Diabetes and Ramadan

Dr A. MERAZKA ; Pr M. SEMROUNI ; Pr Z. ARBOUCHE. Service d’Endocrino-Diabétologie. CHU Beni-Messous, Alger

Abstract :

Ramadan fasting induces a high metabolic risk in some diabetic patients uncontrolled diabetes and hypoglycemia, Therfore, even if diabetic patients can religiously not fast, most of them fast with or without consulting their doctor. Many recommandations and expert’s consensus have tried to establish some guidelines concerning diabetes in Ramadan. Nevertheless, regardless of the treatement choices, one must ensure to prepare for the fast, by implementing general and targeted therapeutic education approaches, which are even more important for these populations at  higher risk of noncompliance or iatrogenic accidents essentially with some sulfonylureas or glinides.

Key-words : Ketoacidosis, pre-Ramadan assessment, high risk, hypoglycemia, therapeutic adjustment.

Résumé :

Le jeûne du mois de Ramadan expose à un risque métabolique majoré chez les patients diabétiques. Toutefois, même si religieusement le patient diabétique peut être exempt du jeun, en pratique beaucoup de diabétiques le réalisent avec ou sans concertation avec le médecin traitant, et donc sans ajustement thérapeutique, ni renforcement du suivi. Les consensus d’experts ont permis récemment d’établir des propositions pour optimiser la prise en charge du diabète au cours du Ramadan. La prise en charge doit être individualisée, un suivi strict est essentiel pour réduire le risque de complications, à savoir le déséquilibre glycémique et /ou les hypoglycémies liées à la prise des sulfamides ou des glinides.

Mots clés : Acidocétose, évaluation pré-ramadan, haut risque, hypoglycémie, ajustement thérapeutique.

Introduction :

Le jeûne du mois de Ramadan induit un risque important chez le patient diabétique, qui sera d’autant plus majoré au cours des 10 ans à venir dans les pays situés loin de l’équateur, avec une durée de jeûne prolongée pouvant atteindre 16 à 18 heures par jour. Toutefois, malgré ce risque, 43% des patients diabétiques de type I (DT1) et 79% des patients diabétiques de type II (DT2) jeunent, selon l’étude EPIDIAR 2001 (Epidemiology of Diabetes and Ramadan), large étude épidémiologique publiée sur la pratique du ramadan réalisée dans 13 pays musulmans. Seulement, 62% des patients DT2 et 68% des patients DT1 reçoivent un avis spécialisé et éventuellement un ajustement thérapeutique durant le mois de Ramadan [1]. Il est extrêmement important que les patients diabétiques et leurs médecins traitants soient conscients des risques potentiels associés au jeûne.

Complications potentielles liées au diabète provoquées par le jeûne :

Durant le jeûne, la baisse de la glycémie provoque une diminution de l’insulinosécrétion, et une augmentation des hormones contre-régulatrices (glucagon et catécholamines), stimulant ainsi la glycogénolyse et la néoglucogenèse.

Chez les patients DT1, le jeûne prolongé sans injection d’insuline, provoque une augmentation de la néoglucogenèse et de la cétogenèse, d’où le risque d’acidocétose. D’autre part la carence en glucagon et en adrénaline du fait de la neuropathie autonome, les rend plus sensibles aux hypoglycémies. Les patients DT2 peuvent avoir des perturbations similaires en réponse au jeûne prolongé, selon le degré d’insulino-résistance et/ou d’insulinopénie.

Hypoglycémie :

Durant une période prolongée de jeûne, la réduction de l’apport en aliments est un facteur de risque bien connu d’hypoglycémie en particulier lorsque le patient n’a pas pris soin de faire adapter son traitement en concertation avec son médecin. Le risque d’hypoglycémie est beaucoup plus élevé chez le diabétique de type 1 par rapport au type 2.

Hyperglycémie :

L’étude EPIDIAR a révélé une multiplication par 5 de l’incidence de l’hyperglycémie grave (nécessitant une hospitalisation) pendant le Ramadan chez les patients DT2 et par 3 chez les DT1 (avec ou sans acidocétose), sans doute due à la réduction excessive de la prise d’hypoglycémiants, et aux apports importants d’aliments et /ou de sucreries.

Acidocétose diabétique:

Les patients DT1, qui jeûnent pendant le Ramadan sont exposés à un risque accru de développer une acidocétose diabétique, en particulier lorsque le taux de glycémie est élevé avant le début de la période de jeûne.

Déshydratation et thrombose :

Le jeûne prolongé et la limitation des apports liquidiens pouvant avoir de graves conséquences dans les climats chauds et humides.

L’hyperglycémie par le biais de la diurèse osmotique qu’elle provoque contribue à la déplétion hydro-électrolytique ; de plus, les diabétiques ont un état d’hypercoagulabilité lié à une augmentation des facteurs de coagulation et une hypo-fibrinolyse.

Une augmentation des cas d’occlusion de la veine rétinienne a été rapportée pendant le ramadan (28 % de patients diabétiques dans une étude menée en Inde [4]).

Evaluation médicale en Pré-Ramadan et détermination du risque lié au jeûne :

Une consultation spécifique devrait être proposée 1 à 2 mois avant le Ramadan pour les patients diabétiques désirant jeûner, permettant une évaluation de l’équilibre glycémique et la recherche de comorbidité pouvant s’aggraver par le jeûne, notamment une insuffisance rénale chronique (clairance à la créatinine <60ml/mn), une insuffisance cardiaque, un angor instable. Les patients diabétiques doivent recevoir des conseils éducatifs spécifiques :

  • Les apports caloriques devraient être identiques comparés aux apports antérieurs, avec une répartition qualitative en fonction des besoins. Une alimentation variée riche en sucres simples est préférable lors du repas de IFTAR, le IMSAK doit lui, au contraire, être plus riche en sucres complexes d’absorption plus longue permettant d’éviter le risque d’hypoglycémie durant le jeune. L’hydratation est primordiale et devrait être répartie durant les périodes d’alimentation.
  • Une activité physique régulière légère à modérée devrait être préconisée pendant ce mois, sans exercice intense pouvant augmenter le risque d’hypoglycémie en particulier quelques heures avant la rupture du jeune. Les prières prolongées après le IFTAR sont considérées comme faisant partie de l’activité physique quotidienne.

La consultation de « Pré-Ramadan » permet aussi de déterminer la catégorie de risque lié au jeûne selon le nombre de facteurs de risque, et d’éclairer le patient pour une prise de décision appropriée (Tableau I).

Trés haut risque–  Hypoglycémies non ressenties
–  Hypoglycémies répétées
–  Hypoglycémies sévères dans les 3 mois précédents
– Patients déséquilibré, acidocétose ou hyperosmolarité dans les 3 mois précédents
–  Dialyse
–  Diabète de type 1
–  Grossesse
Haut risque–  Insuffisance rénale
–  Complications dégénératives avancées
HbA1c entre 7,5 et 9,0 %, ou glycémie moyenne entre 1,5 et 3,0 g/l hypoglycémiant
–  Sujet âgé avec co-morbidité
-Patient sous traitement affectant l’état mental
Risque modéré–  Patient bien contrôlé sous insulino-secréteur d’action courte (glinides)
Faible risque–  Patient bien contrôlé sous régles hygiéno-diététiques, metformine, glitazone, acarbose et/ ou traitements ciblant les incrétines ; autrement dit les diabétiques en « bonne santé »
Tableau I : Définition des niveaux de risque liés au jeûne chez les patients diabétiques
Cette classification est basée plutôt sur un consensus d’experts, et non sur des preuves issues d’études cliniques. El Farouqi et col. Med des maladies métab. 2014

Ajustement thérapeutique du patient diabétique de type II pendant le Ramadan :

  • Les patients traités par Metformine ont un risque faible d’hypoglycémie. Toutefois, pour un meilleur contrôle glycémique, il est recommandé de prendre les deux tiers de la dose lors de l’IFTAR et le tiers restant lors du IMSAK.
  • Patients sous sulfamides hypoglycémiants (SH) : théoriquement les SH ne sont pas adaptés aux périodes de jeûne en raison du risque inhérent d’hypoglycémie ; ils doivent être utilisés avec précaution. Ce risque serait plus élevé sous Glibenclamide comparé aux SH de dernière génération (Gliclazide, Glimépiride et Glipizide). Les recommandations d’Asie du sud [4], ainsi que celles de l’ADA [3], sont pour une adaptation individuelle de la prise des SH.
  • Les Glinides : apparentés aux SH, ont quant à eux, une durée d’action courte permettant un avantage durant le mois de Ramadan chez les patients DT2, avec 2 prises par jour.
  • Inhibiteurs de l’α Glucosidase : l’Acarbose peut être proposé, notamment en association avec les hypoglycémiants oraux, pendant le Ramadan durant les repas, car il présente un risque hypoglycémique négligeable.
  • Traitement par les Incrétines : de nombreuses études démontrent l’avantage des inhibiteurs de la DPP4 (Gliptines), ou des analogues du GLP1 durant le mois de Ramadan avec un risque hypoglycémique moindre comparé aux SH [5]. Ainsi, chez les patients DT2 déséquilibrés désirant jeuner, il est proposé de rajouter une Gliptine plutôt qu’un SH durant la période du mois de Ramadan.
  • Patients DT2 insulino-traités : le but du traitement insulinique chez le patient DT2 est de maintenir une glycémie à jeun correcte avec une éventuelle correction des excursions post-prandiales, tout en évitant le risque hypoglycémique. Néanmoins, le praticien n’est pas autorisé à proposer des schémas d’insulinothérapie hasardeux, le principe de précaution voudrait ne pas observer le jeûne par ces patients.
Grossesse chez la femme diabétique et Ramadan :
Les patientes ayant une grossesse diabétique ou un diabète gestationnel, sont considérées à très haut risque ; elles doivent être prévenues du risque fœtal et maternel durant le jeune. L’ASG et l’insulinothérapie intensive sont souvent nécessaires. Cette situation est donc une contre-indication formelle au jeune.
Tableau II : La Rupture du jeûne avant IFTAR : le patient diabétique devrait arrêter immédiatement le jeûne en cas : – Glycémie ≤ 0,6g/l , ou de signes d’hypoglycémie (tremblements, palpitations, troubles visuels, accès de pâleur, confusion…) – Glycémie >3g/l-Glycémie <0,7g/l en début de jeûne particulièrement si le patient a pris lors du SHOUR un traitement à base d’insuline, de sulfamides hypoglycémiants ou de répaglinide. – Les patients devraient éviter de jeûner s’ils présentent une autre comorbidité (insuffisance rénale chronique, clairance créatinine <60ml/mn/ m2, Insuffisance hépato-cellulaire, angor instable, Insuffisance cardiaque).

Points essentiels :

  • Le diabète représente l’une des contre- indications possibles pour le patient musulman de ne pas faire le Ramadan.
  • Une consultation médicale doit se planifier durant les semaines qui précédent le mois du jeûne, visant à réévaluer les traitements, les posologies, l’alimentation et la fréquence de l’autosurveillance glycémique.
  • Toutefois, beaucoup de patients suivent le jeûne, leur principal risque est de présenter des hypoglycémies sous Insuline, ou sulfonylurées, ou Glinides.
  • Sous ADO, ce risque est considérablement réduit en fréquence sous Inhibiteurs DPP4 (lorsqu’on en dispose) Vs Sulfamides ou Répaglinide.
  • Les patientes enceintes, et les patients présentant de fortes co-morbidités, surtout cardiovasculaires ou rénales, tout comme les patients DT1 et DT2 insulino-traités, devraient ne pas se soumettre à ce jeûne.

Références :

  • SaltiI, al. ; EPIDIAR study group. A population based study of diabetes and its characteristics during the fasting mon- th of Ramadan in 13 countries : Results of the epidemiology of diabetes and Ramadan (EPIDIAR) study. Diabetes Care 2004.
  • El Aziz, A. Farouqi et al. Diabete et Ramadan : Mise au point sur les recommandations récentes. Médecine des Maladies Métaboliques 2014.
  • Al- Arouj M. et al. Recommandations for management of Diabetes during Rama- dan. Diabetes Care 2010
  • Bashir MI et al. Role of oral Hypoglycemic agents in the management of type 2 diabetes mellitus during Ramadan. Indian J En- doc. Metab 2012.
  • S. Halimi, M. Lévy. Prise en charge des diabétiques de type 2 durant le ramadan : Quelle place pour les inhibiteurs des DPP4. Médecine des maladies métaboliques 2014.

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Self-monitoring of diabetics

A. ADIMI ; M. SEMROUNI ;Z. ARBOUCHE ; Service de diabétologie et d’endocrinologie,CHU Beni Messous, Alger

Abstract  :

The self-monitoring of blood glucose (SMBG) means all technical, realizing by the diabetic, enabling it to assess the level of blood sugar. It allows a better glycemic control. Self-monitoring of blood glucose should not be a measure automatically generalized to all diabetics (No routine prescription if diabetes is controlled by diet alone or oral anti diabetic without risk of hypoglycemia). Besides its indication is imperative in diabetes treated by insulin (type 1 diabetes or type 2 diabetes) in case of glycemic control is insufficient and gestational diabetes. In children and adolescents interest is similar to that in adults. However, many specifics related to age are fundamental to integrate for personalized objectives and modalities of the monitoring. SMBG became imperative in the management of gestational diabetes, it can help to get a normal blood sugar level which is necessary all along pregnancy to decrease the maternal and fetal risks.

Key-words : Self-monitoring, methods, glycemic goals, type 1 diabetes, gestational diabetes.

Résumé :                                      

L’auto surveillance glycémique désigne l’ensemble de techniques, faisables par le diabétique, lui permettant d’évaluer le niveau de sa glycémie. Elle permet un contrôle glycémique de meilleure qualité. L’auto surveillance glycémique ne doit pas être une mesure automatiquement généralisée à l’ensemble des diabétiques (Pas de prescription systématique si le diabète est contrôlé par régime seul ou ADO sans risque d’hypoglycémie). Par ailleurs son indication est impérative dans le diabète insulinotraité (DT1 ou DT2), en cas de déséquilibre glycémique, et dans le diabète gestationnel. Chez l’enfant et l’adolescent son intérêt est semblable à celui de l’adulte. Cependant, de nombreuses spécificités liées à l’âge sont fondamentales à intégrer pour personnaliser les objectifs et les modalités de réalisation de la surveillance. Le monitoring des glycémies est devenu impératif dans la prise en charge du diabète gestationnel qui peut aider à l’obtention d’une normo glycémie qui est nécessaire tout au long de la grossesse pour diminuer le risque materno-fœtal.

Mots-clés : Auto surveillance, modalités, objectifs glycémiques, diabète type 1, diabète gestationnel.

Introduction :


L’auto surveillance glycémique (ASG) est une approche intégrant l’interprétation des mesures de la glycémie faites à partir d’un lecteur de glycémie et des bandelettes de test, dans le but d’ajuster la médication et les habitudes de vie. Elle permet de maintenir ou d’améliorer l’équilibre glycémique, de prévenir l’hypoglycémie, elle constitue un instrument d’éducation en aidant le patient quant à l’adaptation du traitement hygiéno-diététique et pharmacologique, en fonction des résultats glycémiques afin d’atteindre les objectifs fixés.

Indications de l’auto surveillance glycémique :

Plusieurs sociétés savantes ont émis des recommandations concernant les indications de l’auto surveillance glycémique, qui est obligatoire dans le Diabète type 1, le Diabète type 2 insulino-traité ; chez des patients traités par insulino-sécréteurs (sulfamides ou glinides, seuls ou associés à d’autres médicaments antidiabétiques) ; en cas de suspicion d’hypoglycémies, en cas de déséquilibre glycémique malgré le traitement hypoglycémiant et dans le diabète gestationnel.

L’auto surveillance glycémique ne doit pas être une mesure automatiquement généralisée à l’ensemble des diabétiques ni une mesure passive sans modifications thérapeutiques. Sa prescription n’est donc pas systématique si le diabète est contrôlé par un régime seul ou un antidiabétique oral sans risque d’hypoglycémie (Metformine, inhibiteur de l’alpha glucosidase, incrétine, glitazones).

Auto surveillance glycémique chez le diabétique type 2 :

  • Chez le diabétique de type 2 sous insulinothérapie, il est recommandé de faire au moins 4 glycémies par jour (une glycémie à jeun, pré prandiale et post prandiale)
  • En cas de traitement par insulino-sécréteurs il est recommandé de faire 2 glycémies par jour (une glycémie à jeun et une post prandiale voire même une glycémie à 17 ou 19 heures) ou 2 par semaine afin de rechercher ou de confirmer une hypoglycémie et adapter si besoin la posologie du médicament.
  • Dans le cas où l’objectif glycémique n’est pas atteint ou, une insulinothérapie est envisagée à court ou à moyen terme, il est recommandé de faire 7 glycémies par jour sur 2 jours différents avant la consultation trimestrielle.
  • Les objectifs glycémiques chez le diabétique de type 2 selon les recommandations de l’American Association of Diabetes (ADA 2015) sont compris entre 0,70 et 1,20g/l avant les repas et à moins de 1,80 g/l en post prandial avec une HbA1c <7%.

Auto surveillance glycémique chez le diabétique type 1 :

L’auto surveillance glycémique (ASG) conduisant à l’auto- contrôle est un pilier indispensable à la prise en charge du diabète de type 1. Elle permet surtout l’adaptation des doses d’insuline, c’est ce qui a été démontré par Le Diabetes Control and Complication Trial.

Dans le diabète type 1, il est recommandé de faire au moins 4 glycémies par jour, avec comme objectif glycémique avant les repas entre 0,70 et 1,20g/l et en post prandial moins de 1,60g/l.

Auto surveillance glycémique :

Situations particulières :

  1. ASG de l’enfant et de l’adolescent :

L’intérêt de l’ASG chez l’enfant et l’adolescent est semblable à celui de l’adulte comme indiqué par la société internationale de diabétologie de l’enfant et de l’adolescent (ISPAD) ; elle permet d’évaluer l’équilibre glycémique, l’adaptation du traitement par insuline au quotidien, l’autocontrôle pour dépister et prévenir les complications aiguës et de limiter les complications à long terme. Cependant, de nombreuses spécificités liées à l’âge sont fondamentales à intégrer pour personnaliser les objectifs et les modalités de réalisation de la surveillance. Au cours de la petite enfance, le diabète est souvent instable, les hypoglycémies sont asymptomatiques et l’ASG doit être fréquente et parfois nocturne. L’enfance est marquée par la dépendance à l’adulte et la multiplicité des intervenants pour les soins des patients (famille, école, crèche…). L’adolescence est une phase de transition au cours de laquelle les besoins d’intégration sociale et de construction de l’autonomie interagissent avec les contraintes du traitement.

•   Les objectifs glycémiques chez l’enfant diabétique de type 1 selon les recommandations de l’American diabetes association (ADA 2015) :

Objectifs glycémiques (en g/l)
Âge du patientAvant les repasAu coucher et pendant la nuitObjectifs d’HbA1c (en%)
Âge préscolaire 1 à 1,81,1 à 27,5 à 8,5
6-12 ans0,9 à 1,81 à 1,8< 8
Adolescents et adultes jeunes0,9 à 1,30,9 à 1,5< 7,5
  • ASG du sujet âgé :

But de l’ASG chez le sujet âgé : Elle permet d’adapter le traitement en fonction des objectifs glycémiques, et surtout de dépister et d’éviter les épisodes d’hyperglycémie qui peuvent conduire au coma hyperosmolaire, et les hypoglycémies qui sont particulièrement redoutées sur ce terrain. L’ASG chez le sujet âgé doit être renforcée en cas de modification de l’alimentation, épisode aigue, interférence médicamenteuse, trouble du comportement, hyperactivité chez un malade dément.

•    Les objectifs  glycémiques  selon  l’intergroupe francophone SFD et SFGG (société française de gériatrie et gérontologie) et l’ADA :

Patient âgé diabétique en « bonne santé »Patient âgé diabétique « fragile »
Glycémie à jeun entre 0,90 et 1,26 g/l.
HbA1c entre 6,5 et 7,5 %
Glycémie à jeun entre 1,26 et 1,60 g/l.
HbA1c entre 7,5 et 8,5 %

•  Modalités de la surveillance glycémique selon la SFD et la SFGG :

Chez le diabétique âgé autonome, les principes de l’ASG sont les mêmes que chez le sujet jeune :

  • Diabète insulino-traité : contrôle de la glycémie capillaire au moins avant chaque injection ; recherche d’acétonurie ou mieux une évaluation de la cétonémie en cas d’hyperglycémie supérieure à 2,5g/l.
  • Diabète non insulino-traité : l’ASG est facultative, contrôle glycémique en cas d’évènement intercurrent ou de traitement pouvant entrainer une hypoglycémie.

