquants + Extraits de plantes
  6. Un anti cholinergique.

3.  Après 3 mois de traitement par un alpha-bloquants, aucune amélioration, on décide de passer à une bithérapie, laquelle ?

  1. Un inhibiteur des 5 alphas réductases + un alpha bloquant
  2. Des extraits de plantes + un alpha bloquant
  3. Un alpha bloquant + un Anti-muscarinique
  4. Un anti cholinergique + un 5ARI.

4.  Après 6 mois de traitement par alpha-bloquant

+ anti-muscarinique, votre patient note une amélioration nette avec un IPSS à 12, une capacité vésicale à 250cc, par contre il reste gêné par une nycturie secondaire à une polyurie nocturne, que faites-vous ?

  1. Continuer le traitement
  2. Remplacer l’anti-cholinergique par un 5 ARI
  3. Prescription de Desmopressine
  4. Prescription d’un anti-inflammatoire.

5.   Un an après, reprise des SBAU, avec RPM de 150cc, Prostate de 60cc + lobe médian, un débit max < 10.5ml/s, PSAT à 3.5ng/ml, malgré

un traitement bien conduit, que faut-il faire ?

  1. Continuer le traitement
  2. Passer au traitement chirurgical
  3. Changer le traitementMettre une sonde à demeure
  4. Une cystoscopie pour le choix du traitement.

6.  Pour quel traitement optez-vous ?

  1. Une incision cervico-prostatique
  2. Une résection trans-urétrale de la prostate
  3. Une adénomectomie par voie hauteUne énucléation au laser (Holep)
  4. Une vaporisation trans-urétrale de prostate.

Réponses :

1 : a, b, c, d, e | 2 : c, e, f 3 : c | 4 : a, c

5 : b, e | 6 : b.

Cas clinique N°3 :

M. Mohammed âgé de 62 ans se présente à la consultation pour une pollakiurie intense avec nycturie (5x), une diminution du jet urinaire avec des gouttes retardataires, avec sensation de vidange incomplète depuis 8 mois.

Il est diabétique depuis 8 ans. Il a un score d’IPSS de 25, l’examen clinique retrouve une température à 39° avec frissons, une prostate augmentée de taille et douloureuse au toucher rectal, le PSAT est à 65 ng/ml.

1.  Quels sont les examens dont vous avez besoin ?

  1. Une étude cytobactériologique des urines
  2. Une biopsie prostatique
  3. Une échographie sus-pubienne avec résidu post-mic- tionnel
  4. Une échographie transrectale
  5. Une débimétrie.

2.  En attendant le bilan, quel traitement vous devez proposer ?

  1. Une antibiothérapie probabiliste par fluoroquinolones.
  2. Céphalosporine de 3ème génération
  3. Céphalosporine de 3ème génération + aminoside
  4. Fluoroquinolones + aminoside
  5. Sulfametoxasol-trimétoprime.

1.  L’échographie a révélé un résidu post-mictionnel important, que devez-vous faire,avec un Qmax de 3ml/s ?

  1. Un cathétérisme sus-pubien
  2. Une sonde urinaire
  3. Une néphrostomie percutanée
  4. Un traitement alpha bloquant.

2. Le traitement antibiotique instauré devra durer :

  1. 1 semaine
  2. 2 semaines, sauf pour les aminosides 7j
  3. 3 semaines sauf pour les aminosides 14j
  4. Au-delà de 3 semaines.

3.  Après un mois vous notez une amélioration clinique, l’absence de fièvre, le patient est actif et doit se déplacer, il vous demande de lui retirer la sonde. Quelle est votre attitude ?

  1. Vous retirez la sonde et faites un test
  2. Non, vous le gardez sous sonde à demeure
  3. Vous mettez un cathétérisme sus-pubien
  4. Vous continuez le traitement alpha bloquant.

4.  Votre patient a repris ses mictions et il entreprend de voyager, Il veut connaitre les mesures qui lui éviteront la rétention :

  1. Ne pas se retenir lors du besoin d’uriner
  2. Associer un 5 ARI avec l’alpha bloquant si prostate> 40cc
  3. Éviter les constipationsRéduction des boissons le soir et éviction de la caféine
  4. Arrêter l’alpha bloquant et passer à un 5ARI + anti- muscarinique.

5.   À son retour de voyage, il s’inquiète pour son PSAT, devra-t-il le refaire ? et quand ?

  1. Il ne doit le refaire qu’après 6 mois
  2. Après 3 mois
  3. Une fois par an
  4. Pas du tout
  5. Doit arrêter les 5 ARI avant.
  • Six mois après, son PSAT est de 6ng/ml, une échographie montre une prostate de 45cc, un résidu post-mictionnel de 80cc, son Qmax est à 21ml/s, quelle est votre attitude ?
    • Continuer le traitement
    • Arrêt uniquement du 5ARI et recontrôler
    • Biopsie prostatique transrectale
    • Faire un PSAT après 3 mois
    • Proposer une résection trans-urétrale
  • La biopsie transrectale faite montre sur les 12 carottes une hyperplasie adéno-fibro-myomateuse, faudra-t-il :
  1. Refaire la biopsie
  2. PSAT après 3 mois
  3. PSA libre et PSAT après 3 mois
  4. Une IRM prostatique si PSAT reste élevé
  5. Une échographie sus-pubienne et transrectale.
  • Le PSAT de contrôle est de 8ng/ml sous traitement, vous lui proposez alors de :
  1. Refaire les biopsies
  2. Faire une IRM préalable
  3. Faire une TDM
  4. Une scintigraphie osseuse
  5. Une IRM osseuse.

Réponses :

1 : a, c, e | 2 : a, b, c, d | 3 : a, b | 4 : b

5 : a, d | 6 : a, b, c, d | 7 : a | 8 : c

9 : b, c, d | 10 : a, b.

Cas clinique N°4 :

M. Saïd âgé de 73 ans se présente à la consultation pour une pollakiurie intense avec nycturie (8x) avec diminution du jet urinaire et des gouttes retardataires, avec sensation de vidange incomplète depuis 8 mois, traité pour une HBP depuis 2 ans sous alpha bloquants + extraits de plantes.

Il est également diabétique depuis 15 ans, et hypertendu sévère depuis 10 ans sous bithérapie. Il a un score d’IPSS de 30. L’examen clinique retrouve une température normale, une prostate souple augmentée de volume. Le taux de PSAT est à 3 ng/ml.

1.  Quels examens complémentaires sont à prescrire à ce patient ?

  1. Une échographie sus-pubienne avec résidu post-mictionnel
  2. Une débimétrie
  3. Un catalogue mictionnelUne cystoscopieUn bilan urodynamique
  4. Une évaluation sexuelle.

2.    L’échographie montre une prostate de 35cc, résidu post-mictionnel de 180cc pour une capacité de 250cc, Qmax 6ml/s, quelle est votre attitude ?

  1. Associer au traitement un 5ARI
  2. Proposer une résection trans-urétrale de prostate
  3. Prescrire un anti-cholinergique
  4. Mettre une sonde à demeure
  5. Demander un bilan préopératoire.

3.   Une RTUP a été faite, les suites sont simples, mais l’examen anatomo-pathologique a montré un adénocarcinome Gleason 6 (3+3) sur plus de 5% du tissu réséqué, vous devez refaire le PSAT après :

  1. 3 mois
  2. 6 mois
  3. 1 mois
  4. Ablation de la sonde.

4.   Le PSAT est revenu à 2,5 ng/ml, quels sont les examens utiles à ce stade ?

  1. Une IRM
  2. Une échographie de contrôle
  3. Une débimétrie
  4. Une TDM
  5. Aucun si bonne évolution clinique
  6. Faire des biopsies prostatiques transrectales.

5.  Ce patient nécessite :

  1. Une prostatectomie totale.
  2. Une radiothérapie conformationnelle.
  3. Une abstention, surveillance avec traitement différé en cas de progression
  4. Une curiethérapie
  5. Une surveillance active
  6. Une hormonothérapie.

6.  Il revient vous voir après 6 mois, avec reprise de la symptomatologie urinaire, il peut s’agir de :

  1. Une repousse de la prostate
  2. Évolution du cancer
  3. Une sclérose de loge
  4. Une lithiase vésicale
  5. Une sténose urétrale.

7.  Les examens que vous lui demandez sont :

  1. Une échographie avec RPM
  2. Débimétrie
  3. Une IRMUne urétrocystographie rétrograde si Qmax diminué
  4. Une TDM.

8.    L’urétrocystographie rétrograde montre une sténose courte de l’urètre, vous lui proposez donc :

  1. Une urétrotomie interne
  2. Une dilatation urétrale
  3. Ne pas toucher la sténose car existe un cancer
  4. Traiter par voie chirurgicale transvésicale.

9.   Il a repris ses mictions normalement, mais il s’inquiète pour son PSAT, faut-il le refaire :

  1. Après ablation de la sonde
  2. Après 3 mois d’une manœuvre endoscopique
  3. Après 6 mois
  4. Après 15 jours.

Réponses :

1 : a, b, c, f | 2 : b, e | 3 : a

4 : a | 5 : c | 6 : a, c, e

7 : a, b, d | 8 : a | 9 : b.

Règles de bonne pratique :

  • SBAU de faible intensité : surveillance attentive, des conseils hygiéno-diététiques avant ou en complément du TRT médical : Phytothérapie (extraits de plantes).
  • SBAU modérés à sévères : Alpha 1-bloquants.
  • SBAU modérés à sévères + prostate >40cc + élévation du PSA> 1.4 – 1.6ng/ml : 5 ARI.
  • SBAU modérés à sévères + prédominance des symptômes de la phase de remplissage : Antimuscariniques.
  • Nycturie secondaire à une polyurie nocturne: Desmo-pressine.
  • Alpha 1 bloquants + 5ARI : SBAU modérés à sévères + prostate >40cc + Qmax diminué. Alpha 1 bloquants + Antimuscariniques : SBAU modérés à sévères non améliorés par une monothérapie, rester prudent en cas d’OSV.
  • IPDE5 : SBAU modérés à sévères + Dysfonction érectile, HTA pulmonaire.

Conclusion :

Il est important de parler un langage commun, savoir quoi demander, quand et chez qui, savoir quoi prescrire, quand et chez qui et donc établir un programme personnalisé (indication thérapeutique et suivi).

Références :

  1. W.M. Garraway et al. « High prevalence of benign prostatic hypertrophy in the community », Lancet, vol. 338, no 8765, 1991, p. 469-471.
  2. S.J. Jacobsen, « New diagnostic and treatment guidelines for benign prostatic hyperplasia. Potential impact in the United States », Archives of internal medicine, vol. 155, no 5,‎ 1995, p. 477-481.
  3. P. Boyle et al., « The prevalence of lower urinary tract symptoms in men and women in four centres. The Ur Epik study. », BJU internatio- nal, vol. 92, no 4,‎ 2003, p. 409-414.
  4. K.M. Verhamme et al., « Incidence and prevalence of lower urinary tract symptoms suggestive of benign prostatic hyperplasia in primary care–the Triumph project », European urology, vol. 42, no 4,‎ 2002, p. 323-328.
  5. Haute Autorité de Santé. Service évaluation des actes professionnels (juillet 2009) [archive] consulté le 27 janvier 2013.
  6. Zucchetto A, Tavani A, Dal Maso L, Gallus S et al. « History of weight and obesity through life and risk of benign prostatic hyperpla- sia » [archive] Int J Obes (Lond) 2005;29:798-803.
  7. Recommandation HAS pour la prise en charge de l’HBP.
  8. I.W. Mills et al., « Studies of the pathophysiology of idiopathic de- trusor instability: the physiological properties of the detrusor smooth muscle and its pattern of innervation », Journal of Urology, Elsevier, vol. 163,∗ 2000, p. 646–651 (ISSN 00225347).
  9. P.M. Martin et al. « Androgènes et système reproducteur mascu- lin – Androgènes et prostate : aspects fondamentaux et cliniques », Progrès en Urologie, vol. 14, no 5,‎ 2004 (ISSN 1166-7087, lire en ligne [archive] [html]).

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Oncological results of total prostatectomy in 52 patients

K. BENAKILA, A. BELKACEM-NACER,M. MEBREK, M.R. TOUATI, S. REZKALLAH,F. RABAHI, T. SELMANE, F. MEKLAT, K. ADJALI,Service de Chirurgie Urologique,CHU Lamine Debaghine, Bab El Oued, Alger Faculté de Médecine d’Alger 1.

Abstract : Objective : Evaluation of short and intermediate oncologic and functional results, evaluation of the morbidity and mortality (early and late) of retropubic total pros-tatectomy for localized prostate cancer. Material and method : this was a prospective study from 2004 to 2008 that included 52 patients treated with open retropubic total prostatectomy for localized prostate cancer. The mean age of our patients was 64.712 ± 6.210 years, the mean total PSA was 13.078 ± 6.772 ng / ml, the mean Gleason score was 5.885 ± 0.784, our patients had localized tumors (53.8% T1c and 46.2 T2) with negative extension status. The prognostic classification D’Amico as follows in 40.3% of low risk, 42.3% at intermediate risk, 9 patients are at high risk or 17.3% was 53.98 ± 14.48 months. Results : after retropubic total prostatectomy, the anatomo-pathological study of surgical specimens found 61.4% pT2, 32.7% of pT3 with a mean Gleason score of 6.404 ± 1.818, positive margins were present in 32.7%, the apex was the most frequently found site with 41.2% of margins. Postoperative continence in our patients was 93.5% at 5 years. Spontaneous erection was found in 11.5%, erectile dysfunction is found in 88.5%. In our series the 5-year recurrence-free survival rate is 61%, the average survival is 72,071 months with IC (67,73 – 76,40). The overall mortality rate is 9.61% and the cancer death rate of the prostate is 7.69% (letha- lity). Conclusion : Total retropubic prostatectomy is the standard treatment in localized prostate cancer and is a surgical challenge, it must ensure a carcinological objective and also ensure a functional result of quality.

Key-words : Localized prostate cancer, total retropubic prostatectomy, results carcinological, functional results.