En cas de perte d’autonomie, la surveillance est réalisée par une tierce personne : avant chaque injection d’insuline ; une à deux fois par semaine en cas de traitement oral.

L’ASG doit être renforcée lors de tout traitement intercurrent ou lors de l’institution d’un traitement (médicamenteux ou non) pouvant retentir sur l’équilibre glycémique.

  • ASG dans le diabète gestationnel :

La grossesse chez la patiente diabétique est une grossesse à haut risque puisque le diabète influence le devenir materno-fœtal. Le degré d’hyperglycémie conditionne ces risques, qui sont réduits lors d’une prise en charge intensive associant la diététique, l’insuli-nothérapie et l’auto surveillance glycémique (ASG) qui est devenue impératif dans la prise en charge. Obtenir une normo glycémie est nécessaire tout au long de la grossesse avec des objectifs fixés à moins de 0,95g/l à jeun, moins de 1,20g/l à 2 heures post prandiale, et à moins de 1,40 g/l à 1 heure post prandiale (selon les dernières recommandations de l’IADPSG, ADA, et du CNGOF). Les modalités pratiques (horaires et fréquences) restent à ce jour discutées puisque nous manquons d’études avec haut niveau de preuves, il convient d’effectuer au moins 4 glycémies capillaires au cours du diabète gestationnel traité par diététique, et au moins 6 glycémies capillaires en cas d’insulinothérapie associée. Par ailleurs, l’avancée des nouvelles technologies comme la mesure continue de glucose devrait être un outil complémentaire dans la prise en charge du diabète au cours de la grossesse.

Recommandations pratiques sur l’auto surveillance glycémique :

Pour que les résultats de l’autocontrôle glycémique soient fiables il faut respecter à la fois les règles de manipulation valable pour tous les lecteurs de glycémie et des règles spécifiques au modèle utilisé. Tout d’abord il est important de se laver les mains à l’eau savonneuse avant la réalisation du prélèvement, ceci permet d’éliminer des éléments tels que le sucre ou la sueur qui sont présents sur la peau et qui peuvent impacter le résultat donné par le lecteur de glycémie. Il est préférable d’utiliser pour cela de l’eau chaude, la vasodilatation ainsi induite facilite l’obtention d’une goute de sang de taille suffisante. Après s’être lavé les mains, il faut les sécher avec une serviette propre, car l’eau résiduelle diluerait la goutte de sang et abaisserait artificiellement la glycémie.

Rappelons que l’utilisation d’antisepsie cutanée à l’alcool notamment par l’utilisation de gels hydro alcooliques avant un contrôle glycémique n’est pas recommandée : elle interfère avec le réactif de la bandelette. Il ne faut pas piquer au milieu de la pulpe du doigt en raison du risque de perte de sensibilité. La précision des résultats obtenus avec un lecteur de glycémie est fortement impactée par la qualité de la goutte de sang, elle doit être d’un volume suffisant, sinon on peut avoir une sous estimation de la glycémie. Il s’agit d’ailleurs d’une des tricheries connues : l’aspiration d’air par la bandelette permet de réduire artificiellement les résultats des contrôles glycémiques. Il ne faut pas presser trop vigoureusement l’extrémité du doigt pour obtenir un volume sanguin suffisant : une pression trop importante peut amener à obtenir un mélange de sang et de lymphe qui donne des résultats inexacts. Cependant le matériel de dernière génération se contente d’un très faible volume prélevé. D’autre part il ne faut pas négliger l’importance du réglage de la date et de l’heure du lecteur de glycémie lors du changement des piles. En outre le matériel doit être fréquemment entretenu, en bon état et régulièrement contrôlé. Ainsi une bandelette mouillée ou périmée donne un résultat altéré. Tous les 3 à 6 mois l’exactitude de l’appareil doit être contrôlée, par comparaison de la glycémie veineuse à une glycémie capillaire. Seulement il ne faut pas oublier d’expliquer au patient que le sang veineux est toujours plus chargé en glucose que le sang capillaire. Ceci suffit à justifier un écart entre le résultat donné par le laboratoire et celui donné par le lecteur de glycémie allant jusqu’à 0,15g/l.

Conclusion :

L’objectif de la prise en charge du diabète sucré est d’assurer un meilleur contrôle glycémique pour un sujet donné à un moment donné, en ménageant une qualité de vie optimum malgré les contraintes que ces efforts thérapeutiques imposent. L’ASG constitue une des pierres angulaires sur lesquelles doivent s’appuyer les soignants pour parvenir à ces fins. Son apport est indéniable en matière de prévention des complications métaboliques aiguës, dans la grossesse diabétique, ainsi que dans l’intensification du traitement.

Référence :

  1. Monnier 2010, Perlmuter et all 2003.
  2. Bekka et huzer 2012, Monnier 2010.
  3. Haute Autorité de Santé 2011, indications et prescription de l’auto surveillance glycémique chez le diabétique.
  4. INESSS 2013, ETMIS 2013; vol. 9: no 10 Auto surveillance glycémique chez les adultes atteints de diabète de type 2 non traités par l’insuline.
  5. Rewers et al, Pihoker et al, ISPAD clinical practice consensus guideline 2006, assessment and monitoring.
  6. Glycemic target for children and ado- lescent with type 1 diabetes; recommenda- tions of the American Diabetes Association (ADA) 2015.
  7. Auto surveillance glycémique chez l’en- fant et l’adolescent diabétique de type 1 ;
  8. S Guilmin-Crépon ; Médecine des maladies métaboliques-Septembre 2010-vol 4.
  9. Auto surveillance glycémique chez la personne âgée diabétique ;
  10. B. Bauduceau,J. Doucet ; Medecine des maladies méta- boliques- Septembre 2010-vol 4.
  11. CNGOF et SFD-2010 Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Journal de Gynécologie Obstétrique et biologie de la reproduction. Recommandations pour la pratique clinique. IADPSG recommandations. Diabetes care, volume 33, number 3, march 2010.
  12. Thèse auto surveillance glycémique 2015, Fanny Merette ,

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Epidemiology of diabetes mellitus

SAFER-TABI ; M. SEMROUNI ; A. ADIMI ; Z. ARBOUCHE. Service d’endocrinologie, CHU Beni-Messous, Alger.

Abstract :

The diabetes mellitus (DM) is a chronic metabolic disease with an insidious evolution, responsible of serious complications that continue to increase worldwide. In Algeria, DM represents an epidemic, its prevalence is between 8% and 12% , it is a real public health problem through chronic complications dominated by cardiovascular complications, diabetic foot, chronic renal failure and retinopathy. This article discusses the main epidemiological features and quality of the management of the DM in Algeria.

Key-words : Diabetes mellitus – prevalence – epidemic – diagnostic delay – management – Algeria

Résumé :

Le diabète sucré (DS) est une maladie métabolique chronique, d’évolution insidieuse responsable de complications dégénératives graves qui ne cesse d’augmenter dans le monde. En Algérie, le diabète représente une véritable épidémie, sa prévalence se situerait entre 8% et 12%, il pose un vrai problème de santé publique par le biais des complications chroniques dominées par les complications cardio vasculaires, le pied diabétique, l’insuffisance rénale chronique et la rétinopathie. Cet article discute les principaux caractères épidémiologiques et la qualité de la prise en charge du DS en Algérie.

Mots clés : Diabète sucré – prévalence – épidémie – retard diagnostic – prise en charge – Algérie

Introduction :

Le diabète sucré (DS), les maladies cardiovasculaires, le cancer et les maladies respiratoires chroniques sont les 4 maladies non transmissibles (MNT) les plus fréquentes identifiées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Elles sont la cause de 36 millions de morts par an et elles représentent plus de 60 % des décès dans le monde. Le diabète émerge comme l’une des plus grandes catastrophes sanitaires auxquelles le monde ait jamais été confronté, toutes les six secondes une personne meurt du diabète et deux nouveaux cas de diabète sont diagnostiqués. En 2013 le diabète a causé 5,1 millions de décès soit 14 000 morts par jour. Selon une enquête de l’Institut National de Santé Publique (INSP) algérien, le DS occupe la 4ème cause de décès.

Diagnostic et classification

Le diagnostic de diabète est posé si :

  1. Le sujet présente des symptômes de diabète (polyurie, polydipsie, perte de poids inexpliquée) et une glycémie au hasard ≥ 11,1 mmol/l (2,00 g/l) ; ou
  2. La glycémie à jeun (GAJ) (aucun apport calorique depuis au moins 8 h) est ≥ 7,0 mmol/l (1,26 g/l) confirmée ; ou
  3. La glycémie est ≥ 11,1 mmol/l (2,00 g/l) deux heures après l’ingestion de glucose (75 g) au cours d’une HGPO.
  • L’association américaine du diabète (ADA) a adopté récemment la possibilité de définir le diabète par l’hémoglobine glyquée (HbA1C) ≥ 6,5 sous réserve d’un dosage certifié par NGSP (national glyco hemoglobin standardisation program).
  • L’anomalie de régulation du glucose regroupe l’hyperglycémie   modérée à jeun qui se définit par GAJ ≥ 6,1 mmol/l (1,10 g/l) et <7,0 mmol/l (1,26g/l) et l’intolérance au glucose lorsque GAJ est <7,0 mmol/l (1,26 g/l) et la glycémie 120 min après l’ingestion de glucose (75 g) est ≥ 7,8 mmol/l (1,40g/l) et < 11,1 mmol/l (2,00).
  • Depuis 1998 une nouvelle classification a été établie par GT-OMS, désormais fondée sur son étiopathogénie et non pas sur son mode de traitement, et qui a classé le diabète sucré en :

1. Diabète de Type 1 remplace l’ancien DID :

  • Auto-immun
  • Idiopathique

2. Diabète de Type 2 pour l’ancien DNID.

III. Autres types spécifiques :

Défauts génétiques altérant la fonction des cellules β :

(MODY1, 2, 3, 4, 5, anomalie de l’ADN mitochondrial)

B. Défauts génétiques altérant l’action de l’insuline :

Insulinorésistance de type A, lepré-chaunisme, syndrome de Rabson Mendenhall, diabète lipoatrophique.

C. Maladies du pancréas exocrine :

Pancréatopathie fibro-calculeuse, pancréatite, traumatisme, pancréatectomie, cancer, mucoviscidose, hémo-chromatose.

D. Endocrinopathies :

Syndrome de Cushing, acromégalie, phéochromocytome, glucagonome, hyperthyroïdie, somatostatinome.

E. Pharmaco – ou chimio-induit :

Acide nicotinique, glucocorticoïdes, hormones thyroïdiennes, α stimulants, thiazidiques, Dilantin®,pentamidine, Vacor®, Interféron α

F. Infections :

Rubéole congénitale, cytomégalovirus

G. Formes rares de diabète auto-immun :

Syndrome de « l’homme raide », anti-corps anti-récepteurs de l’insuline.

H. Autres syndromes génétiques parfois associés au diabète :

Trisomie 21, maladie de Friedreich, chorée de Huntington, syndrome de Klinefelter, syndrome de Laurence- Moon-Bardet-Biedl, myotonie dystro- phique, syndrome de Prader-Labhart- Willi, syndrome de Turner, syndrome de Wolfram.

IV. Diabète gestationnel (DG)

Le diabète : une épidémie mondiale et un gradient nord–sud

Le DS est une pathologie qui progresse de façon alarmante dans le monde, prenant   même   des   allures   épidémiques dans certains pays en développement. En 1998 la population diabétique mondiale était de 150 millions, ce chiffre doublera en 2025. Selon la Fédération Internationale du Diabète (FID), en 2035, le diabète touchera 592 millions de personnes devenant ainsi l’une des principales causes d’invalidité et de décès dans le monde. Entre aujourd’hui et 2035, la prévalence du diabète passera de 8,3% à 10,1% de la population mondiale. Il existe une extrême hétérogénéité de la prévalence du diabète d’un pays à l’autre.

Cette épidémie qui concerne surtout le diabète type 2 est liée à plusieurs facteurs, dont la forte croissance démographique, l’amélioration des soins, l’augmentation de l’espérance de vie, le vieillissement de la population, les régimes hypercaloriques, l’obésité et les changements de mode de vie dominés par la sédentarité.

Le DT2 aujourd’hui n’est plus une maladie des pays riches. En effet, 80% des personnes atteintes de diabète vivent dans des pays à faibles ou à moyens revenus (IDF 2013). Dans les pays en développement, le fardeau social et économique de la maladie est très lourd, il pose un vrai problème de santé publique par le biais des complications chroniques dominées par les complications cardio-vasculaires, le pied diabétique, l’insuffisance rénale chronique et la rétinopathie.

Les données épidémiologiques du DT2 en Algérie :

L’Algérie n’est pas épargnée par cette pandémie, sa prévalence varie d’une région à une autre, selon les différentes études menées, la fourchette de la prévalence du DT2 varie entre 8-12% chez les sujets âgés de 30 à 64 ans.

Chez les Touaregs du sud algérien dans la même tranche d’âge elle n’est que de 1,3% ce qui conforte l’influence du mode de vie et de l’activité physique sur le développement de la maladie.

L’étude STEP wise – OMS réalisée en 2003 dans 2 wilayas pilotes (Sétif et Mostaganem) chez les sujets de 25 à 64 ans a montré une prévalence de 7,3%, par contre l’enquête SAHA en 2004 (groupe centre) 6,8% ; une prévalence similaire à une enquête faite dans la région de Tlemcen en 2008 et celle de l’IDF dans sa 5ème édition (Fig4). Des récentes données nationales indiquent des proportions plus élevées : enquête SAHA : 11,8%, TAHINA 12,3%.

Nous notons que les facteurs suscités incriminés dans l’augmentation de la prévalence du DT2 dans le monde sont retrouvés en Algérie.

L’âge de survenu du DT2 est un autre gradient nord–sud : l’âge de survenue du DT2 est plus précoce en Algérie par rapport aux pays développés, il s’est décalé d’une génération.

Il est important de souligner que la fréquence du diabète méconnu en Algérie se situe entre 30 à 50%.

Retard diagnostic et morbidité lors du diagnostic du DT2 :

Les complications dégénératives ne sont pas rares chez les nouveaux cas diagnostiqués, comme l’a montré depuis longtemps l’étude UKPDS. Ainsi, en Algérie, selon une étude menée à l’est du pays en 2006, l’enquête de dépistage des complications du diabète présentes au moment du diagnostic sur un échantillon représentatif (n=90902) a retrouvé : insuffisance rénale (15%), rétinopathie diabétique (12,5%), anomalie à l’ECG (11%), cataracte : 8,1%.

Quelle prise en charge et quel équilibre glycémique en Algérie ?

L’équilibre glycémique en Algérie est loin d’être satisfaisant, ce qui a été retrouvé dans l’étude DiabCare, ou le taux moyen d’HbA1c était de 8,52% avec un taux d’HB1C > à 9% chez plus de 1/3.

L’étude A1 Chieve a objectivé qu’il y a un retard à l’optimisation et l’intensification thérapeutique du DT2 en Algérie.

Incidence du DT1 en Algérie :

L’Algérie est considérée comme un pays à moyenne incidence du DT1. En effet, son incidence moyenne chez les enfants de moins de 15 ans varie entre 8,1 et 11,9/100 000, rapportée respectivement par le registre du diabète d’Oran (K. Bessaoud, Boudraa 1996-2005) et de Constantine (Z. Bouderda 1990-2004).

En 2006, l’IDF a retrouvé une incidence moyenne de 13,1/100 000 (Diabetes Atlas, Algeria DIAMOND 2006) et en 2014 selon le registre du DT1 d’Oran elle est de 24,5/100 000, cette augmentation est en fait rapportée dans la plupart des registres partout dans le monde.

Quant à l’incidence moyenne du diabète de type 1 chez les jeunes de 15 à 29 ans elle est de 6,11/100 000 (Sétif) et sa prévalence est de 0,4% (Tlemcen).

Conclusion :

Le diabète en Algérie est un problème majeur de santé publique, sa prévalence est en croissance, il touche des individus de plus en plus jeunes avec retard diagnostic et parfois même des complications présentes dès le diagnostic. Sapriseenchargeestdifficile,complexe; et nécessite des efforts permanents pour améliorer la qualité des soins et un programme de prévention afin de diminuer la morbimortalité.

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  • M. Belhadj. « Le diabète en Algérie », Rev. MMM. HS3-2011

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Pain in cancer patients

Dr Houda ATHAMNIA MA, Dr Said SANSRI, Dr Assia BENSALEM, Oncologie Médicale, CHU Benbadis – Constantine.

Abstract :

The pain associated with cancer still remains today an issue of concern to patients, their families and healthcare teams. It is a complex sensation which must be evaluated on its multiple facets, its entanglement with other symptoms, especially among terminally ill patients. Developed therapeutic strategies therefore need to be tailored not only to the pathophysiological mechanism but also to the overall assessment of the problem and the possibilities of the environment. It is indisputable that there is awareness of cancer pain. The development and marketing of «new» opioid and new dosage forms can allow to envisage the treatment of cancer pain will be better tolerated and adapted to each individual; this means that the conventional rules on which we base our basic technique practiced for twenty years to treat cancer pain, must also change radically. Indeed, more product variety and dosage forms, the more diverse and presumably more appropriate, be therapeutic choices.

Key-words : Pain, cancer, nociceptive pain, neurogenic pain, psychogenic pain, scales, analgesia, WHO level, opioid, morphine.

Résumé :

La douleur associée au cancer reste encore de nos jours un problème qui préoccupe les patients, leurs familles et les équipes soignantes. C’est une sensation complexe qui doit être évaluée selon ses multiples facettes, son intrication avec d’autres symptômes, surtout chez des patients en fin de vie. Les stratégies thérapeutiques développées doivent donc être adaptées non seulement au mécanisme physiopathologique mais aussi à l’évaluation globale du problème et aux possibilités de l’environnement. Il est incontestable qu’il existe une sensibilisation envers la douleur cancéreuse. Le développement puis la commercialisation de « nouveaux » opioïdes et de nouvelles formes galéniques peut permettre d’envisager que les traitements de la douleur associée au cancer seront de mieux en mieux tolérés et adaptés pour chaque individu ; cela signifie que les règles classiques sur lesquelles nous basons notre pratique technique de base depuis une vingtaine d’années pour traiter la douleur due au cancer, doivent elles aussi évoluer en profondeur. En effet, plus la diversité des produits et des formes galéniques est grande, plus divers et on le suppose plus adaptés, seront les choix thérapeutiques.

Mots clés : La douleur, cancer, douleur nociceptive, douleur neurogène, douleurs psychogènes, échelles, analgésie, palier de l’OMS, opioïde , la morphine.

La douleur chez les cancéreux

Selon l’IASP (Association Internationale pour l’Étude de la Douleur) “La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, due à une lésion tissulaire potentielle ou réelle, ou décrite en les termes d’une telle lésion.

Autrement dit, est douleur ce que le patient dit ressentir comme telle. Cette définition met l’accent sur ce que sent et ressent le patient sans préjuger ni du mécanisme responsable ni de notion de durée (douleur aiguë ou douleur chronique).

Les mécanismes générateurs des douleurs

Les voies nociceptives regroupent l’ensemble des structures nerveuses concernées par la détection, la transmission, l’analyse, l’intégration et le contrôle des stimuli nociceptifs. C’est à dire agressifs pour les tissus.

Douleur nociceptive : Le mécanisme est un excès de stimulations nociceptives qu’on rencontre dans les situations de douleur aiguë, comme les traumatismes ou les brûlures, ou encore lors de douleurs chroniques, comme les rhumatismes ou le cancer.

Le stimulus douloureux est causé par la stimulation de récepteurs, les nocicepteurs, puis, il est transmis par les voies de la douleur jusqu’au cortex cérébral, provoquant ainsi la perception de la douleur.

Douleur neuropathique : elle résulte d’une lésion et/ou d’une irritation de l’un des éléments constitutifs, périphérique et/ou central des voies nociceptives. Presque toujours des douleurs chroniques.

Douleurs idiopathiques et psychogènes :

Douleur sans substrat anatomique survenant généralement lors de névroses.

Les différents types de douleur

Douleur aiguë < 3 à 6 mois :

La douleur aiguë, d’installation récente, est considérée comme un signal d’alarme (un symptôme) qui protège l’organisme : elle déclenche des réactions dont la finalité est d’en diminuer la cause et d’en limiter les conséquences : on parlera alors de nociception.

Elle entraîne une démarche diagnostique indispensable, permettant d’en préciser l’origine somatique ou non. Son mécanisme générateur est habituellement simple, mono factoriel.

Douleur chronique > 3 à 6 mois : Toute douleur rebelle à un traitement symptomatique et étiologique bien adapté doit faire évoquer la notion de “syndrome douloureux chronique” : dans ce contexte, la douleur a perdu toute valeur protectrice. Elle est destructrice, dévastatrice tant sur le plan physique que psychologique et social

Quelles sont les causes de douleur pendant un cancer

1.  Les douleurs liées à la tumeur

Les douleurs causées par la tumeur représentent 70% des cas.

Douleurs mécaniques : Par compression et infiltration des structures nerveuses avec atteinte sensitive ou motrice ex ; envahissement du plexus brachial par un cancer de l’apex pulmonaire avec atteinte C8-D1 ou un syndrome de compression, douleur viscérale par distension des viscères et infiltration des séreuses ou en cas de lésion rachidienne ou des os longs avec ou sans fracture.

Douleur inflammatoire : Liée aux ulcérations des muqueuses comme on peut voir dans les cancers ORL, génito urinaire qui peut être très intenses.

Douleur neuropathique : Peuvent apparaître lorsque la tumeur ou des métastases compriment ou envahissent une partie du système nerveux.

  • Les douleurs provoquées par les traitements du cancer : Représentent 20% des cas.

Douleurs post-chimiothérapie : Due à l’effet toxique sur des cellules saines, surtout celles qui se renouvellent rapidement.

– Neuropathie périphérique : Sensitives ou motrices se traduisent par des dysesthésies ou brûlures intenses au niveau des mains et du pied propoprortionnelles à l’augmentation des doses.

  • Mucites : Au niveau de la bouche et de la sphère digestive haute
  • La surinfection : fréquente avec du candida Albicans ou du virus herpétique est source d’aggravation des lésions.

Douleur post radique : par l’ostéoradionécrose, la myélite post radique et les plexites postradiques. La douleur survient 6 a 20 mois après la radiothérapie

Douleurs postopératoires : Sont de mieux en mieux maîtrisées. Après une thoracotomie mastectomie amputation. Ce sont des douleurs aigues.

Évaluation de la douleur

L’évaluation de la douleur dans le cancer a cette spécificité de n’être possible que dans la relation entretenue par le malade et l’équipe soignante. L’évaluation de la douleur doit être la base du traitement, elle doit être faite à la fois par l’équipe soignante et par le patient

L’interrogatoire du patient

Quel que soit le site de la douleur, l’interrogatoire doit préciser au moins 7 items : Le profil évolutif, Mode de début, Latopographie, Le type de douleur, L’intensité, Les facteurs de soulagement et d’aggravation, Les manifestations associées et L’impact sur la qualité de vie.

Échelles Unidimensionnelles

Échelle visuelle analogique (EVA)

Échelle Numérique (EN) une    note entre 0 et 10

Échelle Verbale (EV), le patient doit choisir le mot décrivant l’intensité de la douleur

Échelle visuelle analogique (EVA)

Échelles pluridimensionnelles

Mac Gill Pain Questionnaire (MPQ)

Questionnaire Douleur Saint Antoine (QDSA)

Échelles comportementales (Karnofsky, Doloplus, enfant)

Echelle comportementale de la douleur chez la personne âgée (ECPA) – Personne âgée communicante

Observation en dehors des soins

1- Plaintes exprimés en dehors des soins3 Plaintes exprimés en dehors des soins
0 : Le sujet ne se plaint pas00 : Aucune position antalgique0
1: Le sujet se plaint si l’on s’adresse à lui11 : Le sujet évite une position1
2 : Le sujet se plaint en présence de quelqu’un22 : Le sujet choisit une position antalgique2
3 : Le sujet gémit ou pleure silencieusement de façon spontanée33 : Le sujet recherche sans succès une position antalgique3
4 : Le sujet crie ou se plaint violemment de façon spontanée44 : Le sujet reste immobile4
2 L’expression du visage : regard, mimiques 
0 : Le visage détendu0
1 : Le visage soucieux1
2 : Le sujet grimace de temps en temps2
3 : Regard effrayé et /ou visage crispé3
4 : Expression complètement figée4

Observation pendant les soins

4 Anticipation anxieuse des soins6 Réactions pendant les soins des zones douleureuse
1: Angoisse du regard, impression de peur10 : Aucune réaction pendant les soins0
2 : Le sujet agité21 : Réaction pendant les soin, sans plus1
3 : Le sujet agressif32 : Réaction au toucher des zones douleureuses2
4 : Crie, soupirs, gémissement43 : Réaction à l’effleurement des zones3
5 Réaction pendant la mobilisation4 : L’approche des zones est impossible4
0 : Le sujet se laisse mobiliser et/ ou se mobilise07- Plaintes exprimées pendant les soins
sans y accorder une attention particulière0 : Le sujet ne se plaint pas0
1 : Le sujet a une regard attentif et semble craindre la mobilisation et les soins11 : Le sujet se plaint si l’in s’adresse à lui1
2 : Le sujet retient de la main ou guide les gestes lors de la mobilisa- tion ou des soins22 : Le sujet se plaint en présence de quelqu’un2
3 : Le sujet adopte une position antalgique lors de la mobilisation ou des soins33 : Le sujet gémit ou pleure silencieusement de façon spontanée3
4 : Refuse notre nourriture44 : Le sujet crie ou se plaint violemment de façon spontanée4

Répercussion sur l’activité

8 Sur l’appétit10 Sur les mouvements
0 : Pas de modification de l’appétit00 : Le sujet se mobilise comme d’habitude0
1: Appétit légérement réduit:ne mange qu’une partie de sa nourriture11 : Le sujet bouge comme d’habitude, mais évite certains mouve- ments1
2 : A besoin de sollicitations pour manger une partie de sa nourriture22 : Lenteur, rareté des mouvements2
3 : Malgré les sollicitations, ne mange que quelques bouchées33 : Immobilité3
4 : Refuse toute nourriture44 : Prostration ou agitation4
9 Sur le sommeil11 Sur la communication
0 : Bon sommeil, au réveil le sujet est reposé00 : Conatct habituel0
1 : Difficultés d’endormissement ou réveil matinal précoce11 : Contact difficile à établir1
02: Eviter la relation2
2 : Difficultés d’endormissement et réveil matinal précoce203 : Le sujet crie ou se plaint violemment de façon spontanée3
3 : Réveil nocturne en plus des signes précédents304: Indiférrence totale4
4 : Sommeil rare ou absent4ECPA – 4°version- personne âgéecommunicante – 1999

Les moyens de l’analgésie

Les thérapeutiques à visée carcinologique ont pour objectif, selon le stade évolutif du cancer, d’être curatives ou palliatives. Elles sont antalgiques par leur action sur la progression tumorale.

Certaines substances, en contrecarrant les effets néfastes de l’extension tumorale, procurent une analgésie ou tout au moins un confort. C’est le cas des co-antalgiques

Règles de base :

Privilégier une voie simple

Prescriptions à horaires fixes

Possibilités d’interdoses

Prescription minutieuse et personnalisée

Explication précise et sincère de la prescription au malade et/ou à son entourage

Réévaluation régulière

Traiter la cause

Les thérapeutiques à visée antalgique symptomatiques pour la douleur nociceptive incluent :

MédicamentsToxicité
Antalgiques antipyrétiquesParacétamolHépatique
Antalgiques antipyrétiquesSalicylésDigestive
Cochléo-vestibulaire
Anti-inflammatoires AINSRéactions allergiques
Troubles de l’hémostase
Acupan

PALIER I : antalgiques non opioïdes (périphérique)

Ces substances appartiennent au niveau I de l’échelle des analgésiques de l’OMS. Elles sont indiquées dans le traitement des douleurs d’intensité faible à modérée.

PALIER II : opioïdes faibles

Indiqués pour les douleurs légères à modérées ou réponse insatisfaisante au palier 1.

Ce sont :

La Codéine : entre dans la composition de nombreuses spécialités. Elle a un inconvénient principal : un effet ralentisseur du transit intestinal, la proscrivant dans les états sub-occlusifs. Elle est commercialisée en association avec le paracétamol le plus souvent (Efferalgan® Codéine, Dafalgan® Codéine, Lindilane®, Codoliprane®, Klipal®… 1 à 2 comprimés toutes les quatre heures).

Le dextropropoxyphène est utilisé en association au paracétamol (Diantalvic®, Propofan®…). C’est un dérivé dextrogyre de la méthadone ce qui expliquerait (en partie) sa bonne efficacité sur certaines douleurs neurogènes par une action sur les récepteurs opioïdes.

Le tramadol (Topalgic®, Contramal®, Zamudol®, Takadol®…) agit comme un agoniste des récepteurs opioïdes, avec également une inhibition de la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine. Sa biodisponibilité orale est de 70 à 90 % avec un métabolisme essentiellement hépatique et une élimination rénale. La cinétique du produit est peu modifiée chez le sujet âgé ; il convient d’être prudent dans l’insuffisance rénale et hépatique. Outre son action sur la douleur noci-ceptive, certaines études montrent un effet sur les douleurs neurogènes en raison de son mécanisme d’action.

PALIER    III    :    opioïde   forts Indiqué dans la douleur nociceptive modérée à intense, la rotation des opioïdes et en cas de douleur neurogène

  1. Opioïde mixtes

Du fait de leur mode d’action respectivement agoniste-antagoniste et agoniste partiel-antagoniste exposant à un effet antalgique plafond, sont moins utilisées. On a :

Buprinorphine = temgésic dérivé de la thébaine

Présentation : cp. sublingual de 0,2 mg ou amp. de 0,3 mg en IM IV SC avec une posologie : 1-2 cp 3x/j

  1. Agonistes des récepteurs opioïdes = morphiniques Médicament fondamental des douleurs cancéreuses, après échec du traitement antalgique.

Des douleurs intenses justifiant d’emblée le recours à la morphine. La plupart des douleurs cancéreuses répondent à la morphine à l’exception de certaines douleurs neurogènes C’est l’intensité de la douleur et non le stade de la maladie qui fait prescrire la morphine. Morphine orale : c’est la pièce maîtresse du traitement de la douleur du cancer. La prescription peut donc être précoce en cas de douleur résistante aux traitements de palier 1 et 2.

Morphine S/C ou IV

  1. L’oxycodon : Oxycontin® LP cp

Propriétés :

  • Dérivé semi-synthétique de la thébaïne approximativement deux fois plus puissant que la morphine. Forte biodisponibilité per os : 60 à 87%

Indications :

  • Douleurs chroniques, d’origine cancéreuse intenses ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible
  • Chez l’adulte à partir de 18 ans
  • Échec ou intolérance à la morphine: rotation des opioïdes

  • L’hydromorphone : Sophidone®

Indications :

  • Douleur cancéreuse, douleur intense et si résistance ou intolérance à la morphine

Propriétés :

  • Dérivé semi synthétique de la morphine.
  • 7,5 fois plus puissant que la morphine

  • Fantanyl

En IV ou en patch transdermique.

Indications :

  • Douleur d’origine cancéreuse, douleur stable et douleur intense ou douleur rebelle aux autres antalgiques.
  • 100 fois plus puissant /morphine.

Les traitements co-antalgiques

•   Les corticostéroïdes :

Ils ont une action antalgique par leur effet anti-œdème : HIC, effets anti-inflammatoires et antiémétiques

• Les anticonvulsivants :

Leur indication principale est la douleur neurogène. Le produit utilisable en première intention est le clonazépam (Rivotril®)

Paliers d’analgésiques pour le traitement de la douleur cancéreuse

• Les antidépresseurs :

Seuls les antidépresseurs tricycliques ont montré une action antalgique en plus de leur propriété antidépressive.

L’amitriptyline (Laroxyl®, l’imipramine (Tofranil®), la clomipramine (Anafranil®) sont les plus prescrits

• Les diphosphonates :

Ils sont indiqués chez les patients ayant des métastases osseuses du fait de leur action anti-ostéoclastique et hypocalcémiante :

  • Zolédronate (Zometa®) 4 mg IV perfusé en 15 minutes
  • Pamidronate (Aredia®) 60 à 90 mg IV perfusé en 2 heures
  • Clodronate (Ostac®)
 Dose initialeDose moyennes et maximales/jPrincipaux effets secondairesContre-indications
Antidépresseurs tricy-10-25mg75-150mgDysurie, constipationGlaucome IDM récent
clique 1 prise/jPrise de poids, ver-troubles cardiovascu-
Amitriptyline (Laroxyl®)  tiges, tachycardie……laires
Imipramine (Tofranil®)    
Clomipramine (Anafranil®)    
Antidépresseurs IRSNA60mg60-120mg 1/jNausées-vomissementsInsuffisance rénale ou
Duloxétine (Cymbalta®)37,5mg75-150mg 1-2/-constipation –ano-hépatique sévère
Venlafaxine (Effexor®)50mg50mg 2 /jrexie, insomnies …. 
Minacipran®    
Antiépileptique300mg le soir1200-3600mg 3/jSomnolence, asthénie,Sensibilité à la subs-
Gabapentine (Neurontin®)75mg300-600mg 2/jCéphalées œdèmetance active ou à l’un
Prégabaline (Lyrica®)  périphérique…des excipients
Anesthésique local1-3 emplâtres/j1-3 emplâtres Sensibilité à la subs-
Lidocaine emplâtres 5%selon douleurapplication conti- tance active ou à l’un
(Versatis®) nue 8-16h/j des excipients

Traitement de la douleur neurogène

Traitement non medicamenteux

  1. Les techniques d’anesthésie locorégional
  2. Les interventions de neurochirurgie
  3. Prise en charge psychologique
  4. Les moyens physiques :
  5. La stimulation cutanée
  6. La kinésithérapie
  7. La stimulation électrique transcutanée

Conclusion

La douleur due au cancer doit être traitée précocement.

Le traitement de la douleur nociceptive suit les recomman- dations de l’OMS. Avec ces recommandations adaptées à la situation individuelle, en ne négligeant pas la prise en charge des composantes neurogène, psychologique, cognitive et comportementale, nombre de malades douloureux devraient être correctement soulagés.

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  30. La morphinothérapie intracérébroventriculaire. A propos de 79 patients. S. BLOUD, J. MEYNADIER, T. DUPARD, R. ASSA- KET, C. BRICHARD, JL CHISTRAEUS, A. DEMAILLE. Neurochirurgie 1989 – 35 : 52 – 57.
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Management of episodes of exacerbation of childhood asthma

Pr H. MAOUCHE Maitre de Conférences classe – A – Service de pédiatrie du professeur Pr A. BENSENOUCI CHU Béni-Messous

Abstract :

Asthma is themost common chronic respiratorydisease in childhood.It is responsible for a high number of emergency consultations, hospitalizations, school absenteeism, impaired quality of life and major health costs.Shortness of breath, cough, chest tightness, respiratory distress, wheezingand exacerbation makeanyseverity andburdenof this disease. Asthma attack and exacerbationsshould be evaluated and supported by consensual treatment protocolsadapted to theseverity ofeach case.The maindrugs usedare theshort-acting beta2-agonist (bronchodilators)and corticosteroids.

Keywords : Asthma, attack, exacerbation, short-acting beta2 agonist, corticosteroids, treatment protocol.

Résumé :

L’asthme est la maladie chronique la plus fréquente de l’enfant. Il est responsable d’un nombre élevé de consultations urgentes et d’hospitalisations, d’absentéisme scolaire, d’altération de la qualité de vie et d’importantes dépenses de santé. Les accès paroxystiques de gènes respiratoires et de dyspnées, font toute la gravité et la charge de morbidité de cette affection. Les crises et les exacerbations doivent être évaluées et prises en charge selon des protocoles de traitement consensuels adaptés au degré de gravité de chaque cas. Les principaux médicaments utilisés sont les bronchodilatateurs d’action rapide et les corticoïdes.

Mots-clés : Asthme, crise, exacerbation, bronchodilatateurs, corticoïdes, protocole de traitement.

Définitions :

  • Crise d’asthme : Accès paroxystique d’une dyspnée de durée brève avec oppression thoracique, toux et sibilants cédant spontanément ou sous l’effet d’un traitement adapté.
  • Exacerbation : Persistance des symptômes qui durent plus de 24 heures, quel que soit le mode de début brutal ou progressif.
  • Asthme Aigu Grave (AAG) : Appelé autrefois état de mal asthmatique.

Crise d’emblée sévère qui ne répond pas au traitement ou dont l’intensité est inhabituelle dans son évolution ou sa symptomatologie. Il peut s’agir d’une crise inaugurale. Le risque de décès nécessite une prise en charge en réanimation.

  • Instabilité : Asthme mal contrôlé par le traitement de fond, avec variabilité des symptômes et variations circadiennes importantes du DEP.

Diagnostic positif :

Le diagnostic d’une crise d’asthme est clinique. Il repose sur les symptômes cardinaux suivants : toux,sensation d’oppression thoracique, dyspnée expiratoire, sifflements.

Diagnostiquer une crise d’asthme :

Facteurs déclenchants :

  • Infection : virale, bactérienne …
  • Exposition à un allergène (pneumallergène) ou un irritant (tabac, pollution…).
  • Exercice physique.
  • Changement climatique.
  • Émotions, Contrariétés.
  • Médicaments.

Les signes annonciateurs : Prodromes.

Les prodromes sont stéréotypés pour chaque enfant. Ils ne doivent pas retarder la mise en route du traitement au domicile du patient selon un plan d’action personnalisé.

  • Rhinorrhée claire.
  • Toux sèche.
  • Sensation de chatouillements au niveau du palais.
  • Poussée d’eczéma.

La crise : Un ou plusieurs des signes suivants.

  • Dyspnée expiratoire aves des sifflements, wheezing, toux parfois productive.
  • Oppression thoracique.
  • Détresse respiratoire : Tachypnée, battement des ailes du nez, tirage intercostal, entonnoir xiphoïdien, balancement thoraco-abdominal.
  • Thorax distendu.
  • Sibilants à l’auscultation.
  • Amélioration des symptômes sous traitement bronchodilatateur sauf si asthme aigu grave.

Diagnostic de gravité :

Devant toute crise d’asthme il est impératif de rechercher les facteurs de risque d’AAG et d’évaluer la gravité de la crise. La radiographie du thorax n’est pas systématique, elle est nécessaire dans le cas d’une crise d’asthme inaugurale (utile au diagnostic différentiel) ou d’une crise d’asthme sévère ou qui évolue mal sous traitement bien conduit (pour rechercher un pneumothorax, un pneumo médiastin ou une pneumopathie infectieuse).

Les facteurs de risque d’AAG : L’existence d’un seul facteur indique l’hospitalisation

  • Antécédent d’hospitalisation ou de consultations multiples aux urgences pour asthme durant l’année précédente.
  • Corticothérapie orale en cours ou sevrage récent.
  • Asthme instable avec recours fréquents de bronchodilatateurs (consommation > 1 flacon /mois)
  • Antécédent d’Asthme Aigu Grave ayant nécessité une ventilation mécanique.
  • Syndrome d’allergie multiple, allergie alimentaire.
  • Non compliance au traitement de fond (corticoïdes inhalés).

Évaluation de la gravité d’une exacerbation:

 LégèreSévèreAsthme Aigu Grave (AAG)
ÉlocutionPhrasesMots—–
Comportement (Conscience)NormaleAgitation, Confusion, SomnolenceSomnolence/Confusion Coma
FC<100/mn   > 200/mn (0-3 ans)
> 180/mn (4- 5 ans)
bradycardie
Coloration                                             Normale     Cyanose Sueurs et cyanose marquées
SibilancesVariablesBruyantes ou avec du MVSilence auscultatoire
SaO2> 95%< 92%< 91% sous OXYGENE
Mesures effectuées en air ambiant avant l’usage de bronchodilatateurs

Traitement :

Surveillance :

Toute crise d’asthme doit être surveillée de façon permanente

Clinique :

Coloration des téguments (cyanose)

Sueurs (signe d’hypercapnie)

Fréquence respiratoire,

Fréquence cardiaque,

Intensité du tirage, Wheezing, sibilants. Conscience.

Saturation : maintenir une SaO2≥ 92 %

Gazométrie artérielle : dans une crise modérée qui s’aggrave, la crise sévère et l’Asthme Aigu Grave.