Résumé : Objectif : L’évaluation des résultats carcinologiques et fonctionnels à court et moyen terme, l’évaluation de la morbidité et de la mortalité (précoce et tardive) de la prostatectomie totale rétropubienne dans le cancer de la prostate localisé. Matériel et méthode : il s’agissait d’une étude prospective de 2004 à 2008 qui a porté sur 52 patients traités par prostatectomie totale rétropubienne pour cancer localisé de la prostate. L’âge moyen des patients était de 64,712 ± 6,210 ans, la moyenne du PSA total était de 13,078 ± 6,772 ng/ml, la moyenne du score de Gleason des biopsies était à 5,885 ± 0,784, les tumeurs étaient toutes localisées (53,8% de T1c et 46,2 de T2) avec un bilan d’extension négatif. La classification de D’Amico a montré ce qui suit : 40,3% de risque faible, 42,3% de risque intermédiaire, 17,3% de haut risque. Le suivi moyen était de 53,98 ± 14,48 mois. Résultats : Après la prostatectomie totale, l’étude anatomo-pathologique des pièces opératoires a retrouvé 61,4% de pT2, 32,7% de pT3 avec une moyenne du score de Gleason de 6,404 ± 1,818, les marges positives étaient présentes chez 32,7 % des patients et l’apex était le site le plus fréquemment retrouvé. La continence post opératoire était de 93,5% à 5 ans. Par contre, l’érection spontanée était retrouvée chez 11,5 %, l’impuissance sexuelle est retrouvée dans 88,5 %. Le taux de survie moyenne est de 72,071 mois avec IC (67,73 – 76,40). Le taux de mortalité globale est de 9,61% et le taux de décès par cancer de la prostate est de 7,69% (létalité). Conclusion : La prostatectomie totale rétropubienne est le traitement de référence dans le cancer de la prostate localisé et constitue un défi chirurgical, on doit assurer un objectif carcinologique et aussi assurer un résultat fonctionnel de qualité.

Mots-clés : Cancer de la prostate localisé, prostatectomie totale rétro-pubienne, résultats carcinologiques, résultats fonctionnels.

Introduction

Le cancer de la prostate (CaP) est le premier cancer chez l’homme de plus de 50 ans aux États-Unis et en Europe, plus de 196.200 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2009 [1]. En France, l’augmentation de l’incidence est estimée à 8% par an [2]. Il constitue un véritable problème de santé publique.

Le cancer de la prostate est le 4ème cancer masculin à Alger avec une incidence brute moyenne de 10,3 cas pour 100.000 hommes [3], nous nous attendons à une augmentation notable du nombre de nouveaux cas dans les années à venir dans notre pays.

Il y a quelques années le cancer de la prostate était dans la majorité des cas détecté à un stade localement avancé où il avait produit déjà des métastases et le traitement ne pouvait être que palliatif.

Depuis l’utilisation du PSA, et les biopsies prostatiques la présentation clinique du cancer de la prostate a été modifiée au profit des stades localisés.

La prostatectomie totale est le traitement de référence dans les cancers de la prostate localisés qui consiste en l’ablation en monobloc de la prostate et des vésicules séminales. C’est une chirurgie bien réglée [4], elle doit concilier un objectif carcinologique avec un résultat fonctionnel de qualité.

Patient et Méthodes

Nous avons réalisé une étude prospective de 2004 à 2008 qui a porté sur 52 patients consécutifs traités par pros- tatectomie totale rétropubienne pour cancer localisé de la prostate, au niveau du service d’Urologie du CHU Mohamed Lamine Debaghine de Bab El Oued, Alger.

L’objectif principal était, l’évaluation à court et moyen terme des résultats carcinologiques, l’impact sur la continence et la puissance sexuelle et l’évaluation de la morbidité et de la mortalité précoce et tardive. L’autre objectif est de promouvoir ce type d’intervention, il faut se placer dans le contexte de l’époque, en 2004, en Algérie peu d’interventions chirurgicales curatives du cancer de la prostate, localisé, étaient proposées aux patients. Ainsi un challenge est-il né de ce vide.

La période d’observation et de surveillance des malades s’est poursuivie à Mars 2011 date à laquelle nous avons débuté l’analyse des résultats.

Les critères d’inclusion sont ceux recommandés par l’Association Française d’Urologie [5], un âge ≤ 72 ans, cancer de la prostate localisé, pas de facteurs de comor- bidités péjoratifs.

Évaluation préopératoire

Nos malades ont tous bénéficié d’un interrogatoire,

le toucher rectal était systématique, ainsi qu’un dosage du PSA total. Le diagnostic de l’adénocarcinome de la prostate a été permis par la réalisation de biopsies prostatiques écho-guidées [6].

Une fois le diagnostic du cancer de la prostate posé, un bilan d’extension était systématique (TDM Thoraco Abdomino-pelvienne, scintigraphie osseuse, IRM prostatique). Il était négatif chez tous les patients (cancer localisé à la prostate, répondant aux objectifs carcinogiques de l’intervention proposée).

Les patients ont été informés de la survenue possible de troubles de la continence urinaire et de la puissance sexuelle, ils ont parfaitement adhéré à ce type de traitement.

L’âge moyen des patients était de 64,712 ± 6,210 ans (49 ans et 72 ans) et 48,1% avaient un âge de 60-69 ans. 95% patients ont consulté pour des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU), seuls 03 patients pour élévation isolée du PSA.

Le toucher rectal (TR) était anormal chez 20 patients, le PSA total moyen était de 13,078 ± 6,772 ng/ml (3,640 – 27,92 ng/ml).

L’adénocarcinome prostatique est le type histologique retrouve chez tous les patients. La moyenne du score de Gleason (SG) était de 5,885 ± 0,784 ; 38 patients SG à 6 ; 5 patients SG à 7 ; 8 patients SG à 4-5, un seul patient SG à 8.

Nos patients ont été classés comme suit : 28 patients au stade T1c (53,8%), 19 patients au stade T2a (36,5%), 04 patients au T2b (7,7%), 01 patient au stade T2c (1,9%). La classification histopronostique de D’Amico a fait ressortir : 40,3 % de risque faible , 42,3 % de risque intermédiaire , 17,3 % de haut risque.

Les caractéristiques préopératoires des patients
Nombres de Patients

Age moyen (année)

PSA moyen (ng/ml)

Stade clinique pré op

Gleason pré-opératoire

Classification D’Amico
52
64.71± 6.21
13.07± 6.77
Médiane :
T1c : 28 (58.8%)
T2a : 19 (36.5%)
T2b : 4 (7.7%)
T2c : 1 (1.9)
Médiane : GS6 (G4 –G8)
SG4 : 5 (9.6%)
SG5 : 3 (5.8%)
SG6 : 38 (73.1%)
SG7 : 5 (9.6%)
SG8 : 1 (1.9%°
Faible : 21 (40.3%)
Intermédiaire : 22(42.3%)
Élevé : 09 (17.3%)

Tous les patients ont eu une prostatectomie totale rétro-pubienne extra-fasciale, après une évaluation en consultation pré-anesthésique selon la classification American Society of Anesthesiologists (ASA).

Le curage ganglionnaire fait chez 21 patients sur 52 soit (40,4 %), exclu si PSA < 10 ng/ml, score de Gleason ≤ 7. Les pertes sanguines étaient de 150 à 800 cc (moyenne de 349,038 ± 157,956 cc) , une plaie rectale (1,9 % des patients) a été reconnue et réparée en per opératoire. La fistule urinaire présente chez 17 patients (32,07 % des cas), 1 cas de sepsis de paroi et 1 rétention vésicale à l’ablation. La durée moyenne du sondage était 11,327 ± 2,212 jours (10-20 jours). La durée moyenne de l’hospitalisation était de 11,423 ± 2,600 jours (8j-22 j).

Résultats carcinologiques

L’analyse anatomopathologique des pièces opératoires retrouve 32 patients (61,5%) CaP localisé : 02 pT3a (3,8 %) ; 09 pT2b (17,3 %) ; 21 PT2c (40,4 %) ; 17 patients étaient extra-prostatiques ; 06 PT3a (11,5 %) ; 11 PT3b (21,2 %) ; 3 patients (5,8 %) en T0.

Le score de Gleason (SG) des pièces opératoires était de 6,404 ± 1,818 (0-9).

Les marges chirurgicales étaient positives (MCP) chez 17 patients (32,7%), retrouvées à l’Apex dans 41 % des cas ; 29% aux niveaux des faces postéro-latérales et 18 % à la base. 65 % de ces marges positives dans les pT3 (9 en pT3b et 2 en pT3a).

 Cancer localisé N=32(61,4%)Cancer extra- prostatique N=17(32,7%) Score Gleason Médiane Gleason G7 (G5-G9) 
Nombre de patientT2a 2T2b 9T2c 21T3a 6T3b 11G5 2G6 16G7 24G8 4G9 3
Pourcentage %3,817,240,411,521,23,830,864,27,75,8
Marges positives629     
Tableau récapitulatif les données postopératoires de tous nos patients

Résultats fonctionnels

La rééducation vésico-sphinctérienne était faite chez tous nos patients et les résultats sont représentés dans ce tableau ci-dessous. L’incontinence définitive était chez 2 patients (1 pT3a et 1 pT3b).

ContinenceNombre de patient 01 mois  03 mois  06 mois  1 2 mois  24 mois  36 mois  48 mois  60 mois
Continent84,6 %86,5 %90,4 %91,8 %91,8 %91,8 %93,2 %93,5 %
Fuite urinaire13,5 %9,6 %5,8 %3,8 %3,8 %3,8 %3,8 %3,8 %
Incontinence1,9 %3,8 %3,8 %3,8 %3,8 %3,8 %3,8 %3,8 %

46 malades (soit 88,5%) n’ont pas eu d’érection spontanée, par contre 6 d’entre eux (soit 11,5 %) ont pu récupérer leurs érections spontanées.

3 patients ont présenté des sténoses anastomotiques traités par des urétrotomies internes (UI).

Le suivi est basé sur l’examen clinique, un dosage de PSA à 1 mois, 3, 6, 12, 24, 36, 48 et 60 mois.

L’échec biologique qu’est défini par une élévation du PSA au delà de 0,2 ng/ml après 2 confirmations successives [5,9] qui se traduira à ± long terme par un échec clinique.

Le seuil retenu pour le temps de dédoublement du PSA (PSADT) < 12 mois, PSADT court est en faveur d’une métastase alors qu’un PSADT long est faveur d’une récidive locale [10]. Dans notre série, 19 patients ont eu une récidive biologique à 5 ans (36,53%), le PSADT était ˂ 12 mois chez 15 patients : 11 pT3 (8 pT3b,3 pT3a) et 4 pT2.

Le taux de survie sans récidive (SSR) était de 61,10 % à 5 ans et une moyenne de 53,31 mois (IC 95% = 45,76 à 60,85) ; le taux de survie global est de 94,8% tous stades confondus et une moyenne de 72,02 mois avec IC à 95% [67,738 – 76,404].

Le taux de survie selon le stade pathologique à 5 ans, était de 82,4 % pour pT2 (moyenne de 74,33 mois), dans un IC 95 % [68,298 – 80,369] et de 66,7% pour pT3 (moyenne

de 66,82 mois) dans un IC 95% [61,617 – 72,030].

La létalité était de 7,69 % (4 patients décédés suite au CaP), et l’âge moyen des décès 62,40 ± 15,94 ans (54-77 ans), les patients décédés avaient un TDPSA ˂ 12 mois.

Discussion

Le cancer de la prostate est le plus fréquent cancer de l’homme [11]. La prostatectomie totale permet de réduire la mortalité et le risque de progression locale et à distance [12].

Dans notre étude le recrutement des patients s’est étalé de 2004 à 2008 avec suivi moyen de 53,98 ± 14,22 mois. 3 patients avaient une élévation isolée du PSA, rejoint les recommandations actuelles qui consistent en un dépistage individuel à partir de 50 ans [13]

L’âge moyen de nos patients (64,712 ± 6,210 ans) est en adéquation avec celui rapporté par Kapanga et al, où l’âge moyen était de 65,5 ans [14].

La recherche du diagnostic s’est faite sur le PSA et les anomalies du toucher rectal [15].

Les objectifs de la prostatectomie sont le contrôle carcinologique, le maintien d’une continence urinaire et une éventuelle puissance sexuelle [6,16,17].

21 curages réalisés, 1 seul (soit 1,9%) était positif, classé

pT2c, la littérature a rapporté des lymphocèles dans 0,4- 3,1% des cas [18] que nous n’avons pas rencontré.

Les pertes sanguines en peropératoire était de 349,03 ± 157,95 cc, conformes à ceux de la littérature d’enviro 1.000 cc. [19,20] qui diminuent avec l’expérience de l’opérateur.

La plaie rectale est en diminution et varie de 0 à 2,9% selon les séries [7,21], elle doit être traitée en peropératoire afin d’éviter une fistule recto-urétrale, une complication désastreuse [21,23]. Nous avons relevé une seule plaie rectale (soit 1,9 % des patients).

Aucune plaie urétérale n’a été relevée dans notre série. Les fistules urinaires étaient présentes chez 17 patients (soit 32 %) de notre série, dans celle de Kopecky les fistules étaient retrouvées dans 19,2 % des cas. Pour éviter cette complication Fowler incorpore lors de l’anastomose des tissus péri-urétraux [24].

La durée moyenne du sondage était de 11,327 ± 2,212 j (8 à 20 j) et nos résultats sont comparables aux données de la littérature [25], 7 jours dans la série de Guillonneau.

Les complications postopératoires précoces de la PTRP

  NombrePertes sanguines (cc)  TransfusionPlaie rectalePlaie urétérale  Plaie vasculDurée hospit. (j)
CATALONA. Al (1999)[36]18700,05
HAUTMANN (1994) [27]418900 (300-2000)1,72,60,2
GUILLONNEAU (1999) [25]10035 (35 patients1008 (5-30)
GHAVAMIAN.al (2006) []7056331,4
Notre série (2011)52350 (150 – 800)20 (10 patients)1,90011 (8-22)

Les complications thromboemboliques après PT sont assez fréquentes et sont la cause des décès précoces (0,8 – 2,9%) [19]. La phlébite était présente de 6,9% dans la série de Kopecky et 1,7% dans la série de Hautmann [27], elles étaient nulles dans notre série.

L’incontinence urinaire et les troubles érectiles altèrent sévèrement la qualité de vie de patients de plus en plus jeunes [24,28], mais la qualité de vie ne doit pas se faire au détriment du contrôle carcinologique qui doit rester le but principal [17].

Plusieurs équipes rapportent une corrélation significative entre l’âge du patient au moment de la prostatecto- mie et l’incontinence (IU) postopératoire [29].

Lepor et al ont rapporté que la continence postopératoire était de 97,1% à 24 mois [30] et de 92% à 2 ans dans l’étude de Haffner et al. [31] et dans celle de PC Walsh [32] Dans notre étude, la continence était de 84,6% à 1 mois, 91,8% à 2 ans, de 93,5% à 5 ans, ce qui concorde avec les résultats de l’étude d’Arroua et al où la continence à 5 ans était de 91,5% [33].

Les patients avec fuites urinaires nécessitant le port d’au moins 2 protections par jour, sont au nombre de 2 (4,1%).

L’incontinence urinaire définitive était présente dans 4,1% (2 malades), elle était de 0,5% dans la série de Lange et 3,1% dans celle de Hautmann.

L’incontinence d’effort est retrouvée dans 4,1% dans notre étude, elle est de 15,7% dans la série Hautmann et de 12% dans l’étude de Guillonneau.