Remarques :

  • Les corticoïdesutilisés en Intraveineux : Solumedrol® 1 à 2 mg/Kg/6h, hémisuccinate d’hydrocortisone 5 Mg/Kg/4 heures
  • Les anticholinergiques (Dibromure d’Ipratropium) associés aux bronchodilatateurs apportent un bénéfice dans la crise d’asthme sévère.
  • La théophylline : peut être utilisée en deuxième intention dans le traitement de la crise sévère qui ne répond pas bien aux bronchodilatateurs associés aux anticholinergiques.
  • Le sulfate de Magnésium : 25-75 mg/kg/jour en perfusion IV de 20 mn, peut être essayé dans le traitement de la crise d’asthme sévère qui ne répond pas au traitement bien conduit à base de bronchodilatateurs + anticholinergiques + corticoïdes.
  • L’adrénaline : n’apporte pas de bénéfice supplémentaire. Elle est indiquée dans la crise d’asthme associée à un choc anaphylactique.
  • Les mucolytiques : n’ont aucune indication.
  • Les antitussifs : sont contre-indiqués.
  • Les antibiotiques : indiqués en cas d’infection bactérienne suspectée ou prouvée.
  • Kinésithérapie respiratoire : Peut être utile après la régression de la crise.

Traitement de fond :

A la fin du traitement de consolidation à base bronchodilatateurs et de corticoïdes per os, mettre en route le traitement de fond à base de corticoïdes inhalés après avoir bien expliqué à la famille :

  • La technique d’inhalation (chambre d’inhalation).
  • La maladie.
  • L’éviction des facteurs déclenchant et du tabagisme passif. Une éducation thérapeutique du patient et de sa famille est indispensable pour assurer un contrôle optimal de la maladie asthmatique.

Bibliographie

  1. Guide sur le Diagnostic et la prise en charge de l’Asthme de l’Enfant. Groupe de Pneumologie et Allergologie. Société Algérienne de pédiatrie 2010. Available on www.sapediatrie-dz.com
  2. Global Initiative for Asthme2015 (GINA) Available on www.ginastma.gov
  3. British Guideline of management of asthma, a national guideline revised 2014. British Thoracic Society, Scottish Intercollegiate Guidelines Network. Available on www.sign.ac.uk/guidelines
  4. Bacharier L.B and All. Diagnosis and treatment of asthma in childhood : a PRACTALLconsensus report. Allergy 2008 : 63 : 5–34
  5. Papadopoulos N. G And All. International consensus on (ICON) pediatric asthma Allergy 2012 ; 67 : 976–997

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Diabetic peripheral neuropathy in 10 questions

N. DAMMENE-DEBBIH* ; F. KESSAL**, A. HATRI** ; A. MAMMERI ; R. GUERMAZ** ; D. LOUNIS* ; M. BROURI** Service de médecine interne HCA Alger ** Service de médecine interne EPH El Biar, Alger

Abstract :

Peripheral diabetic neuropathy is an invalidating and potentially serious complication being able to lead to the amputation, and whose development is mainly given by the chronic hyperglycemia. Its prevalence is variable according to the studies, nevertheless, it is estimated at 30% at the time of the diagnosis and grows with the duration of the diabetes. Its diagnosis is clinical, it must be early thanks to tools simple and reliable by means of monofilament of 10 g Semmes-Weinstein or of a tuning fork of 128 Hz (12-16). Its assumption of responsibility rests, initially and above all, on balance glycemic and secondarily on medicamentous treatments, with symptomatic aiming, having been the object of international recommendations

Key-words : Peripheral neuropathy, diabetes, monofilament testing

Résumé :

La neuropathie diabétique périphérique est une complication invalidante et potentiellement grave pouvant conduire à l’amputation, et dont le développement est principalement déterminé par l’hyperglycémie chronique. Sa prévalence est variable en fonction des études, néanmoins, elle est estimée à 30 % au moment du diagnostic et croît avec la durée du diabète. Son diagnostic est clinique, il doit être précoce grâce à des outils simples et fiables au moyen du monofilament de 10 g de Semmes-Weinstein ou d’un diapason de 128 Hz (12-16). Sa prise en charge repose, d’abord et avant tout, sur l’équilibre glycémique et secondairement sur des traitements médicamenteux, à visée symptomatique, ayant fait l’objet de recommandations internationales

Mots-clés : Neuropathie périphérique, diabète, monofilament.

7. Quelle est la place de l’EMG dans l’exploration de la neuropathie diabétique ?

  • L’EMG n’a pas sa place en diabétologie clinique.
  • Il n’étudie pas la douleur.
  • Il peut être normal en cas d’atteinte limitée aux petites fibres.
  • Il n’est pas indiqué pour le diagnostic positif de PDS mais pour un diagnostic différentiel,
  • C’est généralement une indication relevant du spécialiste lorsqu’il y a un doute étiologique en cas d’atypie, c’est-à- dire, une symptomatologie précoce, sans autre complication présente telle qu’une rétinopathie, une atteinte asymétrique, un déficit moteur important, une atteinte des membres supérieurs ou autre étiologie possible etc ; en effet, après 10 à 15 ans de diabète, l’EMG est anormal chez tout diabétique et il a donc une valeur diagnostique médiocre. Les anomalies typiques sont une axonopathie distale démyélinisante ; les vitesses de conduction nerveuse et l’amplitude des potentiels d’action des nerfs sensitifs, puis moteurs, sont réduites ;

8.  Quand demander un avis neurologique ?

Selon les recommandations de la HAS, on fait appel au neurologue en cas de doute diagnostic ou de déficit atypique, à savoir une :

  • Neuropathie crânienne
  • Neuropathie des membres supérieurs
  • Neuropathie aiguë chez des patients considérés comme bien équilibrés
  • Forme amyotrophique
  • Forme asymétrique
  • Forme d’évolution rapide.

9. Quelles en sont les complications les plus redoutables ?

  • La plaie chronique : définie par une plaie du pied durant plus de 3 semaines. La plaie la plus caractéristique est le mal perforant plantaire, appelé par les anglo-saxons « ulcère neuropathique ».

À noter que le risque annuel d’ulcération du pied en présence d’une neuropathie est de 5 à 7% versus <1% chez les non neuropathiques.

  • Le pied de Charcot : secondaire à une atteinte des petites fibres, et en particulier les fibres neurovégétatives. Il débute par des micro-fractures qui passent souvent inaperçues en raison de la neuropathie, mais entraînent brutalement un pied rouge et gonflé, le diagnostic à ce stade est fait uniquement par l’IRM. Sa physiopathologie (9) met en cause une activation des ostéoclastes via le système RANK/RANKL aboutissant à une ostéolyse massive en 2 à 3 semaines en l’absence d’immobilisation.
  • La neuropathie diabétique périphérique est responsable de 50 -75% des amputations.
La neuropathie diabétique périphérique, douloureuse ou non douloureuse est un facteur de risque de pied diabétique ayant pour conséquences majeures :Risque annuel d’ulcération du pied: 5-7% (<1% chez les non neuropathiques)Responsable de 50 -75% des amputationsAltération de la qualité de vie.
Un diagnostic précoce, implique une mise en route précoce d’un traitement et donc une réduction du risque de chronicisation

10.   Comment prendre en charge la neuropathie périphérique du diabète ?

  • Un seul traitement a été validé jusqu’à présent : l’équilibre glycémique !
  • Aucun autre traitement de fond n’est actuellement disponible.
Optimisation du contrôle glycémique
•  GAJ: 0.7 – 1.10g/l,
•  GPP: 1.10 – 1.40g/l,
•  HbA1c < 7% (6.5%)
  • En effet, un contrôle strict de la glycémie réduit la neuropathie de 50% (selon DCCT), de 40% (selon UKPDS) (10) et de 68% (selon Steno2).

Il peut permettre de stabiliser la perte de sensibilité surtout dans le diabète de type 1, mais ne la fait pas régresser. L’objectif est alors la prévention des complications de la neuropathie, avec en premier le mal perforant plantaire.

  • Une fois le diagnostic de neuropathie douloureuse posé, avant d’entreprendre un traitement, on doit mesurer l’intensité de la douleur (cotation sur 10) sur une échelle visuelle analogique ou numérique, afin d’évaluer l’efficacité du traitement.
  • Le traitement de la douleur neuropathique comporte de nombreux médicaments ; cependant, peu de patients obtiennent un soulagement complet de la douleur ; on qualifie de significatif, sur le plan clinique, un soulagement de la douleur de l’ordre de 30 à 50 % quel que soit le traitement choisi
Les objectifs thérapeutiques doivent être réalistes :
• Soulagement mais pas toujours guérison
•  Amélioration de la qualité de vie
•  Limitation du handicap
•  Prise en charge de la comorbidité : dépression, anxiété
  • Les antidépresseurs ou les antiépileptiques sont préconisés comme premier choix thérapeutique selon les recommandations de l’American Academy of Neurology (11) suivis soit d’une combinaison des deux, soit d’un changement de substance, et enfin d’une combinaison avec des opiacés.
  • En effet, les opiacés sont déconseillés par la plupart des praticiens pour traiter la neuropathie diabétique douloureuse en raison des risques de dépendance, de tolérance, d’escalade des doses et de détournement.
  • Ils sont utilisés principalement lorsque les autres traitements ont échoué.
  • Parmi les autres options thérapeutiques jugées efficaces figurent le nitrate topique en vaporisateur (12), la capsaïcine topique dont l’application initiale est souvent très douloureuse et la neurostimulation électrique transcutanée (13).
  • La libération chirurgicale des nerfs inférieurs distaux périphériques n’est pas recommandée en raison de son inefficacité (14).
  • Concomitamment à l’équilibre glycémique, il est également indispensable d’agir sur les autres facteurs favorisants, tels que : l’alcool, le tabagisme, l’obésité, l’insuffisance rénale etc…
  • Le traitement du mal perforant plantaire repose sur le débridement et la mise en décharge.Lorsque la PDS commence à se compliquer de déformations (orteils en griffes, pied creux, hallux erectus…), il est probable que ces déformations s’autoaggravent.
  • Le port de chaussures et semelles orthopédiques est indispensable pour éviter ce cercle vicieux.
  • Concernant le pied de Charcot, le seul traitement recommandé à ce jour, est l’immobilisation.
Les 3 grandes classes pharmacologiques :AntidépresseursTricycliques : amitriptyline, clomipramine (Anafranyl®), imipramine (Tofranyl®)SNRI : duloxétine (Cymbalta®), venlafaxine (Effexor)Antiépileptiquesα2δ ligands (réduisent l’activité du canal calcique présynaptique) gabapentine (Neurontin®), prégabaline (Lyrica®)Bloqueurs des canaux sodiques : cabama-zépine (Tégrétol®), oxcarbazépine (Trileptal®), lamotrigine (Lamictal®), topiramate (Topamax), clonazepam (Rivotril®) OpioïdesTramadol (Topalgic®)Opioïdes forts : morphine, oxycodone  
Approuvés par la FDA
•  Duloxétine (Cymbalta®),
•  Prégabaline (Lyrica®),

Stratégies thérapeutiques

Selon la HAS 2008, elles reposent toutes sur les mêmes principes :

  • Connaissance et maîtrise des molécules courantes de 1ère ligne
  • Les options thérapeutiques sont dictées par une règle absolue : un parfait équilibre entre efficacité/tolérance/ contre-indications.
  • Mono ou polythérapie ou traitement multimodal selon la situation : (voir algorithmes).
  • Choisir une posologie cible initiale en titrant « start low, go slow » puis recherche de 30 à 50% de soulagement jugé satisfaisant par le patient
  • Outils d’évaluation de la douleur : EVA, Likert, NPSI,
  •  Durée du traitement : 2 à 3 mois suivis d’une tentative lente de sevrage, avec réintroduction à l’identique si besoin.

Abréviations :

DCCT : Diabetes Control and Complications Trial DN4 : Douleur Neuropathique en 4 questions.

EMG : électromyographie

EVA : L’Echelle Visuelle Analogique FDA : Food and Drug Administration GAJ : Glycémie a Jeûn

GPP : Glycémie Post-Prandiale HAS : Haute Autorité de Santé

NDP : Neuropathie Diabétique Proximale ou polynévrite asymétrique proximale.

NICE : National Institute for health and Care Excellence NPSI : Neuropathic Pain Symptom Inventory

PDS : Polyneuropathie Distale Symétrique à prédominance sensitive.

RANKL : Receptor Activator of Nuclear factor Kappa-B Ligand

SFETD : Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur

SNRI : Serotonin-Norepinephrine Reuptake Inhibitor TCA : TriCyclic Antidepressant

UKPDS : The UK Prospective Diabetes Study

Bibliographie :

  1. Ziegler D et al, Diabetes Care 2008 ; 31:464
  2. Singleton JR, Smith AG, Bromberg MB.
  3. Increased prevalence of impaired glucose tolerance in patients with painful sensory neuropathy. Diabetes Care 2001;24:1448-53.
  4. Edwards E and Fox, Pharmacol Ther 2008 ; 13:233.
  5. S Tesfaye NEJM 2005, 352: 341-50
  6. Zochodne DW, Int Rev Neurobiol 2002 ; 50:161
  7. Martin C et al, Diabetes Care 2014 ; 37:31
  8. Perkins BA, Olaleye D, Zinman B, et al.
  9. Simple screening tests for peripheral neuropathy in the diabetes clinic. Diabetes Care. 2001;24:250-6.
  10. Callaghan BC et al, Diabetic neuropathy ; Curr Opin Neurol 2012; 25:536.
  11. UK Prospective Diabetes Study (UKPDS) Group. Intensive blood- glucose control with sulphonylureas or insulin compared with conven- tional treatment and risk of complications in patients with type 2 dia- betes (UKPDS 33). Lancet 1998;352: 837-53.
  12. Hartemann A et al, Diabetes Metab 2011 ; 37:377.

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Insulinization of type 2 diabetic patients not controlled by oral anti-diabetics

Pr Slimane KHALFA1, Dr Samira ABROUK2 Professeur en médecine interne Clinique de diabétologie, Ain-Naâdja, Alger Algérie Institut national de Santé Publique

Abstract :

The objective of type 2 diabetes (T2D) management is to quickly obtain and maintain permanent HbA1c < 7% [1,2]. This observational study conducted in Algeria, intended to check how this goal was achieved in T2D patients uncontrolled on oral ant diabetic agents, newly treated with basal insulin and monitored in clinical practice during a 6-month period.

Between October 2011 and June 2013, 1.629 patients pre-dominantly female (66,7%) were enrolled by 183 investigators (55 diabetologists /endocrinologists, 67 GPs and 61 internists). Almost all patients (95,1%) were covered by a health insurance. The mean age was 58,2 ± 10,2 years, the mean BMI 28,4±5,0 kg/m2. 75% of population was overweight.

The  mean  duration  of  diabetes  was  9,2  ±  5,7  years. Three out of four patients had a family history of diabetes,  more  than  half  were  known  as  hypertensive. Dyslipidemia and/or at least one diabetes-related cardiovascular complication were present in almost half of patients (46,5% and 43,5% respectively).

Before  their  inclusion  in  the  study,  all  patients  were treated by metformin (mean dose 2,14 ± 0,5 g/day) associated in 88% of cases with a sulfonamide. The mean HbA1c was 9,3% ± 1,5% and more than half of the patients had a rate > 9%. Mean fasting glucose was 2,07± 0,64 g / l. More than 90% patients had a fasting glucose ³ 1,30 g /L. All patients in the study initiated basal insulin therapy with continuation in almost all cases oftheir oral treatment. 98% of patients were treated with a human long acting analog insulin (glargine or detemir) with a mean dose of 0,15 ± 0,05 IU / kg / day).

This dose was increased during follow-up: 0,27 ± 0,12 IU/kg/ day at M3 and 0,33 ± 0,16 IU/kg/day at M6. Patients with capillary fasting blood glucose <1,30 g/L and HbA1c ≥ 7% received an intensified treatment with prandial insulin in 16,8% of cases at M3 and 25,5% at M6. The percentage of patients with HbA1c < 7% at six months (main criteria of the study) was 22,5% (95% IC à 95% : 0.203-0.247). The mean HbA1c was 8,1 ± 1,5% at 3 months and 7,9% ± 1,4 at six months. Compared to baseline (9,3 ± 1,5%), the decresae in HbA1c is significant in the first three months of treatment (-1,2 ± 1,6%. P <10-6) and less pronounced after the third month. The percentage of patients with fasting plasma glucose <1,30 g/l increased from 7,9% at baseline to 40,3% at 3 months and 49,8% at 6 months. Capillary blood fasting glucose decreased significantly between baseline and 6th month from 2,083 ± 0,666 g / d. to 129,3 ± 42,6 mg / dl (p <10-6). 401 patients (24,6%) reported at least one episode of hypoglycemia during the follow-up The relatively poor results obtained from this study are both related to the physicians inertia (basal insulin dose inadequate titration, increased by prandial insulin insufficient use…) and patient characteristics (age, diabetes duration, inadequate therapeutic education). This new study on current practices should more sensitize practitioners to a better compliance with international recommendations, to initiate basal insulin earlier at a lower HbA1c and treatment intensification at all stages of management. Other actions towards patients should also be planned, particularly, the optimization of diabetes education

Résumé :

La prise en charge des patients diabétiques de type 2 (DT2) vise à obtenir le plus vite possible puis à maintenir à long terme un taux d’HbA1c inférieur à 7 % [1,2]. Cette étude observationnelle, conduite en Algérie, se proposait de  vérifier dans quelle mesure cet objectif était atteint chez des patients DT2, non équilibrés par les antidiabétiques oraux, nouvellement traités par une insuline basale, et suivis en pratique courante sur une période de 6 mois. Entre octobre 2011 et juin 2013, 183 investigateurs (55 diabétologues/endocrinologues, 67 généralistes et 61 internistes) ont recruté 1.629 patients majoritairement de sexe féminin (66,7%) dont la quasi-totalité (95,1%) avait une couverture sociale. L’âge moyen était de 58,2 ± 10,2 ans , l’IMC moyen de 28.4 ± 5,0 Kg /m2. 75% des patients étaient en surpoids.

L’ancienneté du diabète était en moyenne de 9,2 ± 5,7 ans, trois patients sur quatre avaient des antécédents familiaux de diabète, plus de la moitié étaient des hypertendus connus. Une dyslipidémie et/ou au moins une complication vasculaire liée au diabète étaient présentes chez près de la moitié des patients (46,5% et 43,5% respectivement). Avant l’inclusion dans l’étude, l’ensemble des patients était traité par metformine (à la dose moyenne de 2,14 ± 05 g/jour) associée dans 88% des cas à un sulfamide. Le taux moyen d’HbA1c était de 9,3% ± 1,5% et plus de la moitié des patients avaient un taux supérieur à 9%. La glycémie à jeun était en moyenne de 2,07 ± 0,64 g/l. Plus de neuf patients sur dix avaient une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,30 g/l. Tous les patients de l’étude ont initié une insulinothérapie basale en poursuivant dans la quasi totalité des cas leur traitement oral. 98% des patients ont été traités par un analogue lent de l’insuline humaine (glargine ou detemir) à la dose moyenne de 0,15 ± 0,05 UI/Kg/Jour. Cette dose a été augmentée au cours du suivi : 0,27 ± 0,12 UI/Kg/jour à 3 mois et 0,33 ± 0,16 UI/ Kg/jour à 6 mois.

Les patients ayant une glycémie capillaire à jeun < 1,30 g/l et un HbA1c ≥ 7% ont bénéficié d’une intensification du traitement par une insuline rapide dans 16,8% des cas à 3 mois et dans 25,5% des cas à 6 mois.

L’évaluation du pourcentage de patients dont le taux d’HbA1c à six mois était inférieur à 7% représentait l’objectif principal de l’étude. Ce pourcentage est de 22,5% (IC à 95% : 0.203-0.247).

Le taux moyen d’HbA1c était de 8,1 %± 1,5 à 3 mois et de 7,9% ± 1.4 à six mois. Par rapport à sa valeur initiale (9,3% ± 1,5), ce taux a diminué significativement au cours du premier trimestre de traitement (-1,2 ± 1,6 %. P<10-6) puis de manière moins accentuée après le troisième mois. Le pourcentage de patients dont la glycémie veineuse à jeun est < 1,30 g/l est passé de 7,9% à l’inclusion à 40,3% à 3 mois et 49,8% à 6 mois . La glycémie à jeun capillaire a diminué significativement entre l’inclusion et le 6ème mois passant de 2,083 ± 6,66 g/l à 1,293 ± 0,426 g/l (p<10-6). 401 patients (soit 24,6% de la population) ont rapporté la survenue d’au moins un épisode d’hypoglycémie sur l’ensemble du suivi.

Les résultats relativement modestes obtenus dans cette étude sont à la fois liés à l’inertie thérapeutique (titration inadaptée de la dose d’insuline basale, recours insuffisant à l’intensification par des insulines prandiales) et aux caractéristiques des patients (âge, ancienneté du diabète , insuffisance d’éducation thérapeutique).

Cette nouvelle étude sur les pratiques courantes devrait sensibiliser d’avantage les praticiens à mieux se conformer aux recommandations internationales, à initier l’insuline plus précocement, avec un niveau plus bas de l’HbA1c et à intensifier le traitement à toutes les étapes de la prise en charge. D’autres actions, en direction des patients, doivent être aussi envisagées avec, en particulier, une optimisation de l’éducation thérapeutique.

Introduction :

La prise en charge des diabétiques de type 2 (DT2) est basée sur le principe du “treat to target” qui vise à obtenir le plus précocement possible puis à maintenir à long terme un taux d’HbA1c inférieur à 7 % [1-2]. Le diabète de type 2 est en effet une maladie évolutive associant une insulinorésistance et un déficit sécrétoire des cellules ß pancréatiques. Ce déficit précède l’apparition des premières altérations glycémiques et s’accroit au cours de la maladie [4] sous les effets essentiellement de l’apoptose, mais aussi de l’hyperglycémie chronique et de l’augmentation des acides gras libres (gluco-lipotoxicité) [8]. Il importe donc, lorsque les objectifs glycémiques ne sont pas atteints sous traitement oral bien conduit, d’initier le plus précocement une insulinothérapie (en association ou non avec les ADO) afin d’obtenir un contrôle efficace, de préserver les cellules ß pancréatiques et de réduire à long terme les risques de complications micro-vasculaires [2, 9, 10].

Les études observationnelles menées en pratique courante montrent malheureusement que ces recommandations sont en décalage avec la pratique courante : l’instauration de l’insulinothérapie y est souvent retardée et les traitements oraux maintenus malgré un contrôle insuffisant de l’équilibre glycémique (en moyenne 5 ans avec une HbA1c > 8%, et 10 ans avec une HbA1c > 7%) [11, 12].

Il parait donc indispensable que le praticien prenne en compte la cinétique évolutive de la maladie et envisage précocement dans la prise en charge de son patient le passage à l’insulinothérapie afin que ce dernier comprenne cette évolution naturelle et ne perçoive pas les altérations du contrôle glycémique sous ADO comme un échec personnel et surtout une aggravation de sa maladie [13, 14].

L’algorithme proposé par le récent consensus de l’ADA-EASD concernant l’initiation et l’ajustement des thérapeutiques antidiabétiques DT2 [2] a pour objectif d’aider soignants et patients dans leur démarche afin d’obtenir un contrôle métabolique optimal susceptible de réduire la morbi-mortalité. Cette étude avait pour objectif  d’observer les modalités d’application de cet algorithme et de décrire son bénéfice en termes de contrôle de la glycémie.

Méthode :

Cette étude, conduite en Algérie, est une étude observationnelle longitudinale dans laquelle des patients ont été suivis sur une période de 6 mois.

Population :

Pour être inclus, les patients devaient présenter un diabète de type 2 connu depuis au moins un an, traité par metformine (seule ou associée à un sulfamide aux doses maximales tolérées), non contrôlés par ce traitement (dosage d’HbA1c datant de moins de 3 mois ≥ 7 %) et initiés à un schéma basal (insuline humaine ou analogue) prescrit en toute indépendance par leurs médecins traitants en pratique médicale courante. Ne pouvaient être inclus les femmes enceintes, les patients devant être traités par une insuline pré-mélangée, les patients incapables de pratiquer l’auto-surveillance glycémique ou l’ajustement des doses d’insuline, les patients traités par corticoïde ou tout autre médicament réputé hyper ou hypoglycémiant.

Objectifs :

L’objectif principal de l’étude était d’évaluer, à six mois, la proportion de patients ayant atteint l’objectif glycémique (défini par un taux d’HbA1c < 7%). Les objectifs secondaires étaient de décrire l’évolution de l’HbA1C et de la glycémie à jeun déterminée par l’auto surveillance glycémique, l’évolution des doses d’insuline basale administrées et d’évaluer la fréquence des épisodes d’hypoglycémie.

Méthodes d’évaluation :

Les caractéristiques des patients, l’évaluation des facteurs de risque cardiovasculaire et la description des caractéristiques du diabète (ancienneté, complications et traitements), les modalités d’initiation de l’insuline basale (dose initiale, modalités de titration) ont été recueillies à l’inclusion. Les taux de glycémie à jeun et d’HbA1c, le poids et le périmètre abdominal ont été évalués à chaque consultation. Les ajustements thérapeutiques (titrations et motifs de changements pour les antidiabétiques oraux ou l’insuline) les modalités de l’auto surveillance, les événements hypoglycémiques, et la survenue d’éventuelles complications ont été rapportés au 3ème et 6ème mois.

Méthodes statistiques

L’analyse descriptive des variables quantitatives comporte les valeurs extrêmes, la moyenne, la médiane, l’écart type et les quartiles. L’analyse descriptive des variables qualitatives comporte le pourcentage de chaque modalité avec son intervalle de confiance à 95%.

Le lien entre 2 variables qualitatives a été recherché à l’aide du test du χ2 . La comparaison de 2 moyennes a été réalisée avec le test de Student ou le test de Wilcoxon (en cas de non respect des hypothèses des tests paramétriques). La comparaison de plusieurs moyennes été réalisée par le test ANOVA ou le test de Kruskall et Wallis (en cas de non respect des hypothèses des tests paramétriques).

Le recrutement de 2.000 patients a été jugé nécessaire pour obtenir des données statistiquement pertinentes. Le calcul du nombre de sujets nécessaires est basé sur l’intervalle de confiance du pourcentage de patients ayant atteint l’objectif glycémique au terme des six mois de suivi, avec l’hypothèse d’un pourcentage voisin de 20% (estimé à partir des résultats de l’étude IDMPS) [17] avec une précision de ± 2 %.

Le recrutement a été conduit par 200 praticiens généralistes, internistes, diabétologues, des secteurs public et privé exercant dans différentes régions du pays ont été choisis par tirage au sort. Chaque médecin devait inclure les 10 premiers patients de sa consultation correspondant à l’ensemble des critères de sélection.

Résultats :

Caractéristiques de la population

Entre le 6 octobre 2011 et le 30 juin 2013, 1.629 patients répondants aux crières d’éligibilité ont été recrutés dans cette étude par 183 investigateurs (55 diabétologues/endocrinologues, 67 généralistes et 61 internistes).

La population incluse, majoritairement féminine (66,7%) est âgée en moyenne de 58,2 ± 10,2 ans et présente un poids moyen de 76 ± 13,8 kg.

L’indice de masse corporel est en moyenne de 28 ± 5 Kg /m2 de surface corporelle. 663 patients (41,3%) sont en surpoids (IMC ≥ 25 et < 30), 543 (33,8%) sont obèses (IMC ≥ 30) (figure 1).

Le périmètre abdominal (PA) est en moyenne de 97,9 cm ± 11,7 chez les hommes et de 100,5 cm ± 12,4 chez les femmes. L’obésité abdominale conformément aux critères ATP III (périmètre abdominal > 102 cm chez l’homme et > 88 cm chez la femme) est plus fréquente chez les femmes (84,1% des cas) que chez les hommes (29,6% des cas).

Caractéristiques du diabète

L’ancienneté du diabète est en moyenne de 9,2 ± 5,7 ans. Trois patients sur quatre (1.222) ont des antécédents familiaux de diabète.

La totalité des patients a un taux d’HbA1c ≥ 7% (critère d’inclusion). Le taux moyen d’HbA1c était de 9,3% ± 1,5 (tableau 1).

Tableau 1. Dosage de l’HbA1c à l’inclusion (%)N%
HbA1c < 7%0 (0.0%)
7% ≤ HbA1c < 8%265 (16.4%)
8% ≤ HbA1c < 9%517 (31.9%)
HbA1c ≥ 9%837 (51.7%)
Total                          1.629 (100%)

La glycémie à jeun capillaire reportée pour 57% des patients (n=936) était en moyenne de 2,08 ± 0,66 g/L. La glycémie à jeun veineuse a été précisée chez 788 patients (30%) était en moyenne de 2,07 ± 0,64 g/L. Plus de neuf patients sur dix avaient une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,30 g/L.

Les complications chroniques liées au diabète et répertoriées à l’inclusion sont décrites dans le tableau 2.

921 patients (56,5%) n’ont aucune complication vasculaire, 578 patients (35,5%) ont une micro angiopathie, 33 patients (2,0%) une macro angiopathie. 97 patients (6,0%) ont à la fois des complications micro et macro vasculaires.

Tableau 2. Complications chroniques du diabèteN * (%)
Rétinopathie328 (20,3%)
Neuropathie436 (26,9%)
Protéinurie192 (11,9%)
Insuffisance rénale12 (0,7%)
Pied diabétique20 (1,2%)
Amputation11 (0,7%)
Angor58 (3,6%)
Infarctus du myocarde21 (1,3%)
Insuffisance cardiaque14 (0,9%)
Accident Vasculaire Cérébral26 (1,6%)
Artériopathie périphérique42 (2,6%)

(*) Nombre de patients avec des complications chroniques identifiées avant la visite d’inclusion. Un même patient peut présenter plusieurs complications à la fois

La majorité des patients présentaient d’autres facteurs de risque cardiovasculaire associés au diabète : 981 patients (60,8%) étaient des hypertendus connus. Selon les données de l’examen clinique réalisé à l’inclusion 30% seulement d’entre eux bénéficiaient d’un contrôle de leur pression artérielle (PAS< 140 et PAD < 80 mmHg). A l’inverse, 44% des patients considérés comme normotendus avaient une PAS ≥ 140 ou une PAD ≥ 80 mmHg.

80 patients (5,0%) étaient des fumeurs, 746 patients (46,2%) présentaient une dyslipidémie

Description de la prise en charge

  • Traitement précédant l’inclusion

A l’inclusion, l’ensemble des patients était traité par metformine (à la dose quotidienne moyenne de 2143,3 ± 513,4 mg), administrée seule (12% des cas) ou associée depuis 78,0 ± 62,1 mois en moyenne au Glimépiride (58% des cas), Glibenclamide (21%) ou à un autre sulfamide (10% des cas).

Parmi les patients inclus dans l’étude, 431 patients (26,6%) ont bénéficié d’une éducation thérapeutique dispensée dans 59% des cas par un éducateur dans une formation de groupe. Cette formation a généralement comporté moins de cinq séances. Dans un tiers des cas, elle s’est limitée à une seule séance.

  • Traitement instauré à la visite d’inclusion

Un traitement par insuline a été instauré chez tous les patients de l’étude à la dose moyenne de 11,4 ± 3,9UI par jour (soit en moyenne 0,15 ± 0,05 UI/Kg/Jour). 86 % d’entre eux ont été traités par l’insuline glargine (tableau 3).

Traitement par insuline à l’inclusion N (%) Dose moyenne Dose moyenne / Kg/J
Glargine1397 (85,8%)11,4 ± 3,70,15 ± 0,05
Detemir199 (12,2%)11,1 ± 4,70,15 ± 0,06
NPH23 (1,4%)13,2 ± 4,90,18 ± 0,08
Autres10 (0,6%)24,0 ± 5,60,33 ± 0,13
Total1.629 (100%)11,4 ± 3,90,15 ± 0,05
l’inclusion   Glargine 1397 (85,8%) 11,4 ± 3,7 0,15 ± 0,05 Detemir 199 (12,2%) 11,1 ± 4,7 0,15 ± 0,06 NPH 23 (1,4%) 13,2 ± 4,9 0,18 ± 0,08 Autres 10 (0,6%) 24,0 ± 5,6 0,33 ± 0,13 Total 1.629 (100%) 11,4 ± 3,9 0,15 ± 0,05    

L’insuline se présentait dans 96,5% des cas sous forme de stylo jetable, l’injection était préconisée , dans 90% des cas au coucher. Le schéma de titration recommandé était de 2 UI / tous les 3 jours dans 80% des cas.

Parallèlement à l’insulinothérapie, la quasi totalité des patients (1.622/1.629) ont poursuivi leur traitement oral par metformine (à la dose quotidienne moyenne de 2.171 ± 517 mg) administrée seule (28% des cas) ou associée à un sulfamide (67% des cas) ou à un autre ADO (5% des cas).

Par rapport à l’inclusion, le pourcentage de patients traités par metformine seule est passé de 12 à 28% et le traitement par sulfamide a été interrompu chez 21% des patients.

  • Evolution du traitement par insuline :

Les doses quotidiennes d’insuline basale ont globalement augmenté au cours du suivi : le nombre d’unités par kg est passé en moyenne de 0,15 ± 0,05 à JO à 0,27 ± 0,12 à 3 mois et à 0,33 ± 0,16 à 6 mois. Cette augmentation a été plus faible entre le 3ème et le 6ème mois (0,06 U/Kg/J en moyenne) et n’a concerné que 62% des patients.

L’insuline basale a été maintenue à la dose initiale pour 30,5% des patients et diminuée pour 7,5%.

Les ajustements de l’insulinothérapie réalisés par l’investigateur après l’évaluation à 3 mois et 6 mois sont reportés dans le tableau 4.

Tableau 4. Modification de l’insulinothérapie  3 mois  6 mois
basale par l’investigateur  
Poursuite de l’insuline basale sans  446 (30,8%)  585 (42,5%)
changement  
Ajustement de l’insuline basale (dose et/ou nombre d’injections)  956 (66,0%)  785 (57,1%)
Adjonction d’une insuline rapide212 (14,6)313 (22,8%)
  • Évolution  des  traitements  antidiabétiques  oraux Les ajustements du traitement antidiabétique n’ont concerné qu’une minorité de patients : Des modifications de dose ont été prescrites à 241 patients (16,6%) à 3 mois et 130 patients (7,0%) à 6 mois .

Un antidiabétique oral a été rajouté au traitement de 163 patients (11,3%) à 3 mois et 72 patients (8,0%) à 6 mois. A l’inverse, 21 patients ont interrompu le traitement par ADO à six mois.

  • Auto surveillance de la glycémie et éducation thérapeutique Au cours du premier trimestre de suivi, 94% des patients ont réalisé une auto surveillance de leur glycémie capillaire (en moyenne 5,8 ± 2,5 mesures par semaine) et 75 % ont ajusté eux-mêmes leur dose d’insuline. 23% ont bénéficié d’une éducation thérapeutique.

Au cours du deuxième trimestre 92.5% des patients ont réalisé une auto surveillance mais le pourcentage de patients ajustant leur dose d’insuline n’était plus que de 66%. 20% des sujets ont bénéficié au cours de cette période d’une éducation thérapeutique.

Six patients sur dix ont mesuré leur glycémie post prandiale au cours du suivi au rythme moyen de 5,8 contrôles par semaine.

Évolution de l’HbA1c – Analyse du critère principal Le taux moyen d’HbA1c (9,3 ± 1,5 % à l’inclusion) a évolué au cours du suivi : 8,1 ± 1,4 % à trois mois et 7,9 ± 1,3 % à six mois. Cette amélioration, significative au cours du premier trimestre de traitement (-1,2 ± 1,6 %. P<10-6), s’est poursuivie après le troisième mois avec une pente moins accentuée (figure 1).

Les résultats de l’analyse qualitative sont reportés dans la figure 2. L’évaluation du pourcentage de patients dont le taux d’HbA1c à six mois est inférieur à 7% représentait l’objectif principal de l’étude. Ce pourcentage est de 22,5% (IC à 95% : 0.203-0.247). Il était de 16,7% à trois mois.

Évolution de la glycémie

Les dosages de la glycémie à jeun confirment l’évolution favorable de l’équilibre glycémique. Entre l’inclusion et le 6ème mois, la glycémie capillaire moyenne diminue significativement passant de 2,083 ± 0,666 g/l à 1,293 ± 0,426 g/l soit une baisse de -38% (p<10-6) (tableau 5).

Évolution de laPrélèvement capillairePrélèvement veineux
glycémie moyenne  
J 0208,3 ± 66,6 (n=936)207,4 ± 63,6 (n=788)
3 mois137,1 ± 41,5 (n=1.327)146,6 ± 48,4 (n=954)
6 mois129,2 ± 42,6 (n=1.242)140,3 ± 49,1 (n=923)
Tableau 5.

Parallèlement, le pourcentage de patients dont la glycémie à jeun veineuse ou capillaire est < 1,30 g/l augmenté au cours du suivi : 7,9% à l’inclusion à 40,3% à 3 mois et 49,8% à 6 mois pour la glycémie veineuse ; 5,3% à l’inclusion à 48,8% à 3 mois et 61,0% à 6 mois pour la glycémie capillaire (figure 3).

457 patients (28,0%) à 3 mois et 506 patients (31,0%) à 6 mois présentaient une glycémie à jeun < 1,30 g/l associée à un taux d’ HbA1c ≥ 7%.

Évolution pondérale

L’indice de masse corporelle et le périmètre abdominal ont augmenté durant la période de suivi (tableau6).

Lorsqu’on se limite aux 1.270 sujets qui disposent de l’information sur le tour de taille à l’inclusion, à V2 et à V3, il existe une différence significative entre les périmètres moyens (p < 10-3) avec une tendance à l’augmentation avec le temps. L’augmentation de poids était modérée avec une augmentation moyenne de l’IMC de 0,8 kg / m2 sur les six mois de suivi (28,4 ± 5 kg/ m2 à à 29,2 ± 5,1 kg/ m2).

Hypoglycémies

401 patients (soit 24,6% de la population) ont rapporté la survenue d’au moins un épisode d’hypoglycémie sur l’ensemble du suivi. Rappelant que toute GAJ < 0.60 g/l était considérée comme une hypoglycémie ; et une hypoglycémie sévère toute GAJ < 0,30 g/l nécessitant l’intervention d’une tierce personne.

Lesépisodesd’hypoglycémie(toustypes)ontétérapportéspar19,2% des patients pendant les trois premiers mois après l’initiation de l’insuline avec une moyenne de 3,8 ± 3,7.

Entre le 3ème et le 6ème mois , ces épisodes ont été rapportés par 17,1 % des patients , avec une moyenne de 2,7 ± 2,1 épisodes. La survenue d’au moins une hypoglycémie sévère aété rapportée par 21 patients au cours du premier trimestre et par 15 patients entre le 3ème et le 6ème mois. Trois patients au cours des trois premiers mois et deux patients entre le 3ème et le 6ème mois ont été hospitalisés à la suite d’une hypoglycémie.

Complications

Les complications survenues au cours des six mois de suivi sont présentées dans le tableau 7.

  • Des complications micro-angiopathiques (rétinopathie, néphropathie et neuropathie) sont apparues chez 368 patients entre l’inclusion et le 3ème mois et chez 265 patients entre le 3ème et le 6ème mois de suivi
  • Des complications macro vasculaires (infarctus, angor, insuffisance cardiaque, AVC, artérite) sont apparues chez 29 patients entre l’inclusion et le 3ème mois et 37 patients entre le 3ème et le 6ème mois.
  • Des complications à la fois micro et macro angiopathiques sont apparues chez 63 patients au cours des trois premiers mois et chez 44 patients entre le 3ème et 6ème mois de suivi.

Discussion

Cette étude avait pour but de décrire la prise en charge de patients

diabétiques de type 2 insulino-naïfs, non équilibrés par les antidiabétiques oraux, nouvellement traités par une insuline basale.

Elle porte sur un échantillon de 1.629 patients présentant les caractéristiques habituellement retrouvées chez les diabétiques de type 2 en échec aux ADO [15-17] : population âgée de 58 ans en moyenne dont le diabète est connu depuis neuf ans avec une forte proportion de sujets en surpoids et/ou hypertendus.

L’objectif principal de l’étude était d’évaluer le contrôle glycémique défini par un taux d’HbA1c <7%. Selon cette définition, seuls 16,7% des patients trois mois après l’initiation de l’insuline basale et 22,5% des patients six mois après (IC [20,3%; 24,7%] ont atteint l’objectif fixé d’une HbA1c < 7% malgré une baisse significative de l’HbA1c de 1,2% (p < 10 – 6) 3 mois après et de 1,4% après 6 mois (p < 10 – 6).

Ces résultats sont concordants avec ceux de l’étude IDMPS [17] et du Hong Kong Diabetes Registry [18] (environ 20% de patients répondent à un an à l’objectif glycémique). Ils sont par contre très inférieurs aux résultats d’autres études comparables comme l’étude PANORAMA [19] où le pourcentage de patients ayant obtenu un taux d’HbA1c < 7% avoisine les 40%.