La préservation d’une longueur de l’urètre et sa dissection prudente permettraient une amélioration significative et un retour plus rapide de la continence urinaire post-opératoire d’après Van Randenborgh et al [34]. Les mêmes résultats sont retrouvés par Coulange et al [33].

Après la prostatectomie totale, plusieurs facteurs sont mis en évidence dans le retour de la puissance sexuelle [35] les érections avant l’intervention chirurgicale, l’âge jeune (< de 65 ans), la préservation des bandelettes neurovasculaires lors de la prostatectomie.

A 18 mois la récupération était de 59% pour Catalona et al [36] ; de 86% dans la série de Walsh et al [35] et 50 % des cas dans la série de Lange.

Dans notre série, 88,5% des patients (46 malades) n’ont plus d’érection spontanée. Par ailleurs 6 patients (soit 11,5%) ont récupéré leurs érections.

Nos chiffres diffèrent de ceux de Walsh, vu l’âge moyen des patient de sa série (58 ans) contre l’âge moyen de notre étude (64 ans).

Dans la littérature, les taux de sténose anastomotique rapportés, varient de 8 à 17% dans la série Geary et col [37] ; 8,6 % dans la série de Hautmann et al [27] et 1% dans la série de Guillonneau. Dans notre étude, le taux était de 6% (soit 3 patients) ce qui concorde avec les séries internationales.

AuteursNombre PatientsSténose Anast %Incont effort %Incont. TotaleImpuissance sexuelle
LANGE (1994) []1731,740,550%
HAUTMANN (1994) [27]  418  8,6  15,7  3,1  –
GUILLON- NEAU (1999[25]1001122
Notre série (2011)526,14,14,188,5%

Les Complications post-opératoires tardives de la prostatectomie totale

L’étude des pièces opératoires a révélé que 61,5 % des patients étaient des pT2 (32 patients).

17 patients (32,7 %) étaient des pT3 : soit 6 pT3a (11,5 %) et 11 pT3b (21,2 %), ces chiffres se rapprochent de ceux des études internationales, en effet dans the International journal of Clinique Practice de 2003, Boccon-Gibod et al ont rapporté un taux de 40-50 % [38], par ailleurs Turpin-Wendling et al ont rapporté un taux de pT3 de 23% [39] et dans l’étude Kampanga et al, le taux des pT 3 était de plus de 52% [14].

Le nombre important de pT3 dans notre série peut être expliqué par l’existence d’une sous estimation de la classification clinique.

Nous avons eu à constater l’absence de cancer de la prostate chez 3 patients soit 5,8% malgré la présence adénocarcinome à la lecture des biopsies, résultats comparables à ceux rapporté par Kampanga et al (8%) [14]

Dans notre série le score de Gleason 7 était présent dans 46,2% des cas, ce qui concorde avec les taux de la série de Tiguert et al qui étaient de 25% et 50% [40].

Notre série a montré un nombre assez important de patients avec un score de Gleason ≥ 8 soit 7 patients (13,5%) : 4 patients avec S G 8 et 3 patients avec SG à 9. Tous ces patients ont progressé biologiquement confirmant ainsi le caractère péjoratif du score de Gleason.

La marge d’exérèse positive (MCP) est un facteur de risque de progression indépendant de la récidive[41].

Nous rapportons un taux de marges positives de 32,7% soit 17 patients, ce qui est en adéquation avec les données de la littérature avec des taux entre 16% et 47% [42,43] ; 37% dans la série d’Epstein et al [44] et 35,6% dans l’étude de Arroua et al [49].

Les MCP étaient plus importantes dans les pT3b (53%) confirmant ainsi les données de la littérature [45] ; 35 % des MCP retrouvées dans les pT2 (soit 6 patients).

Cheng et al, notent un taux de progression à 5 ans de 10 et 22 % lorsque les marges sont respectivement négatives ou positives pour les pT2 [46]. Pour les pT3 la progression biolo- gique est constatée dans 45% des cas en marge positive [46].

Pas de différence dans le taux de récidive biologique selon la localisation et multiplicité des MCP selon Pettus et al [47], une étude du Memorial Sloan-Kettering cancer center a avancé un taux MCP de 10 à 48 % selon les chirurgiens [48].

Le taux de MCP dans notre série s’explique par la présence de patients à haut risque, par le fait que les interventions sont réalisées par différents chirurgiens avec des qualifications différentes.

AuteursAnnéeNombre patientsVoie d’abordMarges positives
EPSTEIN [44]1993507Rétropubienne37 %
Chun et col [62]20064.277Rétropubienne21,5 %
Arroua et col [33]2008194Rétropubienne35,6 %
Notre série201152Rétropubienne32,7 %

Pourcentage des marges positives : comparaison avec les séries internationales Le PSA après PR devient un marqueur spécifique du cancer de la prostate, son élévation constitue le premier indicateur d’une progression tumorale et aboutira à plus ou moins long terme, à un échec clinique. Il se définit par l’augmentation du taux de PSA au-delà de 0,2 ng/ml après 2 dosages successifs [9].

Hull et al ont pris comme valeur seuil pour parler de récidive biologique, un PSA supérieur ou égal à 0,4 ng/ml [50]. Les facteurs pronostiques péjoratifs de cette progression biologique puis clinique sont : score de Gleason > 7, TD PSA < 12 mois, envahissement VS, envahissement ganglionnaire [36,51].

On note chez 2 de nos malades la persistance du PSA (> 0,2 ng/ml) le 1er mois. Langer et al ont rapporté un taux de 22% [52]. Ceci traduit la persistance de la maladie ou une exérèse chirurgicale incomplète, soit l’existence de métastases.

Dans notre étude, l’ascension du PSA est observée chez 17 patients (32,7%), ce taux concorde avec celui de Chemasle et al qui est de 10 à 44% [50,53], 36,5% des patients de notre étude ont présenté une reprise biologique tous stades confondus, en adéquation avec le taux des études internationales qui est de 23 à 59%.

89 % des progressions sont faites dans les 3 premières années après la PT, Pound et al [9] et Stamey et al [54] où ils ont relevé respectivement 75 à 90 %.

Le TDPSA était < 12 mois chez tous les patients décédés, notion importante et constitue un caractère péjoratif [9,55] Les traitements adjuvants proposés à nos patients sont :

la radiothérapie est le traitement adjuvant le plus utilisé

après prostatectomie ou devant un cancer de la prostate pT3 ou en présence de marges chirurgicales positives (R+) [56] et apporterait un bénéfice significatif de survie globale et de survie sans métastases [57].

2 de nos patients ont bénéficié de radiothérapie adjuvante soit 10,5 % ; vu le manque de machines et de centres de radiothérapies dans notre pays à l’époque.

La mise en place d’une hormonothérapie dès la progression biologique surtout dans les cancers à haut risque de progression [58] est bénéfique en termes de survie globale spécifique et de survie sans progression par rapport à un traitement hormonal différé [59].

Dans notre étude, 19 patients ont reçu une hormonothérapie immédiate après progression du PSA, soit 36,5% ; 2 patients à 6 mois ; 7 patients à 12 mois ; 7 autres à 24 mois ; 2 à 36 mois et 1 patient à 4 ans.

La chimiothérapie a été réservée à 03 de nos patients pour une résistance à la castration.

Dans une étude de Cronin et al le taux de survie sans récidive biologique (SSR) à 5 ans était de 84,8% [60] 183:984-9, était de 80% à 5 ans et de 70% à 10 ans pour Abbas et al [1].

Catalona montre que la SSR à 3 ans était de 93% et de 97% à 5 ans dans l’étude de John Hopkins Hospital de Baltimore.

Dans notre étude le taux SSR à 5 ans est de 61,1 %, et se rapproche de l’étude de Zincke et al [61] qui était de 62 % à 5 ans pour un seuil de PSA à 0,2 ng/ml et de 76 % à 5 ans pour un seuil de PSA à 0,4 ng/ml.

Nos résultats concernant le taux de survie globale tous stades pathologiques confondus était de 94,8 %, se rapprochant de ceux de Hull et al [50,62].

Par ailleurs le taux de survie selon le stade pathologique était de 82,4% pour les pT2 et de 66,7% pour les pT3, résultats proches de ceux rapportés par la littérature [63], confirmant ainsi le caractère péjoratif du pT3 [64].

Le suivi sans récidive. NB : dans la série de Hull et al, le patient est considéré en récidive biologique quand le PSA supérieur à 0,4 ng/ml

Conclusion

La prostatectomie totale rétro-pubienne est le traitement de référence dans le cancer de la prostate localisé et constitue un défi chirurgical, on doit non seulement assurer un objectif carcinologique avec diminution des marges chirurgicales positives mais aussi assurer un résultat fonctionnel de qualité. Il est impératif de poser le diagnostic de CaP au stade localisé par la mise en place d’une politique de dépistage individuelle de ce cancer afin de réduire les taux des cancers de la prostate localement avancés ou métastasiques. Meilleures sélections des patients par l’utilisation de l’imagerie notamment l’IRM prostatique.

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Neurological bladders. Literature paper.

A. DAHDOUH, R. SAYOUD, A. BENSIAHMED, Service d’Urologie et de Transplantation Rénale EHS Daksi, Constantine.

Abstract : Neurological bladders includes all neurological dysfunctions of voiding disorders. Its complications can be harmful by the destruction of the kidneys in some forms. It is currently experienced as a real social and professional handicap. Alteration of the quality of life is multifactorial not only in relation to the voiding disorders but also related to the pathology of origin and the associated sexual and digestive disorders. As the complications of this neurological bladder have been prevented, the current challenge is to improve the quality of life as much as possible by seeking autonomy that is not always easy to achieve. At the end of the results of the various works, the recommendations of scientific societies are in perpetual evolution. The purpose of this article is to synthesize all of the recommendations from a review of the literature on neurological bladders and also to demonstrate the important role of intermittent catheterization in this handicap.

Key-words : Intermittent catheterization, neurogenic bladder.

Résumé : Les vessies neurologiques regroupent l’ensemble des dysfonctions mictionnelles d’origine neurologique. Ces complications peuvent être néfastes par la destruction des reins dans certaines formes. Elle est vécue actuellement comme un véritable handicap social et professionnel. L’altération de la qualité de vie est multifactorielle non seulement en rapport avec les troubles mictionnels mais aussi liée à la pathologie d’origine et les troubles sexuels et digestifs associés. Comme on a pu prévenir les complications de cette vessie neurologique, l’enjeu actuel est l’amélioration au maximum de la qualité de vie en cherchant une autonomie qui n’est pas toujours facile à atteindre. A l’issu des résultats des différents travaux, les recommandations des sociétés savantes sont en perpétuelle évolution. L’objectif de cet article est de réaliser une synthèse de l’ensemble des recommandations à partir d’une revue de la littérature au sujet des vessies neurologiques et aussi de démontrer la place importante qu’occupe l’autosondage dans cet handicap.

Mots-clés : Vessies neurologiques, neurovessie, vessie neurogène, autosondage.

Introduction

Les vessies neurologiques (VN) sont définies comme l’ensemble des désordres de la fonction vésicale et/ou sphinctérienne en rapport avec une atteinte de la commande neurologique. Sur une conférence interalliée de Paris qui date de 1917, figurent les premières descriptions des troubles urinaires au sujet de ce qu’on appelait « les grands invalides du système nerveux » ; où le blessé médullaire était la préoccupation. Puis J. Archimbaud a publié un rapport en 1974 qui décrit la physiopathologie des VN et leurs conséquences. Les recommandations des sociétés savantes ne cessent d’évoluer. Les plus actuelles sont les recommandations de l’EAU, 2018 qui viennent mettre à jour les recommandations de 2017 mais avec un niveau fort d’accord.

Étiologies

L’EAU en 2018 a résumé les étiologies pour dire que : tout désordre neurologique d’origine centrale ou périphérique peut être cause de cette VN [1], congénitales (Spina bifida), ou acquises (le blessé médullaire, sclérose en plaque, maladie de parkinson). Le blessé médullaire est de loin la cause la plus fréquente, l’incidence mondiale annuelle est d’environ 40 millions de personnes dont 50% tétraplégiques suite aux AVP dans 30 à 50% des cas [2]. C’était la première occupation des neuro urologues [3].

Classification

Dans la conférence de consensus de l’AFU 2007 au sujet des blessés médullaires, une classification est proposée qui dissocie 03 tableaux cliniques selon le niveau de la lésion (supra sacré, queue de cheval, ou cône médullaire) [4]. Une classification simple d’usage quotidien ; dictée par le site et la nature de la lésion est proposée par l’EAU, plus globale et simple :

  1. Lésion suprapontic : caractérisée par un détrusor hyperactif source de symptômes de la phase de remplissage, sans résidu post mictionnel.
  2. Lésion médullaire supra sacrale et infrapontic : caractérisée par un détrusor hyperactif avec dyssynergie vésico- sphinctérienne source de symptômes des deux phases de la miction avec résidu post mictionnel
  3. Lésion médullaire sacrale ou lésion nerveuse périphérique : caractérisée par un détrusor hypo ou acontractile source de symptômes de la phase de remplissage avec résidu post mictionnel [1].

Diagnostic

L’AFU dans son rapport du 100ème Congrès, 2007, recommande que le bilan diagnostique doit inclure l’histoire et les facteurs liés au patient et sa maladie ainsi qu’un bilan de la maladie causale. L’analyse des symptômes (catalogue mictionnel et examen clinique), et l’analyse des facteurs pronostiques de complications permettent à la fin, de faire une synthèse de la situation urologique pré-thérapeutique [4]. Chose fortement recommandée par l’EAU dans ces guidelines 2018 [1].

Et en plus de ça il est recommandé de chercher des désordres associés (neurologiques, sexuels ou digestifs) par un examen physique et surtout neurologique complet avec une attention supplémentaire pour les symptômes alarmants comme la douleur, l’infection urinaire, l’hématurie et la fièvre. Il faut faire une évaluation de la qualité de vie. Des questionnaires existent pour évaluer l’ensemble des désordres urinaires, digestifs et sexuels, il est aussi fortement recommandé d’évaluer le tonus du sphincter anal et l’ensemble des fonctions de pelvis (niveau d’accord fort) [1].

Pour le bilan diagnostic paraclinique l’EAU recommande d’effectuer une enquête urodynamique pour détecter et préciser le type de dysfonctionnement.

Il ne faut pas hésiter de la répéter car il est crucial dans la décision thérapeutique ; de préférence la vidéo-urodynamics. Si ce n’est pas disponible, effectuer un cystomanométrie à flux continu en reproduisant les conditions physiologiques lors du test en utilisant un liquide salin chauffé.

Les tests non invasifs sont réalisés avant un bilan urodynamique invasif. (Échographie, AUSO, clearance de créatinine) niveau d’accord fort [1].

Prise en charge

Dès le début du 21ème siècle beaucoup d’urologues s’intéressent à cette pathologie et la prise en charge est devenue pro active [4].

L’objectif de la prise en charge est double : prévenir les complications, assurer le maximum d’autonomie et de confort garant de meilleure qualité de vie [5].