Plusieurs arguments peuvent expliquer les pourcentages relativement modestes de cette étude :

  1. Les valeurs très élevées à l’inclusion aussi bien de l’HbA1c (en moyenne 9,3% ± 1,5%) que de la glycémie à jeun (en moyenne 207,4 ± 63,6 mg / dl). Des niveaux équivalents sont retrouvés dans la plupart des études observationnelles portant sur l’intensification du traitement oral par l’initiation d’une insulinothérapie en conditions réelles (20-22).
  2. L’insuffisance d’ajustement de la dose d’insuline basale, particulièrement entre le 3ème et le 6ème mois où la dose moyenne d’insuline passe de 22,0 ± 10,8 UI/jour (0,27 ± 0,12 UI/kg) à 3 mois à seulement 25,9 ± 12,0 UI/jour (0,33 ± 0,16) à 6 mois soit une augmentation moyenne faible de 3,58 ± 5,63 UI. Ces doses ne semblent pas refléter les besoins en insuline des patients qui devraient être plus importants puisque l’objectif glycémique à jeun en fin d’étude n’est pas atteint par environ 40 à 60 % des patients.

Cette insuffisance de la titration doit être interprétée en fonction du contexte algérien. On doit tenir compte de la dépendance du patient d’une tierce personne. En effet, près du tiers (32,1%) des patients n’ajustaient pas eux-mêmes les doses d’insuline, probablement du fait de l’âge (26,9% étaient des personnes âgées de plus de 65 ans) et certainement du niveau socio culturel. Ce paramètre n’a pas été analysé dans cette étude, mais selon une récente enquête réalisée en Algérie sur des diabétiques de type 2, 30% des patients ont un niveau d’instruction qui dépasse le primaire et 38% sont illettrés [23].

Cette insuffisance de titration a eu pour conséquence un ralentissement de l’amélioration du taux moyen de HbA1c (-13% entre J0 et 3 mois, -2,5% entre 3 mois et 6 mois) qui s’est traduite par une stagnation du pourcentage de patients ayant une glycémie veineuse à jeun inférieure à 1,30 g /L (40,3% % à 3 mois et 49,8% à 6 mois). Cette phase de titration est difficile à mettre en œuvre car elle nécessite une disponibilité et un accompagnement par les professionnels de la santé ainsi que le recours aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), ce qui est loin d’être le cas dans notre pays.

  • Le recours insuffisant à l’intensification par des insulines prandiales chez les patients dont la glycémie à jeun est normalisée mais dont l’HbA1c reste au dessus de l’objectif. 457 patients à M3 et 506 à M6 avaient une glycémie capillaire à jeun < 1,30 g/l et un HbA1c ≥ 7% et auraient dû bénéficier d’une intensification par une insuline rapide qui n’a été prescrite qu’à 77 patients à M3 (16,8% des cas) et 129 patients à M6 (25,5% des cas).
  • La qualité de l’auto surveillance glycémique : plus de neuf patients sur dix ont dit pratiquer un autocontrôle de leur glycémie avec une assiduité variable (en moyenne 5,5 ± 2,5 contrôles par semaine) mais une fois sur deux environ cette surveillance ne comportait pas d’analyse post prandiale et n’avait une fois sur quatre aucun impact thérapeutique, les patients n’ajustant pas leurs doses d’insuline. Cette inertie explique que dans cette étude, la pratique d’une auto-sur- veillance glycémique ne soit pas corrélée à un meilleur contrôle de la glycémie capillaire.

L’auto surveillance glycémique est reconnue comme indispensable chez le diabétique de type 2 traité par insuline mais doit, pour être efficiente, être débutée précocement, dès que le diabète devient plus difficile à contrôler, et en tout cas, avant un éventuel recours à l’insuline [22,24].

  • L’observance des traitements n’a pas été évaluée dans cette étude mais a probablement influencé le résultat de la prise en charge. Les résistances psychologiques des diabétiques de type 2 vis à vis de l’insuline, largement documentées [25-27], ne peuvent être surmontées que par une éducation thérapeutique visant à restituer au patient une intelligibilité de sa maladie [28-31]. La maîtrise des gestes techniques, la lutte active contre la sédentarité, le respect des règles diététiques, l’adaptation du cadre et du mode de vie à la maladie, constituent également des étapes essentielles de cette éducation. En Algérie, pays dans lequel la prévalence du diabète ne cesse d’augmenter, l’éducation sanitaire des patients diabétiques reste encore à développer [32]. Cette situation pourrait expliquer la réticence des prescripteurs à faire évoluer les schémas thérapeutiques de l’insuline d’une partie au moins de la population traitée.

Bien que le critère absolu d’une HbA1c < à 7% n’ait été atteint qu’une fois sur cinq, l’insulinothérapie a induit une diminution globale très significative de ce marqueur, ce qui représente un bénéfice clinique incontestable. Selon l’étude UKPDS [5], une réduction de 1% de l’HbA1c s’accompagne en effet d’une diminution de 30% du risque relatif de complication micro-vasculaire (néphropathie, rétinopathie, neuropathie), de 18% du risque d’infarctus et de 25% du risque de mortalité́ liée au diabète.

Cette amélioration est également visible sur le nombre de patients dont le taux d’HbA1c est inférieur à 8% (16,4% à J 0 et 58,4 % à 6 mois). Les recommandations actuelles qui préconisent d’individualiser le contrôle glycémique selon le profil du patient considèrent qu’un taux inférieur à 8% est acceptable en cas d’antécédent cardio-vasculaire ou chez les personnes âgées fragiles.

La tolérance du traitement est bonne dans l’ensemble.

  • Les hypoglycémies, tous types confondus, ont été rapportées par 19,2% des patients pendant les trois premiers mois après l’initiation de l’insuline avec une moyenne de 3,8 ± 3,7 épisodes et un peu moins entrele3ème etle6ème mois par 17,1% avec une moyenne de 2,5 ± 2,1 épisodes. Cette prévalence est comparable à celle rapportée par RIDDLE qui est de 13,9% dans l’étude 3T [33] mais reste très inférieure à celle de KARL [34] dans une revue de 11 études portant sur 2.251 diabétiques où 52% des patients ont présenté une hypoglycémie symptomatique et 17% une hypoglycémie confimée inférieure à 0,5 g/l mais avec une dose moyenne d’insuline plus importante que dans notre étude.

– Quant au gain pondéral, il reste modéré avec une augmentation du BMI moyen de 0,8 kg/m² en 6 mois, passant de 28,4 ± 5,0 kg/ m² à l’inclusion à 29,2 ± 5,1 kg/m² au 6ème mois.

Conclusion

Cette étude observationnelle multicentrique, portant sur un nombre appréciable de patients, a mis en relief des résultats insuffisants en terme d’atteinte de l’objectif glycémique HbA1c < 7%

chez des diabétiques de type 2 en échec aux antidiabétiques oraux et initiés à une insuline basale. Plusieurs facteurs, liés à la prise en charge comme l’inertie thérapeutique, mais aussi à certaines caractéristiques des patients comme l’âge, l’insuffisance d’éducation thérapeutique et probablement l’illettrisme, concourent à ces faibles résultats.

Cette nouvelle étude sur les pratiques courantes devraient sensibiliser d’avantage les praticiens à mieux se conformer aux recommandations internationales, à intensifier le traitement à toutes les étapes de la prise en charge d’un DT2 et à initier plus précocement l’insulinothérapie, à des niveaux plus faibles de l’HbA1c.

D’autres actions, en direction des patients, doivent être aussi envisagées, telles que l’optimisation de l’éducation thérapeutique, centrée sur la technique de l’injection d’insuline et surtout sur l’autocontrôle glycémique afin d’amener le patient à être autonome dans l’adaptation de ses doses d’insuline, clef de la réussite de l’initiation d’une insuline basale d’un DT2.

Responsable de l’étude et contributions des auteurs : L’étude IPAD Insulinisation du Patient diabétique de type 2 non contrôlé sous anti-diabétiques oraux est un registre épidémiologique réalisé avec le soutien du laboratoire Sanofi.

Pr Khalfa Slimane professeur en médecine interne coordonnateur de l’étude et Dr Samira ABROUK , docteur en biostatistique, déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt avec l’étude IPAD.

Références

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Psoriasis

Dr H. SAHEL, Pr B. BOUADJAR Service de Dermatologie Centre Hospitalier Universitaire de Bab El Oued Hôpital Lamine Debaghine

Abstract :

Psoriasis is a chronic, inflammatory condition that affects approximately 1% to 3% of the general population. The  most  characteristic  lesions  consist  of  red,  scaly, sharply demarcated, indurated plaques, present particularly over extensor surfaces and scalp. The disease is enormously variable in duration, periodicity of flares and extent. Morphological variants are common. Treatment depends upon the type, extent, duration and natural history of the disease.

Résumé :

Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique fréquente qui affecte 1 à 3% de la population mondiale. Il est caractérisé par des lésions érythémato-squameuses bien limitées siégeant électivement au niveau des faces d’extension des membres et du cuir chevelu. Son diagnostic clinique est facile. Le pronostic vital n’est pas engagé, mais il peut altérer gravement la qualité de vie du patient. Le traitement doit prendre en considération plusieurs paramètres. Il repose essentiellement sur les traitements topiques (dermocorticoïdes et vitamine D) pour les formes localisées, et les traitements systémiques pour les formes étendues avec une prise en charge psychologique du patient.

Introduction :

Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique à médiation immunitaire. Il touche 1 à 3% de sujets dans le monde soit 125 millions de patients. En Algérie, sa prévalence a été estimée à 10,26 ‰.

Physiopathologie

Le psoriasis est caractérisé par une prolifération accrue des kératinocytes : le « turnover » du renouvellement épidermique est accéléré : il est de 4 à 5 jours au lieu de 21 jours. Son mécanisme n’est pas encore élucidé. On suppose qu’il résulte d’une interaction entre les facteurs de l’environnement et plusieurs gènes avec le système immunitaire.

Parmi les facteurs de l’environnement, il a été rapporté l’effet de l’infection, particulièrement celles causées par le streptocoque, les événements stressants de la vie, Les traumatismes cutanés (phénomène de Koebner) et l’ingestion de médicaments tels que les β-bloquants, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine. La corticothérapie générale et surtout son interruption est un facteur déclenchant classique des formes graves de psoriasis.

Clinique

Le psoriasis se présente sous différentes formes cliniques. La lésion typique se présente comme une lésion bien limitée érythémateuse recouverte de squames micacées nacrées.

Toutes les régions du corps peuvent être atteintes, plus particulièrement les coudes, les genoux, la région lombaire et le cuir chevelu. Ces régions seront plus résistantes au traitement.

Évolution

Le psoriasis est une dermatose chronique qui présente une évolution lente et progressive avec des poussées entrecoupées de périodes de rémissions. Ces rémissions sont plus fréquentes en été grâce à l’effet bénéfique des rayons ultra-violets.

Formes cliniques

Le psoriasis peut se présenter sous différents aspects. Chaque forme clinique a des caractéristiques qui nécessitent des ap- proches thérapeutiques différentes.

Formes topographiques

Le cuir chevelu :

Est la localisation la plus fréquente (50-80 %). Elle peut être isolée. La nuque, le front, les zones sus et retro-auriculaires sont plus particulièrement atteintes. Le psoriasis n’est pas alopéciant. Les plaques peuvent être très épaisses, formant un « casque » adhérent. Le prurit est fréquent à l’origine d’une surinfection secondaire au grattage.

Le visage :

Est une localisation rare, plus fréquente chez l’enfant. Le psoriasis unguéal Touche 40-45% des patients. Il survient dans tous les types de psoriasis et est quasi constant en cas d’arthropathie psoriasique (85% des cas). Il peut être isolé. On distingue plusieurs aspects en rapport avec la localisation anatomique de l’atteinte et de sa sévérité. L’aspect le plus caractéristique est celui de dépressions ponctuées (ongles en « dé à coudre »). L’atteinte des paumes et des plantes peut s’associer à des plaques dans d’autres localisations ou être isolée. Dans cette localisation, l’érythème peut être discret et les squames épaisses et fissuraires à l’origine d’un handicap fonctionnel.

Le psoriasis « inversé ou flexural » atteint la région génitale et les plis (axillaires, inguinaux, sous-mammaires, inter-fessiers, conduits auditifs externes, retro-auriculaires). Les lésions sont peu ou non squameuses, rouges, brillantes, fré-quemment fissurées au fond du pli et macérées.

Chez le nourrisson, le psoriasis des langes (napkin psoriasis) se caractérise par des lésions localisées au niveau des plis et des convexités. Lorsque l’atteinte des plis est isolée, sans plaques « classiques », le diagnostic de psoriasis peut être difficile. Les autres étiologies des érythèmes fessiers doivent être alors discutées.

Les formes de l’enfant

Le psoriasis de l’enfant est souvent aigu, en gouttes et peut succéder à une infection rhinopharyngée streptococcique. Le visage est plus souvent atteint que chez l’adulte.

Les associations pathologiques

Si l’association entre psoriasis et certaines maladies auto-immunes est controversée, la présence d’un syndrome métabolique (associe une obésité abdominale, une hypertriglycéridémie, un taux bas du HDL-cholesterol et une hypertension artérielle) est fréquemment rencontrée. Le psoriasis, surtout dans ses formes sévères peut être ainsi associé à un risque accru d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) et à un risque accru de mortalité précoce. La prise en charge multidisciplinaire des patients est importante pour assurer un traitement concomitant du psoriasis et des comorbidités.

Les formes graves

L’érythrodermie

Les plaques du psoriasis peuvent s’étendre progressivement à plus de 90% de la surface du corps réalisant une érythro-dermie. Elle peut être secondaire à une intolérance ou un échappement aux traitements, ou être la forme évolutive d’un psoriasis pustuleux généralisé. Le patient peut être fébrile, l’état général altéré et le pronostic vital engagé.

Le rhumatisme psoriasique

Le psoriasis peut être associé à une atteinte articulaire ; c’est le rhumatisme psoriasique (RP). Il a été défini comme « une arthrite inflammatoire se produisant au cours du psoriasis avec un facteur rhumatoïde négatif ».

Plusieurs articulations sont atteintes dans la forme péri-phérique, qui est la plus fréquente, réalisant des dactylites asymétriques touchant les inter phalangiennes distales. L’atteinte axiale, à type de sacro-iléite ou d’atteinte vertébrale, est plus rare et peut être pauci ou asymptomatique, de découverte radiologique.

Le psoriasis pustuleux

C’est une autre forme clinique rare, qui peut être localisée ou généralisée. Le psoriasis pustuleux généralisé peut compliquer un psoriasis en plaques déjà connu, classiquement après l’arrêt des corticoïdes systémiques (la corticothérapie par voie générale à faible dose (inférieure à 10 mg par jour de prednisone) est parfois utilisée pour traiter un rhumatisme psoriasique, avec cependant un risque de rebond de la dermatose en cas d’arrêt brutal ou de diminution de la corticothérapie.).

Iconographie 1. Larges plaques de psoriasis vulgaire

Diagnostic positif

Le diagnostic de psoriasis est essentiellement clinique. Le recours à un examen anatomo-pathologique est parfois nécessaire dans les formes atypiques.

Le pronostic

Bien qu’il n’engage pas le pronostic vital, l’impact physique et psychosocial du psoriasis et de son traitement peut s’avérer similaire ou supérieur à celui de maladies comme l’insuffisance cardiaque, le diabète de type 2 et les maladies respiratoires chroniques.

Traitement

Le traitement a pour but de ralentir le renouvellement rapide de la peau et de contrôler l’inflammation permettant ainsi au patient de mener une vie normale.

Le choix du traitement pour un psoriasis doit tenir compte de ses caractéristiques : forme clinique, localisation et étendue, demande et motivations du patient.

En Algérie, le traitement du psoriasis, affection chronique, est pris en charge à 100% par la sécurité sociale.

Traitements locaux

Les dermocorticoïdes constituent le traitement local «de référence » du psoriasis. Ils ont une action anti-inflammatoire, cytostatique sur les cellules épidermiques et sur les fibroblastes.

On utilise des dermocorticoïdes en crème, pommade ou lotion selon la localisation et le type de lésion. Les pommades (effet occlusif et hydratant) pour les lésions sèches et hyperkérato-siques. Les lotions ou les gels pour les zones macérées (plis) et sur le cuir chevelu et les crèmes pour les lésions aigues suintantes et plis. Le rythme des applications est de une à deux applications / jours. L’arrêt du traitement doit être progressif afin d’éviter l’effet rebond et les rechutes.

Leur action est rapide, mais la prescription doit tenir compte des effets secondaires habituels (atrophie cutanée, effet rebond à l’arrêt), avec une diminution progressive du rythme des applications. L’association des dermocorticoïdes aux dérivés de la vitamine D (le daivobet) permet d’en réduire l’usage.
mocorticoïde et on continue le daivonex seul en traitement d’entretien. Son utilisation conjointe à un dermocorticoïde, ou mieux l’utilisation d’une forme combinée (calcipotriol/ dipropionate de bétaméthasone (daivobet), est donc à privilégier les premières semaines.

Les rétinoïdes topiques : lle tazarotène est utilisé pour traiter les plaques du psoriasis hyperkératosiques, épaisses et limitées. Il est contre-indiqué chez la femme enceinte Autres thérapeutiques locales.

Les émollients, les goudrons végétaux (l’huile de cade), la balnéothérapie (bains d’eau salée très concentrée (> 20 %)) et la crénothérapie (cures thermales) représentent un traitement adjuvant important aux thérapeutiques médicamenteuses dont ils permettent l’épargne.

Les bains et les émollients sont utiles pour soulager le prurit.

Traitements systémiques

Les traitements généraux sont utilisés lorsque le psoriasis retentit de façon importante sur la vie quotidienne, lorsqu’il est étendu et que l’utilisation des traitements locaux deviendrait difficile ou bien lorsqu’ils sont insuffisamment efficaces ou trop contraignants.

Ces traitements sont représentés par la photothérapie, les rétinoïdes (soriatane*, néotigason*) contre-indiqués en cas de grossesse, le méthotrexate, analogue de l’acide folique. C’est le traitement systémique de référence dans les formes sévères de psoriasis en plaques et de rhumatisme psoria-sique. Il présente une toxicité hématologique, pulmonaire et hépatique. La ciclos-porine est un médicament immunosuppresseur, sa néphrotoxicité en limite son emploi. Les biothérapies (agents biologiques=biomédicaments) sont développées pour inhiber des étapes clefs de la réponse immune. Les agents ciblant le TNFα (l’adalimumab, l’étanercept et l’infliximab) partagent un même mécanisme d’action. Très coûteux ils sont réservés pour l’instant aux formes modérées à sévère de psoriasis intolérants ou résistants aux traitements systémiques habituels.

Conclusion

Le psoriasis est une dermatose fréquente, de diagnostic clinique facile. Quelle que soit l’option thérapeutique choisie, la prise en compte du retentissement psychologique doit être mise en œuvre tout au long du suivi.

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Management of endometriosis

Pr M. DERGUINI, Dr S. BOUZID. Service gynéco-Obstétrique, EPH Kouba – Alger

Introduction :

L’endométriose se définit comme la présence de glandes et de stroma endométriaux en dehors de l’utérus. La présence de ces tissus ectopiques donne lieu à un processus inflammatoire chronique liés aux œstrogènes. Cette pathologie affecte de 5 % à 10 % des femmes en âge de procréer.

L’endométriose est une affection fréquente, complexe, multiforme, souvent asymptomatique, mais pouvant être responsable de douleurs pelviennes chroniques parfois invalidantes (dysménorrhées, dyspareunies et les douleurs à la défécation), d’infertilité ou une combinaison de ces manifestations, la présence de cette pathologie peut être soupçonnée à partir d’un interrogatoire minutieux et des résultats d’examens pelviens ou des études d’imagerie. L’exploration et la prise en charge devraient principalement se concentrer sur la résolution du ou des symptômes exhibés. Toutefois, puisque l’endométriose est un trouble chronique et récurrent, les cliniciens devraient élaborer un plan de prise en charge à long terme prenant en considération les symptômes et les objectifs en matière de fertilité et de qualité de vie de chacune des patientes.

Prise en charge de la douleur :

Le   diagnostic de la douleur attribuable à l’endométriose nécessite une évaluation rigoureuse par l’intermédiaire de la prise des antécédents, de l’examen physique et de la tenue des explorations appropriées. L’endométriose devrait être envisagée tôt dans le diagnostic différentiel de la douleur pelvienne chez les jeunes femmes, pour écourter l’intervalle (souvent de 7 à 12 ans) qui sépare l’apparition des symptômes et l’établissement d’un diagnostic définitif [1,3].

La douleur attribuable à l’endométriose peut prendre l’une des formes suivantes :

  • Règles douloureuses (dysménorrhée)
  • Relations sexuelles douloureuses (dyspareunie)
  • Miction douloureuse (dysurie)
  • Défécation douloureuse (dyschésie)
  • Inconfort affectant le bas du dos ou l’abdomen
  • Douleur pelvienne chronique (douleur pelvienne et abdominale non cyclique d’une durée d’au moins six mois) [6]. Les douleurs pelviennes chroniques (DPC) posent un problème de définition, et rares sont les études qui utilisent la même. Certains auteurs différencient les dysménorrhées et les dyspareunies profondes des DPC, [1,3] alors que d’autres non [4,7]. Il semblerait que l’aspect cyclique de la douleur peut en améliorer la pertinence, de même que le développement de modèles diagnostics.