On constate que le décès par complication urologique chez les blessés médullaires avait diminué de 22 à 9% en deux décennies [6]. La priorité pour ces patients est d’assurer une qualité de vie soulignée par des publications récentes [7,8]. Et actuellement on parle même de la réinsertion socioprofessionnelle [9].

Selon l’AFU 2007 la synthèse thérapeutique comprend le choix mictionnel optimal après avoir réalisé la synthèse pré-thérapeutique et l’information du patient tout en privilégiant les traitements réversibles avec progression dans l’agressivité des traitements [4].

Traitements conservateurs

Les traitements conservateurs types mictions reflexes par pression ou par stimulation ne sont plus recommandés actuellement. Il y a un bénéfice certain pour les techniques rééducatives.

L’EAU recommande en 2018, avec un accord fort, que les anticholinergiques sont le traitement de première ligne pour l’hyperactivité detrusorienne et ils sont déconseillés si hypotonie detrusorienne. Si mauvaise tolérance l’instillation intra vésicale d’oxybutinine est recommandée [1.4].

Les alphas bloquants sont utilisés pour réduire les résistances sous-vésicales [1.4].

Autres traitement médicaux proposés dans le rapport du congrès de l’AFU 2007, d’efficacité moindre et un niveau de preuve faible (anti dépresseurs, les betas adrénergiques, capsaicine, lidocaïne, desmopressine), qui ne sont même pas évoqués dans les guidelines 2018 de l’EAU.

On s’intéresse actuellement à la gestion de l’intestin neurologique qui accompagne la vessie neurologique. Le trouble du transit qui est l’une des causes majeures d’altération de la qualité de vie des blessées médullaires. Preuve apporté par l’analyse de score de la qualité de vie [10.11].

La preuve de ces désordres est prouvée grâce aux travaux de Trivedi et al. Qui ont démontré la différence manométrique anorectale dans les différents niveaux de lésions supra ou infrasacrale [12]. Les symptômes les plus altérants de la qualité de vie sont la douleur abdominale et la difficulté d’évacuation intestinale [13], d’autres ont rapportés d’autres symptômes plus communs : constipation, incontinence fécale, épreinte [14.15].

Le groupe de travail SIU-ICUD joint consultation on urologic management of the adult spinal cord injury patient et publié sur un article juin 2018 intitulé Neuroge- nic bowel management for the adult spinal cord injury où figurent des recommandations pour la gestion des troubles de transit du blessé médullaire:

  • L’impact sur la qualité de vie des patients doit être cherché par le cliniciens par des questionnaires valides pour établir un plan thérapeutique.
  • Il faut recommander un régime pauvre en fibre pour réduire le temps de transit du bol alimentaire dans le colon.
  • Le lavement rectal est un moyen pour la constipation réfractaire.
  • La colostomie doit être discutée si les moyens conser- vateurs s’avèrent inefficace [16].

L’autosondage intermittent

Indications

Grâce aux travaux de Lapides et al, les premières recommandations apparues – AFU 2002 considèrent l’autosondage intermittent comme la méthode de choix dans la gestion des troubles urinaires d’origine neurogénique [17].

Dans l’évaluation de la vessie neurologique et des dysfonctionnements vésico-sphinctériens dans leur versant thérapeutique, le meilleur procédé de prise en charge est l‘autosondage intermittent [9], actuellement adoptée par l’ensemble des sociétés savantes avec un accort fort d’emblée comme mode de drainage vésical de référence (AFU, EAU , SIFUD-PP, SACU) [1.18.19.20.21.22.23.], pour le blessés médullaires c’est le Gold Standard actuellement [24.25], il assure une meilleure protection du haut appareil urinaire et favorise l’autonomie du patient [26], il est préféré à chaque fois que possible au sondage à demeure ou le cathéter sus pubien et il doit être privilégié à l’ hétéro- sondage [1.23.28].

L’autosondage offre le meilleur rapport coût/efficacité pour la Sécurité Sociale ainsi qu’une réinsertion socio- professionnelle des patients [9.30].

Les indications de l’autosondage intermittent sont devenues larges, et elles dépassent les manœuvres et moyens de vidange vésicale dans la classique vessie neurologique rétentionniste. Vers la rétention aigue d’urine surtout si un drainage au long cours est prévu. L’hypertrophie bénigne de prostate n’exclue pas du champ d’application de l’autosondage intermittent.

Pour le sujet âgé il n’y a pas de frein à l’autosondage mais en tenant compte des fonctions physiques et cognitives du patient [23]. Donc il faut prendre en compte les aptitudes motrices, sensitives, visuelles et cognitives du patient [27].

L’autosondage n’est envisagé qu’à partir de l’âge de 6 à 7 ans, en collaboration avec l’encadrement socio éducatif d’une façon progressive en chevauchant des périodes d’auto et hétéro sondage [28]. Car souvent mauvaise acceptation des sondages intermittents par l’enfant [28].

La formation du personnel

Il a été convenu qu’il est nécessaire d’entamer et de poursuivre l’information et la formation du personnel médical et paramédical pour l’éducation thérapeutique des patients souffrant des vessies neurologiques, l’éducation étant le facteur clé pour une prise en charge optimale [9].

Les médecins généralistes ont besoin d’une formation complémentaire sur le rôle de l’autosondage « propre » dans la prévention des infections urinaires. S’appuyant sur les recommandations, une synthèse pratique de la conduite à tenir devant une colonisation, une infection urinaire et avant un geste urologique est proposée [31]. Ce mode mictionnel doit être connu des médecins généralistes qui assurent le suivi à domicile de ces patients [32].

Plusieurs méthodes d’éducation thérapeutique ont été développées pour les blessés médullaires avec proposition même de modèles d’éducation interactive par internet [33.34.35].

L’enseignement de l’autosondage est une évidence, nécessitant des structures et un personnel spécifiquement formé à cette éducation thérapeutique. L’analyse de la faisabilité, de l’acceptation immédiate et de l’observance à moyen et long terme, nécessite une démarche éducative structurée ciblée sur la compréhension, la réalisation et le suivi de l’adaptation de l’autosoin qu’est l’auto-sondage.

Mais pour le futur, l’ETP-AS offre un champ de recherche non exploité, où les professionnels de santé

impliqués dans la prise en charge et le suivi des vessies neurologiques seront amenés à évaluer à la fois le processus et l’efficacité des programmes d’ETP-AS, d’une manière objective et scientifique par des études randomisées [36.37].

La sonde préconisée et satisfaction

La sonde préconisée et indiquée est la sonde hydrophile auto lubrifiée [9]. Chez l’enfant il faut penser à adapter la taille de la sonde à l’anatomie de l’enfant [23]. Une étude a rapporté que l’augmentation de charrière était significativement associée à une augmentation du débit moyen, ce qui pourrait aider le clinicien à adapter le matériel prescrit pour l’autosondage selon les besoins des patients [38].

Une étude pilote a ainsi été réalisée pour dire que le questionnaire spécifique nommé InCaSaQ (Intermittent Catheterization Satisfaction Questionnaire) est un test simple valide et reproductible pour l’évaluation de la satisfaction du patient utilisant l’autosondage intermittent. Il est utile lors de l’apprentissage ou lorsque le patient est revu après un certain temps d’utilisation. Ce questionnaire est aussi utile pour comparer différents cathéters entre eux [39].

L’InCaSaQ et l’ICAS (Intermittent Catheterization Adherence Scale) sont des outils qui peuvent être utilisés chez l’enfant sous auto-sondages ou hétéro-sondages mais ce questionnaire reste à valider chez l’enfant [40].

Protocole

La fréquence indiquée des sondages est de 5 sondes par jour, avec des sondes hydrophiles à usage unique. Ce qui permet une Autonomie Mobilité Morbidité moindre [9].

Il est recommandé de ne pas descendre au dessous de 4 sondages par jour, avec des volumes recueillis inférieurs à 500 ml, une diurèse supérieure à 1,5 L par jour [41].

Seuls les praticiens spécialistes assurant la prise en charge de la vessie neurologique et des dysfonctionnement vésico-sphinctériens sont habilités à prescrire le sondage intermittent [9].

Traitements mini invasifs

La toxine botulique a obtenu l’AMM en France en 2011. Elle est fortement recommandée dans l’hyperactivité du détrusor si les antimuscariniques s’avèrent inefficaces (EAU 2018, accord fort) [1], une primo injection recommandée est de 200 UI.

La limite de la toxine botulique est l’échappement thérapeutique.

Des études se dirigent vers la comparaison de la dose de primo injection de 200 vs 300 ui sur l’échappement et l’analyse de l’évolution du handicap comme dans le sep qui amène à l’échec thérapeutique [42].

L’injection de toxine botulique semble moins efficace dans la dyssynergie vésico sphinctérienne que l’injection intra-detrusorienne [43]. La neurostimulation transcutanée et la neuromodulation sont des méthodes d’efficacité certaines dans l’hyperactivité detrusorienne non neurologique mais les résultats sont aléatoires si cause neurologique [1].

L’incision du col de la vessie est fortement recommandée dans les fibroses du col de la vessie (EAU 2018, accord fort) [1] .On a rapporté dans une étude rétrospective monocentrique sur 24 patients qui ont une dyssynergie vésico-sphinctérienne que les incisions au laser Green- lightTM et Holmium sont des nouveautés qui s’avèrent efficaces, avec moindre morbidité. Mais sa place reste à définir. Les augmentations de la capacité vésicale sont recommandées pour les hyperactivités detrusoriennes réfractaires [44].

L’incontinence urinaire neurogène peut indiquer chez la femme un soutènement sous urétrale et chez l’homme un sphincter artificiel (EAU 2018, accord fort) [1].

Traitement chirurgical

La vessie d’agrandissement est recommandée si diminution de la capacité vésicale et/ou la compliance vésicale et/ou hyperactivité detrusorienne rebelle au anticholinergique, la toxine botulique ou la neuromodulation [45.46.47.48].

L’EAU recommande fortement l’agrandissement de vessie pour les hyperactivités detrusoriennes neurologiques réfractaires (EAU 2018, accord fort [1]. L’iléon est le segment digestif préférable [49].

Dans des situations, la cystectomie avec dérivation non continente reste le seul moyen thérapeutique possible. C’est le cas des pathologies neurodégénératives ou l’autosondage est impossible par altération des fonctions cognitives ou motrices [50], mais doit toujours être remise en question chez le neurologique car à très haut risque de complications [46], la dérivation continente type Monti, Casale ou Mitrofanoff, doit être proposée à chaque fois si possible [51], le bénéfice de cette dérivation continente est l’amélioration de la qualité de vie des patients en procédant à l’autosondage [52].

Gestion des infections urinaires

L’infection urinaire est fréquente dans la vessie neurologique [53].

L’incidence annuelle est de 20 à 74% [73], la sélection de bactéries multirésistantes par prescription abusive d’antibiotiques peut atteindre une prévalence de 41,8 % lors des septicémies à point de départ urinaire dans cette population [17].

Il est recommandé de ne pas traiter les bactériuries asymptomatiques, ni de réaliser une antibioprophylaxie et d’éviter d’utiliser une antibiothérapie au long cours pour traiter les infections urinaires. Si infection urinaire récidivante il faut chercher à extraire tout corps étranger du tractus urinaire et optimiser le traitement antibiotique (EAU 2018, accord fort) [1].

Des études sont montré que la prise d’antibiotique hebdomadaire séquentielle alternée est efficace pour limiter les infections urinaires multirésistantes [54.55.56].

La perspective de prévention des infections urinaires se dirige vers l’interférence bactérienne : inoculation intra vésicale d’une souche bactérienne non pathogène qui entre en compétition avec les bactéries pathogènes présentes. Cette souche non pathogène permet l’élimination de la souche pathogène et prévient ainsi des IU symptomatiques ; et on a mis le point récemment sur la faisabilité et l’efficacité de la technique dans la diminution de l’infection urinaire dans la vessie neurologique [57]. L’ECBU et l’antibiothérapie sont nécessaires s’il y a des signes cliniques d’infections urinaires [9].

Suivi

La revue de la littérature actuelle montre qu’il n’y a pas consensus clair parmi les auteurs pour le suivi urologique [58.59].

Le suivi doit être régulier et adaptée au patient, surtout chez ceux qui présentent initialement des facteurs de risque ou ont déjà développé des complications. Les recommandations des sociétés savantes concernant la stratégie du suivi ne sont pas applicables forcement sur d’autres pays. L’EAU 2018 ne fixe pas un délai précis pour l’évaluation du haut appareil urinaire, le bilan urodynamique, sauf pour l’examen physique et l’ECBU ou un délai de 12 mois est prononcé (accord fort) [1].

La société algérienne de chirurgie urologique recommande une périodicité des bilans et des prescriptions de 6 à 12 mois sauf en cas de complications, et basé sur l’examen clinique, l’imagerie du haut appareil urinaire, l’ECBU et un bilan urodynamique annuel. Toute manifestation clinique doit faire réaliser une investigation approfondie [9].

L’évaluation de la fonction rénale est essentielle dans le suivi, pour la mesurer il faut se baser sur les examens biologiques habituels, l’échographie ne peut être un examen fiable pour cette évaluation [60].

Une étude rétrospective publiée en octobre 2017 a confirmé le taux élevé de tumeurs de vessie de mauvais pronostic d’emblée infiltrantes et à différenciation épidermoïde. Une tumeur sur 4 est diagnostiquée avant 15 ans d’évolution de la vessie neurologique ce qui peut justifier un suivi régulier par imagerie, endoscopie et cytologie urinaire précoce chez ces patients. Mais ces résultats restent à valider [61].

Pronostic

Le pronostic est tout d’abord en rapport avec la survenu de complications, l’objectif est d’avoir une vessie à basse pression vidée régulièrement sans drainage à demeure, le deuxième élément pronostique est l’altération de la qualité de vie, l’objectif est d’assurer une continence et une autonomie satisfaisante [62].

Les atteintes sexuelles et digestives sont fréquentes [63]. La restauration d’une sexualité, d’une fertilité, d’un contrôle de la continence et de l’exonération fécale sont également des paramètres pronostiques majeurs de la qualité de vie [62].

Conclusion

On a pu récemment codifier et simplifier les recommandations au sujet de la prise en charge des vessies neurologiques dans les pays développés. Mais le problème d’accès aux examens radiologiques, biologiques et au bilan urodynamique constitue un véritable problème de prise en charge dans les pays moins développés, d’autant plus qu’on s’est rendu compte actuellement que le pronostic de la vessie neurologique est conditionné par la qualité de prise en charge et la prévention de ces complications [64.65].

Selon une méta-analyse récente, l’ensemble des médecins sont en ligne avec les recommandations mais avec des divergences [64]. Les perspectives se dirigent vers la rédaction de recommandations sur-mesure adaptées à chaque région du monde selon les conditions d’accès aux soins [66].

Il est clair que l’auto-sondage intermittent est le mode de drainage de choix, il doit remplacer rapidement le sondage à demeure dans toutes les situations pathologiques possibles, en prêtant attention à l’enfant et au sujet âgé. Des programmes de formation destinés aux personnels de soins sont disponibles, avec implication directe du médecin généraliste. Le protocole de prescription est bien codifié ainsi que celui du suivi. Le choix de la sonde se fait en concertation avec le malade et en analysant les résultats des questionnaires de la satisfaction.

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Premature ejaculation: news in pathophysiology, diagnosis and treatment. (FMC)

D.H. TALEB-BENDIAB, Service d’Urologie, CHU Benaouda Benzerdjeb, Oran.

Résumé : L’éjaculation précoce est un trouble sexuel souvent mal vécu par le couple entrainant une plainte masculine récurrente avec un sentiment d’insatisfaction. Malgré sa forte prévalence et sa longue histoire, l’ambiguïté concernant la définition, l’épidémiologie et la prise en charge de l’éjaculation précoce continue. Elle est carac- térisée par des hypothèses physiopathologiques et étio- logiques complexes dont la compréhension et la prise en charge ont connu un développement considérable durant les deux dernières décennies. Plusieurs volets thérapeutiques pharmacologiques et comportemen- taux ont été mis au point pour améliorer et diminuer l’incidence de celle-ci.

Mots-clés : Éjaculation précoce, définition, anxiété, sexologie, inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine.

Key-words : Premature ejaculation, definition, anxiety, sexology, selective serotonin reuptake inhibitors.

Introduction

L’éjaculation précoce (EP) est un trouble sexuel qui ré- pond à trois critères [1] : une éjaculation rapide, un sentiment de manque de contrôle de celle-ci et une détresse relative à la situation.

Bien que l’éjaculation précoce ait été décrite pour la pre- mière fois il y a plus d’un siècle [2], la manière de diagnostiquer le trouble diffère toutefois selon les auteurs et selon le sujet concerné.

l’Association Psychiatrique Américaine (APA) [3], ou l’Association Urologique Américaine (AUA) [4], associent aux facteurs subjectifs certaines conditions propres à la personne.

Non seulement l’éjaculation doit survenir avant que la personne ne le désire mais aussi avant, pendant ou juste après l’intromission.

Bien que l’expression « juste après l’intromission » puisse se prêter à des interprétations plus ou moins laxistes, la formulation invite à considérer une durée maximale de pénétration (incluant le paramètre temps de latence éjaculatoire intra-vaginal minute [3], (IELT) qui varie de 1 à 7 minutes selon les auteurs).

Par ailleurs, les définitions de l’APA et de l’AUA diffèrent l’une de l’autre quant aux critères d’exclusion du diagnostic.

L’APA exclut les problèmes de rapidité éjaculatoire manifestement dus à une affection somatique, une infection urogénitale par exemple, ou à des facteurs pharma-cologiques, comme un sevrage aux opiacés.

L’AUA quant à elle ne retient pas ces critères d’exclusion. Elle invite par contre à ne pas considérer comme EP des problèmes de rapidité principalement imputables à un dysfonctionnement sexuel féminin, il s’agit dans ce cas plutôt d’une difficulté qu’aurait la partenaire à atteindre l’orgasme malgré des stimulations « appropriées ».

Le trouble touche environ 2 à 23 % de la population masculine [5], mais les estimations varient énormément en fonction des méthodologies adoptées et des popula- tions considérées.

Étiopathogénie :

Plusieurs facteurs de risque simples et complexes agissent de façon plus ou moins intriquée dans les mé- canismes de l’éjaculation précoce.

1.  Facteurs neuro-biologiques :

Certains neuro-médiateurs agissent sur l’éjaculation [1] : on connaît l’implication des voies centrales sérotoninergiques dans le réflexe éjaculatoire [6].

La dysrégulation dans la neurotransmission séroto- ninergique centrale est supposée être l’un des facteurs étiologiques sous-jacents à l’éjaculation précoce.

La sérotonine est le neurotransmetteur le plus impor- tant dans le contrôle de l’éjaculation et son impact sur l’éjaculation a été démontré dans des modèles animaux et humains.

Plus spécialement, il semble que les produits stimulant les récepteurs 5-HT2c retardent l’éjaculation tandis que ceux qui agissent sur les récepteurs 5-HT1a l’accélèrent. Les neurones dopaminergiques jouent vraisemblable- ment aussi un rôle [7], et des recherches ont été menées qui laissent suspecter la participation de certains récep- teurs de l’ocytocine [8].

La sensibilité de ces systèmes neurophysiologiques est variable d’un individu à l’autre, en fonction notamment de facteurs génétiques [9].

2.  L’apprentissage :

Aujourd’hui, l’idée serait plutôt que l’EP se doit moins à des apprentissages dysfonctionnels spécifiques qu’à un défaut d’apprentissage [1].

En réalité, aucune étude n’est jamais parvenue à démon- trer que les hommes avec EP se distinguaient des autres par des circonstances de vie susceptibles de les avoir conditionnés à la vitesse. Ils ne semblent, par exemple, ni plus ni moins que les autres ont dû réaliser leurs pre- mières expériences sexuelles dans des conditions précaires d’intimité.

3.  L’anxiété :

L’effet perturbateur de l’anxiété sur une tâche tierce est un phénomène établi [10]. Il semble raisonnable d’élar- gir le raisonnement aux tâches à caractère sexuel. Il est certes logique d’imputer à l’anxiété un effet accélérateur de l’éjaculation, parce qu’elle provoque une suractivation du système nerveux orthosympathique, qui est lui- même impliqué dans le réflexe d’émission spermatique [11].

1.  Fréquence éjaculatoire :

Une fréquence éjaculatoire insuffisante pouvait réduire les délais d’éjaculation [12].

2.  Culture et cognitions :

Les contraintes socio-culturelles, les façons d’aborder le problème interviennent impérativement dans l’approche et l’acceptation du trouble sexuel.

Le prolongement de la pénétration vaginale et du coït n’a pas le même sens selon le ou la partenaire.

La diversité du temps de latence et du coït varie selon les régions et les pays [13].

3.  Facteurs biomédicaux :

Certaines endocrinopathies tel que l’hyperthyroïdie, les infections uro-génitales, les dysfonctions érectiles, le sevrage des opiacés ont été incriminés de même que l’obésité, les troubles neurologiques et le sevrage de cer- tains anti-dépresseurs [14].

Les conséquences de l’éjaculation précoce :

On note une baisse de la confiance en soi et accentua- tion de l’anxiété avec dégradation de la qualité de vie sexuelle et relationnelle pouvant évoluer au maximum vers la dépression et l’évitement, voire le dégoût de l’acte sexuel [15].

Traitements :

1. La psychothérapie :

La psychothérapie peut aider les hommes à améliorer leurs compétences sexuelles et leur permettre de contrôler leur éjaculation.

De plus, l’élargissement des connaissances sexuelles d’un homme atteint d’éjaculation précoce peut l’aider à augmenter sa confiance sexuelle et à réduire son anxiété de performance.

Plus important encore, la psychothérapie peut résoudre des problèmes psychologiques et personnels qui peuvent être la cause et/ou le résultat d’une éjaculation prématurée [16].

2.  Les traitements comportementaux :

La technique de la pause [17], appelée également « stop- and-start » : dans cette méthode, il est demandé à la partenaire de masturber le patient jusqu’à ce que celui-ci ressente une excitation proche de l’éjaculation.

La stimulation est alors arrêtée (stop) jusqu’à ce que l’ex- citation ait sensiblement diminué, puis elle est reprise (start) et de nouveau arrêtée avant que ne survienne l’éjaculation. L’opération se répète ainsi à plusieurs re- prises avant de permettre à l’homme d’éjaculer. L’exer- cice est renouvelé régulièrement jusqu’à ce que le patient parvienne à différer son éjaculation.

1.  Anesthésiques topiques :

L’hypersensibilité du gland du pénis est un autre des facteurs étiologiques proposés dans la physiopathologie de l’éjaculation précoce [18]. Par conséquent, l’utilisation d’anesthésiques topiques pour diminuer la sensibilité du gland du pénis était l’une des premières alternatives de traitement pharmacologique pour l’éjaculation précoce [19].

La crème de lidocaïne-prilocaïne est l’anesthésique local le plus étudié pour traiter l’éjaculation prématurée. Un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé par pla- cebo a démontré que la crème de lidocaïne-prilocaïne à 5% augmentait significativement l’IELT lorsqu’il était appliqué pendant 20 minutes avant les rapports sexuels [20].

Une autre étude contrôlée a montré qu’une combinai- son de sildénafil et de crème de lidocaïne-prilocaïne est supérieure au placebo, et soit en monothérapie, dans le traitement de l’éjaculation précoce [21].

Un spray contenant de la lidocaïne/prilocaïne récem- ment développé a montré une augmentation de 6, 3 fois de l’IELT et une amélioration des mesures de contrôle et de satisfaction sexuelle rapportées par les patients [22].

Un autre agent anesthésique topique développé pour l’éjaculation précoce est la crème SS, qui est faite à partir des extraits de neuf herbes [23]. Une étude bien contrôlée a montré que la SS-crème augmentait l’IELT de 1,37 à 10,92 minutes et que 82% des patients rapportaient une satisfaction sexuelle améliorée [24].

Les effets secondaires fréquemment rapportés com- prennent l’hypoanesthésie pénienne et le transfert à la partenaire, entraînant un engourdissement vaginal et une anorgasmie féminine secondaire, à moins qu’un préservatif ne soit utilisé.

2.  Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) :

L’introduction d’antidépresseurs tricycliques et d’ISRS pour le traitement de l’éjaculation précoce a révolution- né notre compréhension de ce problème et complète- ment modifié sa gestion.

Ces médicaments bloquent la recapture axonale de la sérotonine par la fente synaptique et augmentent la neurotransmission 5-HT grâce à une stimulation accrue des récepteurs 5-HT de la membrane post-synaptique. Aujourd’hui, la plupart des patients atteints d’éjacula- tion précoce sont traités avec des ISRS à la demande (dapoxétine), ou avec des doses quotidiennes de paroxé- tine, de clomipramine, de sertraline, de fluoxétine ou de citalopram [25].

Un traitement quotidien par la paroxétine 10-40 mg, la clomipramine 12,5-50 mg, la sertraline 50-200 mg, la fluoxétine 20-40 mg et le citalopram 20-40 mg est généralement efficace pour retarder l’éjaculation.

Parmi ces agents, la paroxétine semble exercer le retard le plus prononcé de l’éjaculation, augmentant l’IELT d’environ 8,8 fois par rapport à la ligne de base [26]. Une amélioration de l’IELT peut survenir dans les 5 à 10 jours suivant le début du traitement, mais un minimum de 2 à 3 semaines est nécessaire pour observer l’effet thé- rapeutique maximal.

Les effets secondaires rapportés sont généralement mineurs, peuvent commencer au cours de la première semaine de traitement et peuvent disparaître graduelle- ment dans les 2-3 semaines [27].

Ces effets secondaires incluent la fatigue, le bâillement, la nausée légère, la diarrhée, l’insomnie et la constipa- tion. La baisse du désir et la dysfonction érectile sont également rapportés [28].

Il convient de noter que les ISRS doivent être utilisés avec prudence chez les patients atteints d’éjaculation précoce qui désirent la fertilité, car ces médicaments sont associés à une altération des paramètres du sperme [29].

Les patients avec EP peuvent ne pas adhérer au traite- ment d’ISRS pour des raisons diverses en particulier leur propriétés anti-dépressives.

La dapoxetine est un ISRS à action rapide avec une courte demi-vie qui a été le premier médicament oral approuvé pour le traitement de l’éjaculation précoce. Son profil pharmacocinétique permet son utilisation à la demande.

Dans plusieurs études bien contrôlées, la dapoxétine 30 mg ou 60 mg (prise 1 à 2 heures avant le rapport sexuel) augmente les IELT 2,5 et 3,0 fois et améliore les mesures de résultats rapportées par les patients [30].

Les effets secondaires liés au traitement étaient rares, dépendants de la dose et comprenaient des nausées, de la diarrhée, des maux de tête et des étourdissements.

L’utilisation d’antidépresseurs n’est pas sans risques. Bien que le risque d’idées suicidaires chez les jeunes adolescents souffrant de troubles dépressifs et/ou anxieux

augmente légèrement avec le traitement par ISRS [31], un tel risque n’a pas été détecté dans les études ISRS chez les hommes adultes ayant une éjaculation précoce [32].

Cependant, les médecins doivent être conscients de ce risque tout en prescrivant des antidépresseurs aux pa- tients atteints d’éjaculation précoce.

1.  Le tramadol :

C’est un analgésique opioïde à action centrale, et plu- sieurs études ont démontré qu’il peut augmenter l’IELT lorsqu’il est administré quotidiennement ou à la de- mande [33]. Plusieurs études cliniques bien contrôlées ont confirmé que le traitement au tramadol à 25-100mg entraîne une augmentation de 2,4 à 12,6 fois de l’IELT par rapport au départ [34].

Bien que le tramadol puisse être considéré comme une option efficace pour le traitement de l’éjaculation pré- coce, le risque de dépendance et ses effets secondaires limitent son utilisation répandue. La somnolence, le prurit, les vertiges, la sécheresse de la bouche, les nau- sées et les vomissements sont des effets indésirables fré- quemment observés avec l’utilisation du tramadol, dont la gravité dépendait de la dose [35].

Plus important encore, la combinaison du tramadol avec un ISRS peut entraîner un syndrome sérotoninergique potentiellement mortel, ce médicament ne doit donc être utilisé qu’avec prudence chez certains patients [36].

  • Inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 : Bien que l’efficacité des inhibiteurs de la phosphodiesté- rase de type 5 dans le traitement de l’éjaculation précoce

ait été étudiée par plusieurs auteurs [37], ils jouent égale-

ment un rôle limité dans la prise en charge de l’éjacula- tion précoce chez les hommes atteints de dysfonction érectile comorbide.

Les hommes qui se sont habitués à éjaculer rapidement en raison d’une érection insuffisante peuvent avoir une amélioration de leur éjaculation précoce sous traite- ment par inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5.

3.  Autres médicaments et traitements :

La dopamine et l’ocytocine semblent avoir un effet sti- mulant sur l’éjaculation [38]. Lorsqu’elle a été administrée dans les ventricules cérébraux de rats mâles, l’ocyto- cine s’est avérée réduire la latence de l’éjaculation et la période réfractaire post-éjaculatoire [39].

Une étude récente a démontré qu’un antagoniste de l’ocytocine non peptidique hautement sélectif peut inhi- ber l’éjaculation lorsqu’il est administré à la fois en péri- phérie et au centre [38], ce qui peut être une alternative

prometteuse pour le traitement de l’éjaculation précoce. Cependant, de futurs essais humains bien conçus sont nécessaires pour confirmer que les récepteurs d’ocyto- cine sont des cibles futures pour la pharmacothérapie de l’éjaculation précoce.