Certains auteurs ont établi des questionnaires de qualité de vie pour améliorer la sensibilité du diagnostic clinique de la douleur avant traitement, afin d’évaluer l’attitude et d’en apprécier les résultats.

Les antécédents gynécologiques liés à la douleur devraient être saisis de façon détaillée afin d’explorer et d’écarter d’autres causes de douleur, et ce, pour toutes les patientes qui formulent ce type de plaintes, l’âge de l’apparition des premières règles, fréquence et régularité du cycle, gros- sesses précédentes et utilisation d’une contraception orale ou d’une hormonothérapie). Les antécédents médicaux et chirurgicaux, ainsi que les antécédents familiaux d’endométriose ou de cancers gynécologiques

Examen :

L’examen devrait comprendre une évaluation visant à déterminer la position, la taille et la mobilité de l’utérus : un utérus fixe rétro-versé peut tendre à indiquer la présence d’une maladie grave liée aux adhérences. Un examen recto-vaginal peut s’avérer nécessaire et approprié pour palper les ligaments utéro-sacrés et la cloison recto-vaginale, ce qui pourrait révéler la présence de nodules douloureux évoquant une endométriose profondément infiltrante. Les masses annexielles découvertes au moment de l’examen physique peuvent tendre à indiquer la présence d’endométriomes ovariens. L’examen pendant les règles peut amé- liorer les chances de détecter des nodules profondément infiltrants et rehausser la qualité de l’évaluation de la douleur [7].

Explorations

L’échographie constitue l’outil d’exploration de première intention lorsque l’on soupçonne la présence de kyste ova- rien et d’autres troubles pelviens, tels que les fibromes utérins. Peu de données soutiennent l’utilisation systématique de l’analyse sanguine ou d’autres études d’imagerie dans le cadre de l’exploration primaire de ces cas. Bien que le taux sérique de l’antigène carbohydraté 125 (CA-125) puisse être élevé dans les cas d’endométriose allant de modérée à grave, sa détermination n’est pas recommandée dans le cadre de l’exploration systématique. Dans une méta-analyse la sensibilité estimée n’était que de 28 % pour une spécificité de 90 % [8]. Cependant, toute masse pelvienne non diagnostiquée devrait être évaluée, le taux de CA-125 constituant une composante de l’indice du risque de malignité.

Lorsque l’on estime que l’endométriose compte une composante profondément invasive (c.à.d une invasion intestinale ou vésicale), la tenue de tests d’appoint (tels que la colonoscopie, la cystoscopie, l’échographie rectale et l’IRM) peut s’avérer nécessaire.

La visualisation directe au moment de la laparoscopie et l’étude histologique constituent le gold standard pour ce qui est du diagnostic. La gravité de la maladie est décrite de façon optimale par l’apparence et l’emplacement des lésions endométriosiques, ainsi que par l’atteinte ou non d’organes. L’American Society for Reproductive Medicine a développé une classification en vue de permettre la stadification de l’endométriose au moment de la laparoscopie [10]. Ce type de classification compte une utilité limitée pour ce qui est de la prise en charge clinique puisque le stade de la maladie peut ne pas être en corrélation avec les symptômes de la patiente. Les techniciens de santé comprennent une classification de la maladie comme étant minimale, légère, modérée ou grave, laquelle est décrite dans le système de classification de la ASRM, ou AFSr. Il est important de comprendre que le diagnostic et la description de la maladie sont hautement subjectifs et varient d’un praticien à un autre. La laparoscopie diagnostique avant la mise en œuvre du traitement n’est pas requise chez toutes les patientes qui présentent une douleur pelvienne.

Prise en charge médicale de la douleur associée à l’endométriose

Le traitement médical n’est pas nécessairement spécifique et vise à atténuer les symptômes. Puisqu’il n’existe pas de traitement permettant la guérison, les traitements médicaux doivent être efficaces et leur utilisation doit être sûre jusqu’à l’âge de la ménopause ou jusqu’à ce qu’une grossesse s’avère souhaitable.

Une laparoscopie est-elle requise ?

Chez les femmes qui présentent une dysménorrhée grave ou des douleurs pelviennes chroniques nuisant à leur qualité de vie, la prise en charge de la douleur s’avère nécessaire, que la douleur en question soit attribuable ou non à l’endométriose. Puisque toutes les stratégies de prise en charge de l’endométriose sont des stratégies relativement générales qui visent à atténuer les pathologies inflammatoires affectant le bassin, les traitements sont applicables à la douleur pelvienne, et ce, qu’un diagnostic d’endométriose ait été établi ou non. La présence d’une endométriose peut être fortement soupçonnée dans les cas de dysménorrhée grave qui ne réagissent pas au traitement aux AINS, qui s’accompagnent d’une sensibilité pelvienne et d’une nodularité au moment de la palpation des ligaments utéro-sacrés et de la cloison recto-vaginale, ou qui s’accompagnent de la documentation échographique d’un kyste ovarien dont l’apparence rappelle un endométriome. Dans de telles situations, la tenue d’une laparoscopie diagnostique ne s’avère pas nécessaire avant la mise en œuvre d’un traitement médical. La laparoscopie ne devrait généralement être menée que lorsque le chirurgien est disposé à vaporiser ou à exciser les lésions s’il en vient à découvrir une endométriose, et ce, puisque des données de bonne qualité indiquent que la prise en charge chirurgicale permet un soulagement à long terme de la douleur chez environ 50% des patientes présentant une endométriose [11,12].

Traitement combiné œstrogènes-progestatif

L’utilisation de contraceptifs oraux qui combinent des œstrogènes et un progestatif est considérée comme étant le traitement de première intention pour ce qui est de la douleur pelvienne associée à l’endométriose. L’utilisation des contraceptifs de façon discontinue n’a pas amélioré la symptomatologie chez toutes les patientes Certaines données laissent entendre que le recours à une administration continue (sans pause de sept jours, afin d’éviter l’hémorragie de privation) pourrait s’avérer plus bénéfique pour ce qui est du soulagement de la douleur [13,14]. Ainsi, la prévention de l’hémorragie de privation pourrait améliorer l’efficacité des contraceptifs oraux.

Traitement oral faisant appel à un progestatif

Les œstrogènes stimulent la croissance endométriosique. Puisque les contraceptifs oraux contiennent autant d’œstrogènes qu’un progestatif, les traitements ne faisant appel qu’à un progestatif sont utilisés.

Acétate de norethisterone

L’acétate de norethisterone, à raison de 5 à 20 mg par jour, s’est avéré efficace chez la plupart des patientes pour ce qui est du soulagement de la dysménorrhée et de la douleur pelvienne chronique [15]. Ce traitement donne lieu à une métrorragie chez près de la moitié des patientes, mais semble exercer un effet positif sur le métabolisme du calcium, ce qui se traduit par un maintien de la DMO relativement bon. Des effets négatifs sur les taux sériques de cholestérol à lipoprotéines de haute densité sont également possibles. L’utilisation continue de ce traitement pour la prise en charge de l’endométriose a été approuvée par la Food and Drug Administration américaine.

Dienogest

Le dienogest est un progestatif qui présente une activité 19-nortestostéronienne et progestogène sélective [16]. À raison de 2 mg par jour, il s’est avéré considérablement plus efficace que le placebo pour le soulagement de la douleur pelvienne et de la dysménorrhée associées à l’endométriose, et aussi efficace que le traitement quotidien aux agonistes de la GnRH [17]. Des études précédentes ont révélé que l’efficacité du dienogest était comparable à celle de la triptoréline (agoniste de la GnRH-retard) [18]. Les données issues d’une étude randomisée qui ont été présentées dans le cadre de la réunion annuelle de la European Society of Human Reproduction and Embryology en 2009 ont indiqué que, pendant les 24 semaines de l’étude, le dienogest, à raison de 2 mg par jour, était aussi efficace que l’acétate de leuprolide (agoniste de la GnRH), à raison de 3,75 mg par voie intramusculaire toutes les quatre semaines, [19]. La qualité de vie a connu une légère amélioration chez les femmes qui recevaient du dienogest, par comparaison avec celles qui recevaient de l’acétate de leuprolide.

Traitement au moyen d’un progestatif-retard

L’AMPR, administré par injection intramusculaire, est vastement utilisé de par le monde à des fins contraceptives et a fait l’objet d’études pour ce qui est du soulagement de la douleur associée à l’endométriose. L’AMPR-SC semble être efficace pour ce qui est du soulagement de la douleur pelvienne chez jusqu’à 75 % des patientes (avec une modification de la DMO qui n’est pas plus grave que celle observée sous l’acétate de leuprolide sans compensation) et constitue une solution de rechange très économique pour la prise en charge de l’endométriose symptomatique. Cependant, la présence d’un délai prolongé avant la reprise de l’ovulation est possible ; ainsi, l’AMPR ne devrait pas être suggéré aux femmes qui souhaitent avoir une grossesse dans un avenir proche. De plus, la métrorragie peut être prolongée, abondante et difficile à rectifier, puisque l’effet du progestatif ne peut être rapidement réversible. Il est possible que l’utilisation à long terme de l’AMPR exerce un effet préjudiciable sur la DMO.

Système intra-utérin à libération d’un progestatif

Il a été démontré que le lévonorgestrel (un puissant progestatif dérivé de la 19-nortestostérone) exerçait des effets anti-oestrogéniques puissants sur l’endomètre. Un SIU à libération de LNG disponible libère 20 µg/j de lévonorgestrel localement dans la cavité utérine, ce qui donne lieu à une atrophie de l’endomètre et à une aménorrhée chez jusqu’à 60% des patientes sans inhiber l’ovulation [20]. Dans le cadre de récentes études portant sur le SIU-LNG, un peu plus de la moitié des patientes qui présentaient des douleurs pelviennes chroniques et une endométriose allant de légère à modérée s’estimaient satisfaites ou très satisfaites du traitement après six mois [21,22].

Danazol

Le danazol était le traitement médical contre l’endométriose qui prédominait il y a deux décennies. Il s’agit d’un androgène oral « limité » ou faible qui est en mesure d’inhiber la sécrétion de gonadotropine et de provoquer l’aménorrhée [23]. Bien qu’efficace dans de nombreux cas de douleur pelvienne associée à l’endométriose, le danazol est associé à des effets indésirables androgéniques, tels que le gain pondéral, l’acné, l’hirsutisme, l’atrophie mammaire et, rarement, le virilisme [24]. Par conséquent, bon nombre de patientes n’étaient pas en mesure de tolérer ce médicament.

Agonistes de la GnRH

En ce qui concerne les femmes qui ne réagissent pas aux CHC ni aux progestatifs ou qui connaissent une récurrence des symptômes à la suite d’une amélioration initiale, le traitement aux agonistes de la GnRH s’accompagnant d’un traitement de compensation, devrait être envisagé à titre de traitement de deuxième intention. Un agoniste de la GnRH ne devrait jamais être utilisé sans traitement de compensation à l’HT. Tout schéma posologique standard d’HT contenant 1 mg de 17-beta estradiol ou l’équivalent devrait s’avérer adéquat. L’utilisation d’un agoniste de la GnRH seul se traduit en de nombreux symptômes de carence ostrogénique, tels que les bouffées de chaleur, l’insomnie, la sécheresse vaginale, la perte de libido et la perte de DMO (laquelle n’est pas toujours réversible [25, 26]. Add-back therapy : le schéma thérapeutique validé est une association avec du valérate d’estradiol micronisé 2 mg par jour administré par voie orale et de la promégestone 0,5 mg par jour administrée par voie orale.

Inhibiteurs de l’aromatase

L’utilisation d’inhibiteurs de l’aromatase aux fins de la prise en charge médicale de l’endométriose en est encore au stade expérimental et repose sur la constatation selon laquelle les lésions endométriosiques expriment l’enzyme aromatase sont en mesure de générer leurs propres œstrogènes, même en l’absence de stimulation gonadotropinique [27]. Deux études pilotes se sont penchées sur le soulagement de la douleur à la suite de six mois de traitement quotidien au moyen d’un inhibiteur de l’aromatase, conjointement avec de l’acétate de noréthindrone à forte dose [28] ou un contraceptif oral [29]. Elles ont toutes deux indiqué une résolution significative (mais non complète) de la douleur pelvienne chez les femmes présentant une endométriose qui n’avaient pas réagi au traitement de première intention.

Analgésie

En attendant que les traitements médicaux ou chirurgicaux indiqués entraînent la résolution des symptômes de l’endométriose, les praticiens devraient faire preuve de jugement clinique pour ce qui est de la prescription d’analgésiques allant des AINS aux opioïdes.

SPRM : Les modulateurs sélectifs du récepteur à la progestérone

Les selective progesterone receptor modulators (SPRM) sont des molécules agonistes et/ou antagonistes du récepteur de la progestérone. Ils sont responsables d’une anovulation, d’une aménorrhée et d’une baisse des prostaglandines, ce qui entraine une amélioration des douleurs et une régression des lésions dans l’endométriose. Au niveau endométrial, un aspect particulier, progesterone receptor modulator – associated endometrial change (PAEC), suscite des études complémentaires pour vérifier son innocuité. Cependant, du fait de l’absence d’hypo-ostéogénie d’effet métabolique avec ces molécules, il est très probable que les SPRM prendront dans un futur proche une place primordiale dans le traitement de l’endométriose. [P. Merviel et al. / Gynécologie Obstétrique & Fertilité 41 (2013) 524–528528]

SERM : Les modulateurs sélectifs du récepteur aux estrogènes

De la même manière, les modulateurs sélectifs du récepteur aux estrogènes agissent en modulant l’activité des récepteurs aux estrogènes. L’endométriose étant une pathologie estrogéno-dépendante, leur mode d’action semble donc plus qu’intéressant.

Des molécules sont à l’essai dans l’endométriose : elles ont des effets estrogéniques antagonistes au niveau de l’endomètre, sans contrer les effets estrogéniques dans le tissu osseux ou dans le système nerveux central. Ces principes actifs sont déjà utilisés puisque le raloxifène traite et prévient l’ostéoporose chez la femme ménopausée, et que le tamoxifène est indiqué dans les carcinomes mammaires hormono- dépendants.

Les antagonistes de la Gn-RH

Les antagonistes de la Gn-RH agissent au même niveau que les agonistes du même peptide hypothalamique, à la seule différence qu’ils bloquent immédiatement les récepteurs de la Gn-RH, sans mécanisme de désensibilisation. Aucun effet flare-up n’est donc décrit. Par conséquent, ces médicaments ont l’avantage théorique d’agir plus rapidement et plus efficacement que les agonistes et de permettre une amélioration plus rapide des symptômes.

Les applications vaginales et intra-utérines de Danazol

Le danazol est bien mieux toléré en administration locale que per os. Des dispositifs intra-utérins ou des anneaux imprégnés de danazol semblent efficaces dans l’endométriose. [Actualités pharmaceutiques 26 • n° 538 • septembre 2014]

Prise en charge chirurgicale de l’endométriose

Selon l’âge, l’existence d’un désir de grossesse et l’étendue des lésions, le praticien a le choix entre deux types de chirurgie : conservatrice ou radicale. La chirurgie radicale représente la seule thérapeutique qui soit réellement curative. Elle ne peut, cependant, pas être envisagée dans les situations les plus fréquentes car elle consiste en une hystérectomie et/ou une salpingo-ovariectomie, associée à une exérèse de tous les foyers endométriosiques.

La prise en charge chirurgicale de l’endométriose possède des limites dont il faut tenir compte : risques de récidives ou liés à la chirurgie et à l’anesthésie, mais aussi non-traitement des lésions microscopiques. La chirurgie de l’endométriose est souvent complexe et pas toujours efficace avec une comorbidité non négligeable, ce qui fait poser la question de l’indication du geste. D’un autre côté, l’abstention chirurgicale peut engendrer, elle-aussi, des complications. Dans cette pathologie, il faut donc apprécier individuellement les bénéfices et les risques d’une intervention chirurgicale.

Évaluation préopératoire

Une évaluation préopératoire exhaustive contribuera à la planification de l’approche chirurgicale et à la détermination de la marche à suivre pendant l’opération ; de plus, elle permettra de déterminer la nécessité d’avoir recours ou non à des interventions et à des consultations additionnelles.

L’échographie pelvienne, particulièrement transvaginale, est recommandée lorsque l’examen physique soupçonne la présence d’une masse annexielle. L’échographie transrectale, la colonoscopie, la radiographie par lavement baryté et l’IRM peuvent également s’avérer utiles pour ce qui est de détecter la présence d’une endométriose profondément infiltrante dans l’intestin et la cloison recto-vaginale chez les patientes qui présentent une dyschésie et chez celles qui connaissent une dyspareunie profonde présentant une nodularité à l’examen. Une cystoscopie devrait être menée en présence de symptômes vésicaux cycliques tels que l’hématurie. Les risques associés à la chirurgie devraient faire l’objet d’une discussion exhaustive avec la patiente ; de plus, son consentement éclairé devrait être obtenu et documenté.

Approche chirurgicale

  • Lorsque l’endométriose est diagnostiquée à la cœlioscopie,il est recommandé que le chirurgien opère l’endométriose, notamment péritonéale, (coagulation des lésions superficielles) traitement chirurgical reconnu comme important pour la réduction de la douleur. Selon les études WRIGHT et HEALEY, l’ablation ou la résection des implants péritonéaux en utilisant différents type d’énergie, sont efficaces sur les douleurs liées à l’endométriose.
  • Prise en charge des endométriomes ovariens : il est préférable de pratiquer une kystectomie avec ablation de toute la coque kystique, plutôt qu’un drainage et une coagulation. La kystectomie réalisée de façon chirurgicale a de meilleurs résultats sur le symptôme douleur que la vaporisation laser, l’utilisation de sclérotherapie ou injection d’éthanol est discutée.
  • Prise en charge de l’endométriose « profonde » et notamment de lésions recto-vaginales : la chirurgie des lésions endométriosiques pelviennes profondes et recto-vaginales est efficace sur le syndrome douloureux, mais peut être associée à des complications significatives, notamment lorsqu’une chirurgie colique ou rectale est nécessaire à type de résection discoïde, segmentaire. Ainsi que la cystectomie avec ou sans urétérolyse en cas d’atteinte urinaire.

Le pourcentage de complications per ou postopératoires a évolué avec l’expérience des chirurgiens et il est passé de 0,1-15% à (varie selon les études), entre 2,1 et 4,6 %. Ces complications peuvent notamment compromettre la fertilité spontanée. La patiente doit être informée du risque de ces complications spécifiques graves et de leurs implications possibles sur la fertilité. Il est souhaitable d’expliquer que l’amélioration des douleurs n’est pas constante après la chirurgie.

Il n’y a pas à ce jour d’arguments évidents lorsque l’acte chirurgical est pratiqué pour choisir entre résection segmentaire digestive ou méthode de « shaving » (reséquer sur la surface rectale).

Dans d’autres cas, notamment chez les patientes n’étant plus en âge de reproduction, une indication d’hystérectomie peut être envisagée, mais lorsqu’elle s’accompagne d’une conservation des ovaires, le gain escompté sur la douleur pelvienne n’est pas toujours formel.

La chirurgie des nerfs pré-sacrés est efficace, mais est un acte chirurgical délicat, qui doit être réalisé par des chirurgiens expérimentés et du matériel de bonne définition.

La prévention des adhérences après chirurgie d’endométriose n’a pas relevé un niveau de preuve suffisant en termes de prévention de la douleur, néanmoins son emploi dans les cas de chirurgie pelvienne lourde est recommandé.

Les traitements hormonaux sont-ils utilisés en pré ou postopératoire ?

Les cliniciens ne doivent pas prescrire de traitement hormonal préopératoire afin d’améliorer le résultat de la chirurgie, tant sur le plan technique que pour le gain en termes de douleur, chez les patientes présentant une endométriose. Néanmoins il est recommandé, que dans le cadre d’une prévention de récidive d’endométriomes ovariens, l’usage de traitements hormonaux, de type contraceptif, peut être envisagé (étude de HART – 2008 et de VERCELLINI – 2010). [ESHRE guideline : management of women with endometriosis

– G.A.J. DUNSELMAN et coll. – Human Reproduction Vol.29 n° 3 pp 400 – 412, 2014.]

Prise en charge chirurgicale de l’infertilité associée à l’endométriose :

La prise en charge de l’infertilité causée par l’endométriose consiste à procéder à la résection chirurgicale du tissu endométriosique et à une adhésiolyse afin de restaurer l’anatomie normale ou d’avoir recours à des techniques de procréation assistée.