Différentes alternatives de traitement ont été introduites pour le traitement de l’éjaculation précoce.

Dans un essai randomisé contre placebo, il a été démon- tré que le traitement par acupuncture retardait effica- cement l’éjaculation, comparativement au placebo [40]. Cependant, les auteurs ont également noté que l’acu- puncture était moins efficace que le traitement paroxe- tine quotidien. Plusieurs autres auteurs ont étudié l’im- pact de l’ablation et de la modulation du nerf pénien dorsal [41].

Récemment, des études [42] ont évalué le rôle de l’abla- tion par radiofréquence pulsée percutanée des nerfs péniens dorsaux bilatéraux dans le traitement de l’éja- culation précoce.

De même, ils ont noté que l’IELT moyen était signifi- cativement augmenté chez les hommes ayant une éja culation précoce. En dépit de ces résultats prometteurs, la nature invasive et irréversible de ces procédures doit être considérée avant de recommander ces modalités aux patients en éjaculation précoce, et d’autres essais cli- niques sont nécessaires pour évaluer leur innocuité et leur efficacité à long terme.

Conclusion :

L’éjaculation précoce reste donc un trouble sexuel com- plexe dont la compréhension de sa pathogénie et sa prise en charge est riche et multifactorielle.

L’élaboration de lignes directrices ou de guidelines est un processus évolutif qui examine continuellement les données et intègre les meilleurs résultats des recherches dans le domaine.

La recherche en cours mènera probablement à une com- préhension plus complète de la physiopathologie ainsi que de nouveaux traitements efficaces et sans dangers pour l’éjaculation précoce.

Par conséquent, il est fortement recommandé que ces directives soient réévaluées et mises à jour par les sociétés savantes.

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Male infertility

M. BENATTA, Université Djillali Lyabes, CHU Abdelkader Hassani, Sidi Bel Abbès

Abstract : We talk about male infertility in a man who can not reproduce in a couple after one year of regular sexual intercourse without means of contraception, it is a cause of infertility of the couple in 20% of cases. The first consultation for infertile man involves a clinical examination by an interrogation, an oriented clinical examination and a spermogram which will inform about the abnormalities of spermatozoa in terms of quantity (counting), quality (mobility, vitality, morphology), and the spermatic liquid (quantity, PH, chemical composition). In case of sexual dysfunction, symptoms of endocrinopathy and in cases of oligoazoospermia or azoospermia, endocrine evaluation (testosterone and FSH) is performed. Scrotal ultra- sonography is systematic, it can eliminate a cancer and can be coupled to vascular Doppler. Ultrasound of the prostate and the seminal vesicles finds its place in case of decrease of the volume of the ejaculate and in case of suspiscion of an excretory obstructive cause. The main causes of male infertility are obstructive (infectiou -mal-formative),  secretory  (central-peripheral),  or  vascular, and the treatment of these causes improves the chances of spontaneous procreation. In case of failure or impossibility of etiological treatment, medical assistance to procreation is proposed.

Key-words : Infertility, spermogram, medical assistance to procreation.

Résumé : On parle d’infertilité masculine chez un homme qui n’arrive pas à procreer dans un couple au terme d’un an de rapport sexuels réguliers sans moyens de contraception. Elle constitue une cause d’infertilité du couple dans 20 % des cas. La premiere consultation de l’homme infertile comporte une exploration clinique par un interrogatoire, un examen clinique orienté et un spermogramme qui renseignera sur les anomalies des spermatozoïdes sur le plan quantitatif (numération) et/ou qualitatif (mobilité, vitalité, morphologie), et/ ou le liquide spermatique (quantité, PH, composition chimique). En présence de dysfonction sexuelle, de symptômes d’endocrinopathie et en cas d’oligo-azoos- permie ou d’azoospermie, on réalise une évaluation endocrinienne (testostosterone et FSH). Quant à l’échographie scrotale, elle est systématique, car elle peut éliminer un cancer associé et peut être couplée au doppler vasculaire. L’échographie de la prostate et des vésicules seminales trouve sa place en cas de diminution du volume de l’ejaculat, et en cas de suspiscion d’une cause obstructive excrétoire. Les causes principales de l’infertilité masculine sont obstructives (infectieuses – malformatives), sécretoires (centrales-périphériques), ou vasculaires, et le traitement de ces causes améliore les chances de procréation spontanée. En cas d’echec ou d’impossibilité de traitement étiologique, l’assistance médicale à la procréation est proposée.

Mots-clés : Infertilité, spermogramme, assistance médicale à la procréation.

Le système reproducteur masculin est constitué de deux testicules avec deux épididymes contenus dans les bourses, et un système de conduits et de glandes accessoires (prostate, vésicules séminales), qui s’ouvrent dans des canaux, lesquels débouchent dans l’urètre prostatique de part et d’autre du vermontanum.

Le système reproducteur est contrôlé par la glande pituitaire et l’hypothalamus, situés à la base du cerveau, ces glandes contrôlent la production d’hormones mâles et de sperme par l’intermédiaire de l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone stimuline folliculaire (FSH).

Les testicules produisent les spermatozoïdes et la testostérone qui est l’hormone sexuelle masculine et il faut environ 70 jours pour que le sperme devienne mature et capable de féconder un ovule.

Les spermatozoïdes libérés des testicules passent de deux à quinze jours dans l’épididyme où ils gagnent la capacité de se mobiliser, de s’attacher et de pénétrer dans l’ovule, cette capacitation se fait grâce à la production par l’épididyme de la carnitine libre, l’alpha 1-4 glucosidase, et de la glycéro-phosphoryl-choline, d’où le fait que ces trois molécules sont considérées comme les marqueurs biochimiques epididymaires (1).

Au moment de l’éjaculation, les contractions musculaires transportent le sperme, des testicules au canal déférent, puis vers l’urètre, au même moment la prostate libère une sécrétion acide, riche en zinc, magnésium, acide citrique et phosphatases acides. Quant aux vésicules séminales, elles excrètent un liquide alcalin, riche en fructose et prostaglandines (2).

Ces deux liquides ont des propriétés antibactériennes et anti-oxydantes qui contribuent à protéger le sperme.

L’Organisation Mondiale de la Santé définit l’infertilité masculine comme une incapacité à concevoir une grossesse dans un couple après 12 mois de rapports sexuels non protégés. Par ailleurs l’infertilité du couple est d’origine masculine dans un tiers des cas et dans un autre tiers d’origine mixte (3).

L’exploration de l’infertilité masculine comporte une exploration clinique et une exploration paraclinique. L’exploration clinique de l’homme infertile est capitale et irremplaçable, elle comporte un premier interrogatoire à la recherche des antécédents d’infertilité dans la famille, des facteurs de risque d’infertilité tels que la cryptorchidie, le traumatisme testiculaire, la torsion du cordon spermatique, l’infection urogénitale, la hernie inguinale, et la cure d’hydrocèle.

L’interrogatoire recherchera aussi une notion de prise médicamenteuse, de diabète, d’endocrinopathie, de cancer, de radiothérapie, de chimiothérapie, et une éventuelle exposition à des facteurs professionnels tels que la chaleur, les irradiations, les produits toxiques.

L’examen physique de l’homme infertile doit évaluer les caractères sexuels secondaires en précisant la répartition de la graisse (gynoïde ou androïde), de la pilosité, et l’existence d’une éventuelle gynécomastie.

L’examen de la sphère génitale comporte l’examen du pénis, des testicules et du contenu scrotal à la recherche des anomalies de siège, de volume, de consistance des testicules, des épididymes, des déférents, et la recherche d’une varicocèle visible à l’examen clinique.

L’examen clinique est terminé par le toucher rectal qui apprécie la prostate, et recherche d’éventuels kystes palpables.

L’exploration paraclinique comporte un spermogramme, un test de post-coïtal, une échographie scrotale et endo-rectale, et une exploration endocrinienne et génétique dans certains cas. Le spermogramme est un examen complémentaire systématique chez tout homme infertile mais ne remplace en aucun cas l’interrogatoire et l’examen clinique. Cet examen du sperme est réalisé après 3 à 5j d’abstinence, 30 minutes après une éjaculation. Il renseigne sur les anomalies de volume, de composition, de quantité et de qualité des spermatozoïdes. S’il est anormal il doit être refait après 3 mois de préférence.

Les anomalies du spermogramme responsables d’infertilité masculine sont : l’oligospermie (diminution du nombre), l’azoospermie (absence totale de spermatozoïdes), l’asthénospermie (diminution de la mobilité), et la teratospermie (morphologie anormale).

Dans certains cas on pratique le test post coïtal de Hunner qui évalue le comportement des spermatozoïdes dans la glaire cervicale, l’échographie scrotale renseigne sur la présence d’éventuelles lésions cancéreuses testiculaires, et l’antenne endo-rectale est utile pour la recherche d’anomalies des vésicules séminales et des déférents (agénésie, kyste).

En cas de suspicion d’une éjaculation rétrograde, on réalise un examen des urines après une éjaculation à la recherche de spermatozoïdes dans l’urine.

L’exploration endocrinienne permet de classer l’étiologie de l’infertilité comme excrétoire ou sécrétoire, cette classification dépend du taux de FSH. S’il est normal, l’azoospermie est dite d’origine excrétoire, si ce taux est augmenté, l’azoospermie est d’origine sécrétoire périphérique, s’il est diminué, l’azoospermie est d’origine sécrétoire centrale.

En cas d’azoospermie sécrétoire ou d’oligospermie sévère, une exploration génétique s’impose à la recherche d’anomalies des chromosomes sexuels XY (syndrome de Klinfelter 47XXY), de Micro-délétions du chromosomes Y, en cas de mucoviscidose ou bien d’agénésie des canaux déférents, on recherchera une mutation du gène CFTR (ABCC7). L’infertilité masculine est causée par des problèmes de production de sperme : d’origine chromosomiques ou génétiques, des testicules non descendus, des infections, une torsion, une varicocèle, une prise de médicaments et produits chimiques, ou l’exposition à des rayonnements.

Des problèmes de transport de sperme d’origine infectieuse ou congénitale, absence de canal déférent. Des problèmes sexuels tels que l’éjaculation rétrograde ou prématurée, l’anéjaculation, la dysfonction érectile, une lésion de la moelle épinière, une chirurgie de la prostate, des lésions nerveuses, des problèmes hormonaux suite à une tumeur hypophysaire ou bien un déficit congénital de LH/FSH.

Le traitement de l’infertilité masculine est adapté à la cause. En cas d’obstruction, une chirurgie de désobstruction est pratiquée telle qu’une anastomose épididymo-déférentielle, une reperméabilisation des canaux éjaculateurs. En cas de varicocèle, une cure chirurgicale est indiquée.

L’assistance médicale à la procréation trouve sa place en cas d’échec, l’insémination intra-utérine de sperme en cas d’oligo6asthéno-spermie modérée (plus de 1 million de spermatozoïdes mobiles), sinon une fécondation in vitro et en dernier recours, l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) qui est une forme de FIV où un seul spermatozoïde est placé directement dans chaque ovule à travers sa paroi. Comme pour la FIV, après la fécondation, les embryons résultants sont ensuite placés dans l’utérus de la femme.

Enfin, les principales mesures de prévention sont l’arrêt du tabac et de l’alcool, la prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles, l’arrêt de prise de stéroïdes anabolisants pour la musculation ou à des fins sportives, et en cas de profession avec exposition aux agents thermiques et rayonnements, le port des vêtements de protection et le suivi des directives de sécurité au travail.

Figure 1 : Égulation hormonale des fonctions endocrines et exocrines;

Figure 2 : Arbre décisionnel devant une infertilité masculine

Références :

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Management of patients suffering from erectile dysfunction. Answers to practical questions

K. CHETTIBI, M.M. ATOUI, M. NOUACER, K. ATOUI, A. CHOUAKRIA, S. HAIAHEM S. ATIK, A. KHENNICHE, A. KADI, Service d’Urologie – Transplantation, Hôpital Ibn Rochd, CHU de Annaba.

Abstract : Today, erectile dysfunction is confirmed more as a reliable indicator of men’s health and a predictor of cardiovascular risk. For the last ten years, the offer of care accessible to patients suffering from erectile dysfunction has expanded. New elements previously not taken into account such as the role of the partner or the emotional disturbances are evoked and exposed because they complicate this type of pathology. We propose a review of the literature of what is today erectile dysfunction as well as the main lines of its management of first line. Through the state of the art, we present reasoned and analysed answers to practical questions that often come back during the process of well-managed erectile dysfunction.

Key-words : Erectile dysfunction, care, management of first line, cardiovascular risk, diabetes.

Résumé : Aujourd’hui, la dysfonction érectile se confirme davantage comme un indicateur fiable de la santé des hommes et un facteur de prédiction du risque cardio vasculaire. Depuis ces dix dernières années, l’offre de soins accessible aux patients souffrant de dysfonction érectile s’est élargie. De nouveaux éléments auparavant non pris en compte comme le rôle du partenaire ou les perturbations émotionnelles sont évoqués et exposés car ils viennent compliquer ce type de pathologie. Nous proposons une revue de la littérature de ce qui est aujourd’hui la dysfonction érectile ainsi que les grandes lignes de sa prise en charge de première ligne. A travers l’état de l’art, nous présentons des réponses argumentées et analysées à des questions pratiques et qui reviennent souvent au cours du processus de la prise en charge bien conduite d’une dysfonction érectile.

Mots-clés : Dysfonction érectile, prise en charge, traitement de première ligne, risque cardiovasculaire, diabète.

Introduction

La santé sexuelle conservée représente un élément important de la qualité de vie. Les problèmes sexuels sont souvent très mal supportés, avec répercussions sur l’humeur, la vie relationnelle dans les populations de patients exposés (diabétiques, hypertendus, patients souffrant d’affections cardiovasculaires.

Les données épidémiologiques récentes confirment leur fréquence qui reste sous-estimée par rapport l’hésitation des hommes à aller consulter et déclarer spontanément leur problème sexuel au médecin. La dysfonction érectile est également séquelle ou complication de certains traitements urologiques, le cancer de la prostate est incriminé par les effets secondaires de son traitement hormonal, la prostatectomie et la radiothérapie.

La dysfonction érectile est aujourd’hui considérée comme un marqueur fiable et un indicateur prédictif de l’état de santé d’un homme, son dépistage nous oriente sur son existence et sur la pathologie sous jacente en particulier cardiovasculaire.

Durant cette dernière décennie, l’offre de soins accessibles aux patients souffrant de dysfonction érectile s’est élargie. Nos prises en charge se sont orientées vers des éléments auparavant non pris en compte comme le rôle de la partenaire ou les perturbations émotionnelles compliquant cette pathologie. Ce document expose d’une manière générale et succincte les connaissances actuelles sur la prise en charge de première intention d’une dysfonction érectile, et d’une manière spécifique les approches des situations particulières pouvant nécessiter un recours au spécialiste et à des explorations approfondies. Aussi, nous avons ciblé les situations peu évidentes ou source d’hésitation de la part des praticiens face à une dysfonction érectile.

Comment est définie aujourd’hui une dysfonction érectile ?

Elle se définit comme l’incapacité d’obtenir ou de maintenir une érection suffisante pour lui permettre d’avoir une relation sexuelle satisfaisante [1]. Lorsqu’on évalue les difficultés érectiles, on détermine le degré de rigidité des érections et la capacité d’avoir des rapports sexuels.

Elle peut se manifester par les symptômes suivants :

  • Incapacité d’obtenir une érection
  • Incapacité de maintenir l’érection après la pénétration
  • Incapacité de maintenir l’érection jusqu’à la fin
  • Érections peu fermes pour permettre la pénétration. L’érection ne résume pas à elle seule la fonction sexuelle, celle-ci intègre quatre paramètres dont l’association peut être diversifiée et intriquée [2] : l’érection, l’éjaculation, le désir (ou libido), l’orgasme.

Données épidémiologiques :

La dysfonction érectile est un symptôme très fréquent avec une prévalence moyenne très variable selon les populations étudiées. Il existe une augmentation régulière de la prévalence avec l’âge :

  • Avant 40 ans, 1 à 9 %.
  • 10 à 15 % entre 40 et 50 ans.
  • 20 à 40 % entre 60 et 70 ans
  • 50 à 100 % au-delà de 70 ans.

La prévalence mondiale augmente de 152 millions d’hommes en 1995 à 322 millions d’hommes en 2025 [3]. Elle est souvent associée à une comorbidité, sa découverte est une excellente opportunité pour effectuer un bilan de santé ; elle est souvent le premier signe d’atteinte cardiovasculaire, d’un diabète, d’une dépression, d’un adénome prostatique, d’une maladie neurologique. Plus de 30 % des patients ayant une dysfonction érectile ignorent leur problème de santé sous-jacent et les prendre en charge s’inscrit dans une véritable démarche de médecine préventive [4,5].

La prévalence de la dysfonction érectile chez les hommes diabétiques est comprise entre 20 et 67,4%, selon les études, le type de diabète ne semble pas avoir beaucoup d’effet sur l’évolution de la dysfonction érectile [7,8], mais elle augmente avec la durée d’évolution du diabète [9].

Dans une étude (n=555 hommes atteints de diabète), qui a examiné le temps écoulé depuis le début du diabète, 6 hommes sur 10 traités depuis 5 ans (4,9 ± 1,5) avaient une dysfonction érectile [10].

La survenue de la dysfonction érectile chez un diabétique est actuellement considérée comme l’indicateur le plus fiable des complications vasculaires et de la micro angiopathie, et une étape décisive dans la progression du diabète [11]. Elle peut être le premier signe d’une ischémie silencieuse, dont elle est un fort prédicteur [12].

On estime aujourd’hui qu’il existe une relation fortement significative entre dysfonction érectile et mortalité cardio-vasculaire [13,14], c’est un marqueur démontré de la survenue d’une maladie cardiovasculaire chez des hommes à risque cardiovasculaire : parmi 9457 hommes suivis dans l’Essai de prévention du Cancer de la Prostate aux USA ( essai PCPT):

  • 8063 (85%) sans pathologie cardio-vasculaire (mais avec ou sans facteur de risque cardio-vasculaire) dont 47% (3816) avec dysfonction érectiles 53% (4247) sans dysfonction érectile.

Chez les patients sans antécédents de pathologie cardio- vasculaire et avec dysfonction erectile, 2% et 11% de 1er événement cardiovasculaire est survenu respectivement à 1 et 5 ans après l’apparition d’une dysfonction érectile [15].

Il existe plus de 2,9 fois de risque d’avoir une athérosclérose coronaire chez les patients souffrant d’une dysfonction érectile versus les patients indemnes [16].

Impact de la dysfonction érectile sur la qualité de vie

La dysfonction érectile diminue la qualité de vie des patients, elle est à l’origine d’une importante souffrance chez l’individu qui en est atteint ainsi que chez sa partenaire, ces hommes montrent une diminution significative de leurs scores de santé générale, sociale et mentale ainsi qu’une baisse de l’estime de soi et de leur bien être émotionnel, alors que leurs scores de dépression augmentent significativement [17,18].

Plusieurs études ont confirmé l’importance du bénéfice apporté à la qualité de vie des patients par la correction des troubles érectiles, cette amélioration est aussi bien obtenue avec l’ensemble des médicaments d’aide à l’érection [19,20,21,22].

Diagnostic et évaluation de la dysfonction érectile

Le diagnostic de la dysfonction érectile est un diagnostic d’interrogatoire, une question clé est à poser au patient dans un vocabulaire bien adapté ; le praticien doit faire confirmer avec le patient, s’il a une incapacité à obtenir et/ou à maintenir une érection suffisante pour une activité sexuelle satisfaisante.

Des auto-questionnaires, peuvent être proposés pour étayer et valider les données de cet interrogatoire sans le substituer. Parmi ces questionnaires : l’Indice International de la Fonction Erectile (IIEF), il s’agit du questionnaire validé le plus connu, toutefois, il est difficile en pratique de l’utiliser dans le cadre d’une consultation, en dehors des études cliniques. L’IIEF demande aux patients de se remémorer des conséquences de leur dysrérection sur leur vie sexuelle au cours des 4 dernières semaines. L’IIEF comprend 15 questions (notées de 0 à 5 ou de 1 à 5) couvrant cinq domaines :

Chaque domaine est noté en fonction des réponses (somme des notes obtenues aux items concernés) : le domaine « fonction érectile » couvre 6 questions Q1 à Q5 (notées 0 à 5) et Q15 (notée 1 à 5), avec un score maximum de 30.

  • 26 à 30 : Absence de dysfonction érectile
  • 22 à 25 : Dysfonction érectile légère
  • 17 à 21 : Dysfonction érectile légère à modérée11 à 16 : Dysfonction érectile modérée
  • 6 à 10 : Dysfonction érectile sévère [23].

Le Sexual Health Inventory for Men (SHIM) qui comporte 5 questions de l’IIEF, validé en 1999 et 2005 peut être préféré [24], ou mieux encore, l’échelle visuelle de cotation de l’érection, validée en 2007 [25].

Les médicaments d’aide à l’érection :

Les médicaments oraux :

La prise en charge de la dysfonction érectile a été bouleversée par l’utilisation validée et bien codifiée des inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 (iPDE-5). Ils représentent aujourd’hui le traitement de choix en première intention de la dysfonction érectile, en l’absence de contre indications à leur utilisation [26,27].

Plusieurs spécialités sont disponibles avec des dosages adaptables : Sildénafil, Tadalafil, Vardénafil, Avanafil. Seuls les deux premiers sont disponibles en Algérie essentiellement sous forme génériques. Une nouvelle forme orodispersible est disponible avec une forme d’administration originale qui s’affirme de plus en plus sur le marché des traitements pharmacologiques. L’originalité du Xybilun® est d’utiliser le sildénafil sous une forme originale orodispersible [28], à la fois par sa facilité d’utilisation et par le fait de pouvoir s’adapter à la majorité des patients, quelle qu’en soit la problématique.

Cette forme galénique peut en effet s’utiliser en toutes circonstances, y compris chez les patients présentant une dysphagie ou des troubles de la déglutition, problématique qui se retrouve dans 22 % de la population [29]. Elle se présente comme l’assemblage d’une ou plusieurs couches très fines de principe actif, qu’il est possible de plier et de superposer, et que l’on laisse fondre dans la bouche, où elles sont rapidement délitées [30], cette forme d’administration sublinguale permet d’éviter un premier passage hépatique, et agir plus rapidement qu’une formulation traditionnelle.

IPDE-5 et androgènes :

Chez les patients présentant un déficit avéré en testostérone, l’association d’androgènes à la prescription d’iPDE-5 peut améliorer la réceptivité aux iPDE-5 dans 33 à 100 % des cas [31]. Il est recommandé chez les patients non répondeurs aux iPDE-5, de s’assurer de l’absence d’un déficit androgénique. En effet, des études chez l’animal ont montré que la déprivation androgénique induit un moins bon fonctionnement du système de relaxation du muscle lisse intra-caverneux par effet direct des androgènes sur l’expression de la phosphodiestérase 5 [32]. Des conseils sont à donner au patient mis sous iPDE-5, pour optimiser leur action :

  • Identifier son désir
  • Avoir une activité sexuelle ;
  • Vérifier que sa partenaire est dans le même souhait ;
  • Prendre le comprimé d’iPDE-5 choisi lors de la consultation ;
  • Attendre le temps nécessaire à son absorption intestinale ;
  • Débuter l’activité sexuelle lorsque les conditions de sa réalisation lui sembleront atteintes [32].

Précautions à prendre avant toute prescription d’un iPDE-5 :

Certaines précautions s’imposent avant d’instaurer un traitement d’aide à l’érection : vérifier que le patient est autorisé à pratiquer l’exercice physique que représente le rapport sexuel, c’est-à-dire qu’il soit capable d’effectuer facilement soit la montée de deux étages (un étage pour une partenaire habituelle), soit 20 minutes de marche par jour [33]. Si le patient était jugé « inapte » à l’activité sexuelle et après contrôle cardiovasculaire, un programme d’exercices graduels peut lui être proposé, qui permettra une réévaluation ultérieure en vue d’un traitement, chez un patient sans antécédents connus de maladie coronarienne, actif et asymptomatique à l’occasion d’efforts réguliers, avec peu ou pas de facteurs de risque cardiovasculaires (> 3), les inhibiteurs de la PDE-5 sont autorisés sans exploration cardiologique préalable, chez un patient sédentaire et/ou présentant des facteurs de risque multiples (> 3), les inhibiteurs de la PDE-5 ne doivent pas être prescrits sans un avis cardiologique, qui jugera de la nécessité d’un test d’effort (accord professionnel) [34,35,36].

Le respect des contre-indications des IPDE-5 : il est indispensable de bien les respecter :

  • Prise de dérivés nitrés ou de donneurs de NO (monoxyde d’azote) au long cours ou dans les 24 heures précédentes (48 h pour le Tadalafil) ;
    • Infarctus du myocarde récent (moins de 6 mois),
    • Insuffisance cardiaque sévère non contrôlée ou angor instable ;
    • Insuffisance hépatique sévère ;
    • Hypotension (TA < 90/50) (interaction notamment avec les alpha-bloquants) ;
    • Antécédents récents d’accident cardiovasculaire (moins de 6 mois) ;
    • Troubles héréditaires dégénératifs connus de la rétine (rétinite pigmentaire) pour le sildénafil [34,35,36].

Les médicaments topiques

Il s’agit d’un traitement dont le principe actif est la pros-taglandine E1, mais utilisant une voie d’administration moins invasive que les injections intracaverneuses. Le Vitaros® élargit l’offre de soins en matière de dysfonction érectile, et s’avère très intéressant chez des patients ayant bien maîtrisé le geste de l’administration intra-urétrale [35,47].

Les implants péniens :

Les implants péniens (aussi appelés prothèses d’érection) ont un taux de satisfaction très élevé. Malgré ses bons résultats, l’implant pénien reste méconnu, à la fois de certains médecins, et de leurs patients. Alors qu’un grand nombre de patients, principalement ceux souffrant de pathologies chroniques, sont affectés par une dysfonction érectile irréversible, ils ne se posent encore que 700 implants péniens par an en France, à peu près autant en Allemagne, mais rapporté à la population, 5 à 10 fois moins qu’aux États-Unis. Il s’agit donc d’un traitement de troisième « ligne », et de grade C. Le médecin généraliste doit connaître leur existence pour savoir, le cas échéant, orienter son patient vers l’urologue spécialisé dans cette chirurgie [37,38]. En Algérie, la non disponibilité de ces implants et leur coût relativement onéreux ont rendu leur implantation très limitée, nous avons

réalisé au niveau de notre service 02 procédures et un patient est programmé le mois de septembre 2018.

Les grandes lignes de la démarche pratique de la prise en charge d’une dysfonction érectile :

La démarche diagnostique et thérapeutique simple et facilement mise en œuvre est basée sur la bonne réponse à un ensemble de questions stratégiques :

  • Comment mener l’entretien d’un patient souffrant de dysfonction érectile ?
  • Comment centrer son entretien sur des critères objectifs ?
  • Savoir quel bilan clinique et para clinique pratiquer ?

Buts de la première approche comme étape essentielle de la stratégie thérapeutique :

  • Analyser la difficulté de chaque patient,
  • Tenir compte de différents paramètres pour bien caractériser la dysfonction érectile et le problème sexuel.
  • Mettre en œuvre un cadre thérapeutique permettant de l’accompagner jusqu’à sa satisfaction.

La caractérisation d’une dysfonction érectile en psychogène/organique est aujourd’hui abandonnée au profit de nouveaux modèles d’approches globales, dynamiques, interactifs et multifactoriels applicables à toutes les dysfonctions sexuelles, et permettant de mieux identifier des facteurs qui feront les leviers thérapeutiques de la prise en charge (grade A) [38]. L’identification de ces facteurs doit dorénavant s’inscrire dans ce schéma :

  • Recherche des pathologies et facteurs pouvant favoriser ou aggraver une dysfonction érectile, parmi les facteurs co-morbides les plus importants à rechercher, les affections cardiovasculaires et l’HTA sont au premier plan, et l’existence d’au moins trois facteurs de risque cardiovasculaire doit orienter le patient vers un cardiologue, on retrouvera aussi et principalement le diabète, les dyslipidémies, les affections neurologiques, les déficits androgéniques, les troubles mictionnels, et plus globalement de toute affection chronique sous-jacente, déjà diagnostiquée.
  • La liste des traitements en cours doit être établie, de nombreux traitements considérés comme délétères sur la fonction sexuelle peuvent ne jouer qu’un rôle accessoire dans le déclenchement et le maintien de la dysfonction érectile [35,38].
  • Les antécédents psychologiques et/ou psychiatriques sont à prendre en compte, tout comme un état dépressif, un trouble anxieux, la consommation de produits psychoactifs, des addictions, mais également toutes les circonstances socio et psycho-affectives pouvant interférer avec la sexualité et susceptibles de générer ou de pérenniser ce trouble (grade A) [22].