Indications de la laparoscopie

Aucune douleur avec résultats normaux à l’examen pelvien

La décision de procéder à une laparoscopie diagnostique chez les femmes stériles ne présentant aucun autre problème apparent devrait être prise de façon personnalisée, en fonction de l’âge de la patiente et à la suite d’une discussion au sujet des avantages et des risques de la chirurgie, ainsi qu’au sujet d’autres options (telles que le déclenchement de l’ovulation et la FIV). En l’absence de signes évocateurs d’endométriose, le recours à des inséminations intra-utérines (IIU) est recommandé avant de proposer une cœlioscopie.

Douleur ou résultats anormaux à l’examen pelvien

  1. En présence d’une dyspareunie profonde, d’une dysménorrhée grave, d’une dyschésie ou de douleurs pelviennes chroniques étant assez graves pour causer de la souffrance : le recours à la chirurgie est non seulement indiqué aux fins de l’amélioration de la fertilité, mais également aux fins du soulagement de la douleur.
  2. Lorsque des nodules douloureux sont palpés dans les ligaments utérosacrés. Cette constatation devrait évoquer chez le praticien la possibilité d’une endométriose profondément infiltrante [29]. L’excision chirurgicale des lésions endométriotiques profondes a été associée à l’amélioration de la fertilité [30].
  3. En présence d’une masse annexielle persistante. Chez près de 48 % des patientes stériles qui subissent une laparoscopie diagnostique, des signes de lésions endométriotiques de l’ovaire (des implants superficiels aux gros kystes dont le diamètre peut atteindre jusqu’à 12 cm) sont constatés [31]. Il a été démontré que l’échographie, particulièrement transvaginale, était tant sensible (de 84 % à 90 %) que spécifique (presque 100 %) pour ce qui est du diagnostic des endométriomes [32]. Les endométriomes peuvent être asymptomatiques ou peuvent causer de la douleur attribuable à leur distension ou à leur rupture. Un retrait chirurgical est souvent recommandé pour les endométriomes dont le diamètre est supérieur à 6 cm. De surcroît, la tenue d’une exploration chirurgicale est justifiée lorsque l’on entretient des préoccupations au sujet de la présence d’une maladie maligne [33].
  4. Adhésiolyse. L’adhésiolyse est menée pour restaurer l’anatomie normale autant que possible. Les ovaires sont libérés de leurs adhérences aux parois pelviennes latérales avant que l’on puisse retirer quelque kyste ovarien que ce soit ; ce processus entraîne souvent la rupture de l’endométriome et permet la kystectomie, ainsi que la prise en charge de l’endométriose superficielle, et profondément infiltrante. Après la chirurgie, les traitements médicaux postopératoires ne sont pas recommandés, en dehors du cas particulier d’orientation directe vers la fécondation in vitro (FIV).

Le recours direct à la fécondation in vitro avant cœlioscopie, alors qu’il existe des arguments en faveur d’une endométriose, ne se justifie que dans de rares cas où la FIV aurait été indiquée de toute façon (antécédents de salpingectomie, stérilité masculine).

Si la cœlioscopie découvre des lésions extensives pour les-quelles la chirurgie expose à un risque élevé de complications, le recours direct à la FIV sans geste chirurgical est recommandé.

Il est recommandé de respecter un délai de 6 à 12 mois après chirurgie exhaustive avant de proposer une nouvelle thérapeutique.

Prise en charge médicale de l’infertilité associée à l’endométriose

La prévalence de l’endométriose chez les femmes stériles s’étend de 25% à 50%, par comparaison avec 5% chez les femmes fertiles [34].

La fécondité mensuelle est plus faible chez les femmes présentant une endométriose que chez les femmes qui ne présentent pas cette pathologie ; de plus, la prévalence de l’endométriose est plus élevée chez les femmes infertiles que chez les femmes fertiles subissant une ligature des trompes [35]. Les données les plus convaincantes pour ce qui est de l’existence d’une association entre l’endométriose et l’infertilité proviennent d’une étude prospective portant sur l’insémination thérapeutique au moyen de gamètes issus de donneurs, dans le cadre de laquelle la fécondité mensuelle était de 0,12 chez les femmes sans endométriose et de 0,036 chez les femmes présentant une endométriose minimale [36]. Les médicaments de l’endométriose, même s’ils n’éliminent pas les lésions présentes et ne guérissent pas, à proprement parler, de l’endométriose, soulagent les plaintes des patientes. Il n’existe, en effet, à ce jour, aucun traitement curatif véritable de cette pathologie.

Par ailleurs, ce ne sont pas ces médicaments qui sont utilisés pour permettre aux patientes d’être enceintes. Tous les protocoles de procréation médicalement assistée sont donc à mettre en place dans l’endométriose : insémination intra-utérine seule ou après stimulation ovarienne contrôlée, fécondation in vitro et/ou injection intra-cytoplasmique d’un spermatozoïde.

Conclusion

L’endométriose est une pathologie courante et parfois invalidante qui affecte les femmes en âge de procréer. Une approche multidisciplinaire mettant en jeu une combinaison de modifications du mode de vie, de médicaments et de services paramédicaux devrait être utilisée pour limiter les effets de cette pathologie sur les activités de la vie quotidienne et la fertilité.

Dans certaines circonstances, le recours à la chirurgie s’avère nécessaire pour confirmer le diagnostic et fournir un traitement cherchant à soulager la douleur ou d’améliorer la fertilité. Les femmes qui obtiennent une stratégie acceptable de prise en charge de cette pathologie peuvent connaître une amélioration de leur qualité de vie ou atteindre l’objectif de grossesse réussie.

L’évolution imprévisible de cette maladie pose le problème de PEG à long terme ; de nouvelles découvertes sur la l’épigénétique de cette maladie pourraient ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques et/ou préventives. De nouvelles recommandations seraient utiles pour unifier les prises en charges.

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Exploration of the infertile couple

Dr S. BOUZID. Pr M. DERGUINI, Service gynéco-Obstétrique, EPH Kouba – Alger

Abstract :

Consider a couple as infertile in the absence of pregnancy after one year of unprotected sex. The exploration of the infertile couple is a concern that becomes increasingly important in the world. It must respect the said protocols and lines: « good practice ».

Exploring the couple involves two main steps, an initial consultation so-called clearing : Based on a good interview and a physical examination of the woman and her partner, supplemented by a number of so-called para clinical examinations « of base » represented by the hor- monal balance, pelvic ultrasound, semen analysis and HSG. After this consultation, a second consultation is programmed so-called guidance: after which an etiologic diagnosis is established and a treatment decision is proposed. In cases of infertility called « unexplained » a therapeutic strategy is also proposed, depending on the circumstances.

The management of the infertile couple is dominated mainly by medically assisted procreation, and surgery.

Résumé :                                       

On considère un couple comme infertile en l’absence de grossesse après un an de rapports sexuels non protégés. L’exploration du couple infertile représente une préoccupation qui prend de plus en plus d’ampleur, dans le monde. Elle doit respecter des protocoles et des conduites dites : de « bonne pratique».

L’exploration du couple se déroule en deux principales étapes, une première consultation dite de débroussaillage : se basant sur un bon interrogatoire et un examen clinique de la femme et de son conjoint, complété par un certain nombre d’examens paracliniques dits « de base », représentés par le bilan hormonal, l’échographie pelvienne, le spermogramme et l’HSG. Au bout de cette consultation, une deuxième consultation est programmée dite d’orientation : au terme de laquelle un diagnostic étiologique, est établi et une décision thérapeutique est proposée. Dans les cas d’infertilité dite « inexpliquée » une stratégie therapeutique est aussi proposée, en fonction des circonstances. La prise en charge du couple infertile est dominée principalement par l’assistance médicale à la procréation, et la chirurgie.

Introduction :

La prise en charge du couple infertile fait l’objet de nombreuses recommandations, règlementations et conférences de consensus, dans des domaines très divers, le plus souvent dans celui de l’assistance médicale à la procréation (AMP). Elles sont dans leur majorité orientées vers des règles de sécurité sanitaire ou vers la recherche de la qualité.

Les deux membres du couple, homme et femme, doivent être associés à égalité dans la recherche du diagnostic. Aucune exploration invasive ne doit avoir lieu tant que les investigations de base, moins invasives, n’ont pas été réalisées.

Le couple doit recevoir une information précise, basée sur des connaissances scientifiques et non des approximations. La démarche clinique de base : interrogatoire, examen clinique avant prescription des examens complémentaires doit toujours s’appliquer.

Définition – Généralités

On considère un couple comme infertile en l’absence de grossesse après un an de rapports sexuels non protégés. [Fertil Steril,2009]. Dans la population générale, 70% des grossesses souhaitées sont obtenues après 6 mois et 90% après un an.

Le terme de stérilité ne peut être employé que si la situation d’infertilité est définitive (ménopause, castration bilatérale, etc.). La fécondabilité de la femme par cycle est au mieux de 25% par cycle d’exposition. Dans un couple infertile, l’infécondité est d’origine féminine dans un tiers des cas, voir la moitié (dont 30% reliés à l’ovulation et 25%, à un facteur tubaire), masculine dans un tiers des cas ; elle est partagée dans le dernier tiers ; et dans environ 10% des cas, l’infertilité demeure inexpliquée. Dans l’ensemble, la responsabilité masculine, appréciée par une étude de l’OMS portant sur plus de 6.000 couples, est d’environ 50%. L’exploration d’un couple infertile doit donc être menée parallèlement chez les deux partenaires.

L’exploration, se déroule en deux temps : une première consultation dite de débroussaillage (consistant à découvrir l’origine de l’infertilité), suivie de la deuxième consultation dite d’orientation, pour la prise en charge appropriée.

Dans le cas ou le bilan de base revient normal, elle est dite « infertilité inexpliquée ».

La prise en charge est dominée par l’assistance médicale à la procréation dans des centres spécialisés, mais néanmoins des thérapeutiques simples peuvent être entreprises au niveau des cabinets médicaux multidisciplinaires (gynécologie, endocrinologie, urologie) et présenter des résultats.

Interrogatoire et examen clinique

1.  Âge :

L’âge actuel est un élément capital du pronostic : il se détériore après 35 ans (on rappelle que la fécondité maximale est observée à 28 ans et que la fertilité commence à diminuer dès 30 ans +++). Ceci est valable pour le couple mais plus pertinent chez la femme.

2.  Fertilité – sexualité :

  • Durée de l’infécondité :

Si la durée est courte et couple jeune, il faut rassurer et faire attendre.

Si la durée est supérieure ou égale à un an et /ou couple âgé (surtout femme), alors il faut démarrer les investigations

  • Fertilité antérieure : du couple d’abord, puis celle de la femme, puis celle de l’homme.
  • Sexualité : déterminer leur fréquence (cohabitation), qualité, et le moment dans le cycle.
  • La revue des traitements antérieurs ou en cours et des explorations préalablement réalisées.

4.  Antécédents de Madame :

  • Antécédents familiaux : diabète insulino-résistant, ménopause précoce, notion de prise de distilbène, et présence de néoplasies hormono-dépendantes.
  • Antécédents personnels : âge de la ménarchie MST, pathologie endocrinienne contraception, chirurgie pelvienne ou du col utérin et/ ou traitement chimio ou radiothérapie, rechercher la notion d’IVG++ ou FC+++, … curetage, IGH.
  • Conditions de vie : Stress, alimentation sélective, régime restrictif, activité sportive intense (compétition), addictions (tabac ++, alcool, cannabis, jogging, etc.).

6.   Signes fonctionnels de Madame :

  • Cycles : leur régularité et leur durée.
  • Douleurs : au moment des règles ou lors des rapports.

7.    Examen clinique de Madame :

Poids, taille, morphotype, pilosité (abondance, répartition), rechercher une galactorrhée et l’examen gynécologique (état du col et de la glaire).

8.  Antécédents de Monsieur :

  • Antécédents familiaux (fertilité de la fratrie)
  • Antécédents personnels : âge de la puberté, notion de MST, torsion ou traumatisme, chirurgie inguinale, cryptorchidie, infection urinaire, chimio ou radiothérapie, diabète et

maladie neurologique, une varicocèle, une gynécomastie.

  • Signes fonctionnels : trouble de l’érection et/ou de l’éjaculation, exposition à des toxiques (chaleur, solvants, pesticides…), mode de vie tabac, alcool…).
  • Examen clinique de Monsieur : poids, taille, morphotype, caractères sexuels secondaires, testicules (position, taille, consistance, palpation du canal déférent), TR à La recherche d’une prostatite subaiguë.

Exploration du couple infertile

Lorsque le délai d’infertilité est long ou couple âgé il faut démarrer les investigations complémentaires, du moins invasif au plus invasif : courbe ménothermique, échographie pelvienne, bilan hormonal, spermiologie (spermogramme –spermocytogramme), test de Hühner, HSG.

A.  Exploration de madame

  1. Courbe ménothermique :

Prise de température pendant trois cycles avant le lever, avec le même thermomètre, en sachant qu’une courbe normale est biphasique avec un décalage rapide (> 3/10e), un plateau de 10j.

Dysovulation mineure : Irrégularité : + ou – 4j et /ou décalage lent (> 48h) et /ou plateau court (< ou égale à 8j).

Dysovulation majeure : Irrégularité > 4j, ou longueur > 35j, ou alternance cycles ovulatoires et anovulatoires.

Anovulation :

Aménorrhée ou courbe plate.

  • Exploration hormonale :

– Cycles irréguliers : taux E2, LH, FSH et PRL plasmatique entre j2 et j5 du cycle.

  • FSH : 2 à 9 UI/l< 2 => problème central
  • 9 => insuffisance ovarienne
  • LH : 2 à 9 UI/l sur pool :

< 2 => problème central => test au GnRH :

  • Si pas d’augmentation : insuffisance hypophysaire => IRM selle turcique + dosage TSH, ACTH.
  • Si augmentation : insuffisance hypothalamique.
  • 6 => LH/FSH :

< 1,2 => normal

> 1,2 => OPK

  • Prolactine : conditions de prélèvement +++++
  • 20 => IRM selle turcique
  • Aménorrhée : test à la progestérone.
  • Cycles réguliers : dosage progestérone j 22 – j 23 du cycle. Recherche d’endocrinopathies : TSH, DHEA, Cortisol, testostérone.

Les androgènes surrénaliens sont : soit élevés => il faut rechercher un bloc enzymatique, soit normaux : il faut rechercher une hyper androgénie ovarienne => rechercher une insulino-résistance (HGPO + insulinémie)=> régime + metformine.

  1. Echographie pelvienne :

Avant j 6 elle permet de rechercher des anomalies utérines, malformations (cloison utérine, dualité, … etc.), myome interstitiel, adénomyose, anomalie de l’endomètre, (pathologie endo-cavitaire : polype myome sous muqueux) à compléter par l’échosonographie, images latéro-utérines.

Exploration des ovaires : surfaces ovariennes, densité du stroma, nombre, taille et répartition des follicules :

OPK : ovaires micro-polykystiques : surface ≥ 8 cm2, ≥ 10 petits follicules repartis en périphérie, stroma dense.

Ovaires multi folliculaires : évoquant une insuffisance hypothalamo-hypophysaire avec de nombreux petits follicules avec répartition homogène, surface normale, stroma normal.

Ovaires   déficients   :   insuffisance   ovarienne,   surface < 3cm2, 4 follicules /ovaire, visualisation d’un follicule ≥ 10mm avant j7.

La visualisation d’un endométriome, pathologie pelvienne infectieuse ou endométriose.

  • L’hystéro-salpingographie : se réalise :

En début de cycle, en dehors de tout saignement, sous couverture antibiotique, elle explore :

  • La cavité utérine : polypes, cloison-synéchies, hyperplasie endomètre => hystéroscopie.
  • Les trompes : imprégnation, passage, calibre, souplesse => cœlioscopie.
  • La cavité péritonéale : qualité du brassage => cœlioscopie

B.   Test de HÜHNER ou test post coïtal :

Il est réalisé près de 2 heures après un rapport sexuel. Il explore l’interaction entre mucus cervical et spermatozoïdes, déposés lors du rapport, dans la glaire de qualité optimale en pré-ovulatoire.

Il doit être fait pour dépister une pathologie de la glaire cervicale (PH score d’Insler), préciser les caractéristiques de mobilité de spermatozoïdes in vivo et rechercher une incompatibilité immunologique entre le sperme et le mucus.

Il est réalisé après une abstinence de 3 à 4 jours, puis est lu en phase pré-ovulatoire, 4 à 8 heures après un rapport sexuel. Il est en général réalisé lorsque l’évaluation initiale n’a pas montré d’anomalie évidente. Pour avoir des résultats normaux, 5 à 10 spermatozoïdes à mobilité progressive par champ doivent être observés au grossissement 400.

Si le test est déficient malgré une bonne glaire et spermogramme normal : il faut faire des tests croisés.

C.   Exploration de Monsieur

  • Hormonologie : Chez l’homme, l’exploration hormonale simple permet de diagnostiquer un déficit gonadotrope, ou une insuffisance testiculaire primitive par les dosages de testostérone, de LH, de FSH et si possible d’inhibine B et de SHBG (sex hormone-binding globulin) plasmatiques.

La PRL doit être mesurée en cas de dysfonction sexuelle ou de gynécomastie non expliquée.

  • Spermogramme et spermocytogramme :

Les trois paramètres essentiels sont : la concentration, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes.

Il est parfaitement établi que, même dans des conditions strictement physiologiques, les caractéristiques du sperme sont soumises à d’importantes fluctuations. Lorsqu’il apparaît pathologique, le spermogramme doit être recontrôlé 3 mois plus tard.

ParamètresSpermeSperme anormal
Mobilité50 %< 50 % (asthénozoospermie)
Morphologie30 %< 30 % (tératozoospermie)
Numération20 106/ml< 20 106/ml (oligospermie) 0 (azoospermie)
Volume éjaculat< 2 ml< 2 ml (hypospermie)
* en % formes normales  
  1. Échographie testiculaire :

Permet d’apprécier le volume des gonades, leurs échogénicité, rechercher une varicocèle, présence de déférents, dilatation épidydimaire, séquelles infectieuses de prostatite et facteur pronostic pour les biopsies testiculaires.

Prise en charge du couple infertile

1.  Traitements adjuvants

  • Prise en charge hygiéno-diététique : afin de perdre du poids et avoir une alimentation équilibrée.
  • Corriger une insulino-résistance ou une hyperprolactinémie
  • Alcalinisation d’une glaire acide en prescrivant des solutions intimes avec PH adapté …
  • Traiter une infection spermatique (antibiotiques + anti-inflammatoires).

2.  Chirurgie

  • Chirurgie tubaire : dépend du type d’obstruction et des autres facteurs d’infertilité associés,
  • Traitement de l’endométriose : lors de la cœlioscopie diagnostique.
  • Traitement de la varicocèle : selon le volume et l’âge

3.  Stimulation ovarienne :

  • Dans les troubles de l’ovulation
  • Assistance Médiale à la Procréation (AMP)
  • Pompe au GnRh : uniquement dans les déficiences hypothalamiques.
  • hMG : (human menopausal gonadotropin) : alternative à la pompe de LhRh et dans les déficiences hypophysaires.
  • Clomid® : uniquement dans les OPK
  • hCG : (hormone chorionique gonadotrophique)
  • LH recombinante : utilisée en association avec FSHr pour remplacer hMG
  • FSH recombinante.

4.Blocage de l’axe hypothalamo-hypophysaire :

  • Agonistes du GnRH
  • Antagonistes du Gn-RH

Assistance Médicale à la procréation (AMP)

Insémination intra-utérine avec sperme du conjoint (IAC-IU)

Dans les situations suivantes :

  • Anomalies de la glaire
  • Déficits spermatiques mineurs
  • Infertilités inexpliquées
  • Troubles de l’ovulation

Fécondation in vitro FIV Dans les :

  • Pathologies tubaires
  • Endométriose
  • Echecs IAC

Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI)

Dans les :

  • Oligo-asthéno-tératospermies sévères.
  • Azoospermies sécrétoires (biopsies testiculaires) et excrétoires. (Prélèvements épididymaires).
  • Echecs de fécondation en FIV.

Lecture :

Collège des Enseignants d’Endocrinologie, Diabète et Maladies Métaboliques (CEEDMM) 2010-2011 DIU de médecine de la reproduction-gynécologie –7 février 2008 Stérilité conjugale (29) Docteur Jean-marc AYOUBI Août 2002 (Mise à jour avril 2005) Recommandations pour la pratique clinique La prise en charge du couple infertile Cngof. 2007.

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