Points clés d’une prise en charge bien conduite :

Des règles ont été développées et adoptées par plusieurs instances scientifiques et sociétés savantes. Le respect et l’observance de ces règles permettent un bon déroulement de la prise en charge du patient [38]. Parmi ces règles :

  • Proposer au patient une consultation interactive : Il est recommandé au praticien de faire participer de façon active le patient et si possible, sa partenaire, au choix du traitement, d’en discuter avec lui les bénéfices, les risques, le coût, en fonction des besoins du patient et de son couple (Accord professionnel fort) [39] ;
  • Prendre le temps de l’évaluation : deux consultations peuvent s’avérer nécessaires pour une bonne évaluation de la dysfonction érectile.
  • Comprendre quelles sont les dysfonctions érectiles à prendre en charge en première intention et relevant de tout praticien : à la fin de l’évaluation médicale, sexuelle et psychosociale, le médecin sans formation spécifique, peut prescrire lui-même à son patient, un médicament d’aide à l’érection, s’il s’agit d’une dysfonction érectile sans facteurs de complexité, c’est-à-dire : secondaire, isolée (sans autre trouble sexuel, dont l’ancienneté n’apparaît pas comme un facteur de complexité, à moduler selon l’histoire de chaque patient, avec une capacité érectile résiduelle, au sein d’un couple motivé (accord professionnel) [40],Impliquer la partenaire comme une partie prenante du traitement et de sa réussite. Une information éclairée doit lui être dispensée. Lorsque cela est possible, le mieux est, lorsque tous les deux sont d’accord, de la faire participer au diagnostic, ainsi qu’au choix du traitement et à sa mise en place. Une participation active de la partenaire permet une optimisation du traitement [41] inversement l’amélioration de la dysfonction érectile sous traitement, améliore la relation de couple [42,43], ainsi que la sexualité et le désir de la partenaire [44].
  • Laisser au patient le choix du traitement : après leur avoir résumé les propriétés du médicament, présenté les différentes options thérapeutiques, en détailler les modalités, les avantages et les inconvénients [26,31],
  • Accompagner sa prise d’une stimulation sexuelle : plusieurs prises peuvent être nécessaires avant d’être satis-fait d’un traitement de l’érection, les comportements hâtifs, de précipitation ou d’insistance doivent être évités [45-46-47] ;
  • Suivre son patient : convoquer son patient au bout d’un à deux mois pour évaluer sa réponse au traitement et pour s’assurer de la bonne compréhension de l’utilisation du traitement, de son efficacité, de l’absence d’effets secondaires et de la satisfaction du couple, les patients ont tendance à trop vite abandonner un traitement et ont besoin d’être rassurés.

La bonne réponse peut être évaluée sur 04 paramètres : la compliance du patient au traitement, l’efficacité sur les symptômes avoués par le patient, la bonne tolérance aux médicaments d’assistance à l’érection, la satisfaction manifestée par le patient et sa partenaire par rapport à l’état antérieur [38,45].

Questions pratiques autour de la démarche diagnostique première :

–  Quand peut on évoquer une dysfonction érectile à problématique simple, à priori de bon pronostic ?

Trois questions simples semblent nécessaires et suffisantes pour orienter la prise en charge :

  • Depuis quand ? (Primaire ou secondaire) ?
  • Avez-vous toujours des érections conservées dans certaines situations, matinales ou autres ?
  • Est-ce que votre partenaire souffre de la situation ? Et est-elle désireuse d’une prise en charge ?

Une dysfonction érectile réactionnelle, situationnelle, caractérisée par un trouble du maintien de l’érection, associée à la présence d’érections spontanées ou provoquées de bonne qualité évoque une problématique potentiellement simple, de bon pronostic et autorise d’emblée la prescription des iPDE 5 en l’absence de contre-indication [47].

–  Comment peut on identifier une situation complexe en première intention ?

Évaluer la gravité est essentiel pour la démarche thérapeutique, la recherche et l’existence de certains facteurs peut nous orienter vers la complexité de la dysfonction érectile, le recours à un spécialiste et/ou à la réalisation des examens spécifiques : dysfonction érectile primaire ; association à d’autres dysfonctions sexuelles ; suspicion de problème relationnel ou de partenaire hostile à tout traitement ; absence de capacité érectile résiduelle [47].

Les dysfonctions érectiles primaires sont définies par leur existence depuis le début de l’activité sexuelle, elles sont considérées comme plus difficiles à prendre en charge que les dysfonctions secondaires s’installant après une période de sexualité satisfaisante, la gravité est aussi évaluée en fonction de la capacité érectile persistante ou non. Des érections de bonne qualité possibles dans certaines situations, ou bien des érections normales difficiles à maintenir orientent davantage vers un trouble de l’excitation que de l’érection [47].

  • Pourquoi est il nécessaire de dépister un éventuel état dépressif dans le cas d’une dysfonction érectile ?

Il existe une relation significative entre la prévalence d’une dysfonction érectile et le syndrome dépressif, dans une étude transversale, la prévalence de la dysfonction érectile modérée ou sévère est d’environ 90 % si dépression sévère, 59 % si dépression modérée, et 25 % si dépression mineure. Dans cette même population, la présence d’un état dépressif multiplie par 2 le risque d’avoir une dysfonction érectile [49]. Dans une étude de 591 jeunes gens de 19 à 20 ans suivis pendant 15 ans, une dysfonction érectile a été retrouvée chez 26% des sujets normo thymiques, 45% des patients dépressifs non traités, et 63% des patients dépressifs traités [50].

  • Pourquoi dépister une anxiété de performance ? L’anxiété de performance est une forme d’anxiété présente dans plusieurs domaines de notre vie.

Lorsqu’elle est présente dans la vie sexuelle, elle peut occasionner des conséquences importantes chez la personne qui la subit. En plus de la survenue d’une dysfonction érectile, la personne anxieuse a des sentiments d’impuissance, de frustration, de colère et de tristesse peuvent envahir la personne anxieuse et contribuer à maintenir le problème en place. L’incidence de la dysfonction érectile, tous degrés confondus, augmente en cas d’anxiété : 37% en cas d’anxiété modérée et 75% en cas d’anxiété majeure [48,51].

–  Quel bilan biologique est recommandé à la première consultation pour dysfonction érectile ?

Seul un bilan biologique est recommandé, aucune autre exploration n’est recommandée en première intention (accord professionnel fort). Ce bilan permet de lister les différentes comorbidités (dont certaines peuvent s’avérer réversibles) et éventuellement d’en découvrir à l’état latent (accord professionnel fort). Il sera adapté à l’âge et au contexte clinique, et devra comporter à minima : glycémie à jeun ; hémoglobine glycosylée (HbA1c) si le patient est diabétique connu ; profil lipidique ; testostéronémie totale, biodisponible qui est préférée par certains, en particulier en cas de risque de perturbations de la sex hormone binding globulin (SHBG). Un dosage de prolactine est indiqué si la testostéronémie totale est inférieure à 5,2 nmol/L (1,5 ng/mL) ou quand un hypo-gonadisme secondaire est suspecté, le dosage de la TSH n’est pas recommandé en première intention, sauf point d’appel clinique [52,53,54].

–  Quelle place au pharmacotest diagnostique par une injection de PGE1 en première intention ?

L’injection intracaverneuse de prostaglandines E1 en tant que test diagnostique peut être proposée et pratiquée par un praticien formé, en deuxième intention, sinon il sera réservé au spécialiste [55,56,57].

Il n’y a pas de données dans la littérature sur le pharma-cotest fait au cabinet du médecin. Les risques d’érections pharmacologiquement provoquées doivent être rigoureusement expliqués au patient, ainsi que les « petits moyens » type exercices physiques pour y remédier [58].

La survenue d’une érection bloquée ou priapisme impose le recours à un centre d’urologie proche pour la prise en charge sans délai de cette urgence vasculaire urologique.

–  Le Doppler pénien est-il justifié dans la prise en charge de la dysfonction érectile

de première intention ?

Le doppler pénien, n’est pas recommandé en pratique courante en première intention, ni même chez le spécialiste [59,60,61,62].

Il figure encore dans les examens reconnus pour l’évaluation de la dysfonction érectile, au même titre que d’autres examens non recommandés par les consensus internationaux. Si le patient est fumeur ou présente une pathologie du métabolisme lipidique et/ou cardiovasculaire ou un souffle artériel [63].

L’échodoppler pulsé pénien sensibilisé pharmacologiquement par une injection intra caverneuse [62], ou la prise orale d’un IPDE-5 [64] peut parfois être proposé, mais il ne se conçoit alors que couplé à un doppler des gros troncs et des axes périphériques [65,66].

En France, l’enquête PISTES, réalisée auprès de 411 urologues, sexologues, psychiatres et endocrinologues, a montré que les examens biologiques étaient largement prescrits (bilan hormonal dans 90% des cas, bilan métabolique dans 74%, alors que l’écho-doppler ne l’était que dans 30% des cas, le test intracaverneux dans 22% des cas et les explorations neurophysiologiques dans 11% des cas) [67].

  • Questions pratiques en phase de démarche thérapeutique : peut on prescrire IPDE-5 en première intention ?

Le traitement oral par un iPDE5, en dehors de ses contre-indications, peut être proposé en première intention et dès la première consultation (grade 1a) [38]

– Doit-on réaliser des examens para cliniques avant la prescription d’un IPDE-5 ?

Le délai entre le premier signe de dysfonction érectile et le développement d’une maladie vasculaire est relativement long. Ainsi, la première année, le risque d’événements vasculaires n’est que de 2 %, tandis qu’il atteint 11 %, 5 ans après les premiers troubles érectiles [68].

Le caractère relativement précoce de la dysfonction érectile comme marqueur de risque vasculaire autorise bien sûr à traiter médicalement la dysfonction en prescrivant, au besoin, des IPDE-5 sans autre examen complémentaire en respectant les recommandations de Princeton [47]. Le consensus de Princeton définit le risque cardiovasculaire comme le risque d’évènement survenant 3 à 5 ans après l’apparition de la dysfonction érectile.

–   Quand et pourquoi est-il nécessaire, en cas de dysfonction érectile, de faire recours au cardiologue en première intention ?

L’idée du recours au cardiologue en cas de prise d’un traitement oral de l’érection est souvent avancée. Les consensus de Princeton, ont bien précisé la conduite à tenir, le recours au cardiologue est à préconiser, non pour autoriser la prescription d’un iPDE-5, mais plutôt pour dépister l’éventualité d’une affection cardiovasculaire chez un patient consultant pour dysfonction érectile et présentant des facteurs de risque. L’association à au moins 3 facteurs de risque cardiovasculaires doit orienter le patient vers un cardiologue. Le consensus de Princeton considère aussi que tout homme de plus de 30 ans souffrant de dysfonction érectile doit bénéficier de cette évaluation cardiovasculaire non invasive, mais également d’une évaluation invasive si nécessaire [69].

Il reprend ainsi les recommandations de l’American Heart Association (AHA) de 2010 sur l’évaluation du risque cardiovasculaire chez les adultes asymptomatiques à risque intermédiaire (10-20 % d’évènements coronaires à 10 ans) [70]. Ces recommandations sont à comparer avec celles de l’European Society of Cardiology (ESC) en 2012, dans lesquelles tout patient ayant une dysfonction érectile doit bénéficier d’une évaluation et d’une prise en charge du risque cardiovasculaire [71].

–   Quelles spécificités de la dysfonction érectile chez le diabétique ?

La dysfonction érectile est directement liée au nombre et à la sévérité des complications diabétiques, et, chez les hommes de plus de 50 ans, à la durée du diabète [72]. Il est souvent nécessaire de corriger l’hypo androgénie, fréquente chez le diabétique [73] , pour améliorer chez eux la réceptivité aux iPDE-5 [74].

L’androgénothérapie semble améliorer l’équilibre méta- bolique du diabétique [75,76,77]. Les contre-indications et les modalités thérapeutiques de l’androgénothérapie sont les mêmes que chez le patient non diabétique. La correction de l’hypo androgénie améliore en outre le désir et l’érection. La survenue d’une dysfonction érectile chez un diabétique peut-être le premier signe d’une ischémie silencieuse, dont elle est un fort prédicteur [78]. On estime aujourd’hui qu’il existe une relation fortement significative entre dysfonction érectile et mortalité cardio-vasculaire [72,79].

–  Les iPDE 5 peuvent ils améliorer spontanément la dysfonction érectile et les symptômes du bas appareil urinaire ?

Une étude qui a suivi 1.683 hommes [80] a montré que la dysfonction érectile était significativement corrélée aux symptômes du tractus urinaire inférieur et l’inconfort lié à de tels troubles, indépendamment d’autres facteurs. Une autre étude récente impliquant 200 hommes est arrivée aux mêmes résultats [81]. L’étude HALLYN (n=1.500 hommes coréens, âge moyen 69 ans, suivis depuis 2004), a montré une association significative entre la sévérité des troubles urinaires inférieurs, et la prévalence de la dysfonction érectile (P <0,001) [82], une revue récente de la littérature a trouvé des résultats similaires [83].

–  Comment gérer un échec après un traitement de première intention ?

Avant d’avoir le réflexe de changer de traitement, il faut prendre le temps d’analyser ce qui pour le patient constitue un échec, pour cela, il est utile de faire décrire les conditions de l’échec. Il arrive quelquefois que le traitement ait bien provoqué une érection, mais que les conditions d’une relation n’aient pas été complètement réunies (absence de désir ou de disponibilité de la partenaire, stimulation sexuelle insuffisante). Il peut arriver aussi que le traitement ait été pris juste pour « vérifier » si cela pouvait « marcher ». Remplacer le désir par une vérification anxieuse ne permet pas d’avoir une érection satisfaisante, quelle que soit la molécule utilisée. Une érection de bonne qualité obtenue avec le traitement

mais qui diminue ou disparaît par exemple systématiquement au moment de la pénétration indique davantage une perte d’excitation liée à un facteur anxieux (peur de l’échec) qu’un défaut d’efficacité du traitement [39,45].

Vérifier la bonne observance du traitement et évaluer les autres paramètres en jeu : de nombreux paramètres peuvent perturber l’érection, ne pas les repérer expose à des échecs répétitifs, quelle que soit la molécule prescrite.

Modifier les dosages : Les dosages initialement prescrits peuvent s’avérer insuffisants, il vaudra mieux dans un deuxième temps utiliser le dosage maximal disponible.

Modifier le traitement : Ce n’est qu’après avoir évalué et pris en compte l’ensemble des points précédents, qu’il devient légitime de modifier le traitement initialement prescrit ou faire enfin le recours au spécialiste [84,85,86].

Conclusion

La dysfonction érectile est un symptôme fréquent à problématique potentiellement complexe quand un traitement de première intention s’avère insuffisant ou quand elle est associée à une comorbidité cardio vasculaire. Le bilan de la dysfonction érectile est une étape essentielle à une prise en charge éclairée. Une évaluation doit être étendue à l’ensemble des paramètres mis en jeu, que ces paramètres interviennent à la survenue de la dysfonction érectile où qu’ils entravent la guérison. Parmi ces paramètres, certains sont incontournables. Pour une prise en charge efficace à long terme, tenir compte de l’attitude de la partenaire face à cette panne sexuelle, mieux comprendre la demande et la motivation du patient, lui expliquer les traitements, l’accompagner dans la récupération progressive de sa fonction sexuelle.

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